Publié dans Adaptations et critiques de jeux, Comparaison, Dénombrement, flexibilité cognitive, Fonctions exécutives, Logique, Maths, Planification

La caravane

C’est un jeu de chez Cit’inspir, relativement récent qui permet de travailler le vocabulaire autour des mathématiques. Il permet de travailler isolément chaque notion, afin de favoriser à terme la compréhension de problèmes mathématiques « traditionnels » plus complexes.
Ce jeu coûte une cinquantaine d’euros, est composé de 13 petits livrets, de 40 chameaux ( 10 de chaque couleur : rouge, bleu, jaune et vert), d’une image de décor pour placer les chameaux et de petits diamants en plastique de couleur (que personnellement je n’utilise jamais).

Remarque : la trousse et la pochette ne sont pas incluses, je les ai cousues pour ne pas abîmer le matériel lors des déplacements.

Le principe et le matériel …

 

Il va s’agir de réaliser des situations-problèmes par la manipulation des petits chameaux en bois. Normalement, l’enfant doit réaliser son exercice sur l’image décor de l’oasis, mais c’est trop difficile pour les enfants dont je m’occupe. Pour la plupart, il est nécessaire d’aménager un peu dans un premier temps, ce que je vais développer ci-dessous.

Il y a 13 livrets, dont la difficulté augmente petit à petit. Ils sont divisés en 3 niveaux comprenant chacun 5 exercices. Au dos de chaque exercice, on trouve la/les réponse(s) possible(s).

Ils abordent chacun une notion mathématique différente :

– livret 1 : cardinalité,
– livret 2 : ordinalité,
– livret 3 : autant,
– livret 4 : de plus que,
– livret 5 : de moins que,
– livret 6 : de plus que … de moins que,
– livret 7 : fois plus,
– livret 8 : fois moins,
– livret 9 : écriture fractionnaire,
– livret 10 : au plus,
– livret 11 : au moins,
– livret 12 : multiples (double, triple, quadruple),
– livret 13 : parmi/ dont.

 

                                                    

Plus concrètement …

 

Vous pouvez travailler les premiers niveaux avec des enfants même en début d’apprentissage de la numération, lorsqu’ils savent dénombrer jusqu’à 10. 

Ci-dessous, voici des exemples d’exercices du 1er livret, celui sur la cardinalité (le dénombrement). On voit un exercice du niveau introduction, du niveau 1 et du niveau 2. On voit la difficulté croissante :
– niveau d’introduction est épuré : peu de termes, simple. On prend contact avec le matériel …
– niveau 1 : le nombre total est donné et la quantité de chaque chameau est reprise, il « suffit » de suivre.
– niveau 2 : le nombre total de chameaux et les couleurs nécessaires apparaissent, il va falloir inférer. Dans l’exemple ci-dessous : 2 bleus, 1 vert et 1 qui n’est pas rouge, donc qui est de la quatrième couleur non mentionnée dans la consigne : jaune. C’est là que les hostilités commencent !!  😉

 

Il y aura évidement des exercices avec le nombre total de chameaux et où il faudra inférer la quantité nécessaire dans la dernière couleur mentionnée, ainsi que d’autres où il faudra inférer couleur et quantité nécessaires, etc, … 

Afin de rendre l’exercice moins couteux pour les enfants que j’accompagne, lorsque je commence l’enseignement, je n’utilise pas l’oasis mais une bande avec des silhouettes de chameaux. Ainsi, si il faut 5 chameaux en tout, on prend la bande avec les 5 silhouettes, si il y en a 8, on prend celle de 8 chameaux, etc, … Déjà, ça permet de comprendre qu’il faut compléter, trouver des manquants, et ensuite, les enfants peuvent se passer de cette bande en les plaçant sur l’image oasis (moins aidante mais plus ludique ! ).

Lorsque je présente le livret à l’enfant, je mets également un cache sur la réponse de l’exercice d’avant, sinon, les pauvres, risquent de complètement s’embrouiller avec des indices erronés. (voir les photos ci-dessous)

Voici, un exercice du niveau 1 et un exercice du niveau 2 du livret sur l’ordinalité (c’est à dire placer des items dans un ordre indiqué). Tout comme le livret antérieur, des inférences vont apparaitre au fur et à mesure … Il va falloir se familiariser avec les mots « premier », « dernier », « avant dernier », etc, … et ne pas louper des indices avec des informations groupées (« les deux derniers », « les autres », « le 2ème et le 4ème sont … », « le 5ème est vert, comme le dernier », etc, …

   

Les livrets d’après sont réalisés sur ce même modèle, avec des reprises d’informations antérieures et des références à d’autres données.

Je trouve ce matériel vraiment super : il est ludique, avec une difficulté croissante, avec chaque notion abordée isolément. 
Il permet également aux pros de vérifier la bonne connaissance des termes mathématiques du petit patient : il est inutile de tenter de faire résoudre un problème scolaire traditionnel à l’enfant si ces thèmes lexicaux ne sont pas maîtrisés!

Publié dans Calcul, Comparaison, Enseignements et apprentissages, Logique, Maths

Doubles et moitiés

Pour un enfant du cabinet, j’ai crée un exercice PDF que je pensais « relativement » facile pour lui et … aïe aïe aïe ….  on reprend depuis le début la notion !
Voici donc une (re) prise des notions de moitié et double … qui nous amèneront aux multiplications plus tard.

Ici, l’objectif n’est pas le calcul : cet enfant sait tres bien compter une fois qu’il a compris ce qu’on lui demandait. Il calcule rapidement la moitié de 6, de 20 ou même de 30 si je lui donne un exemple (« la moitié de 6, c’est 3, la moitié de 18 c’est …. il peut répondre!) mais par contre, il ne comprend pas la consigne « moitié ».

Nous allons donc voir dans cet article des petits exercices pour faciliter la compréhension.

Méthodologie et erreurs !

Attention, selon moi, la principale erreur à ne pas commettre AU DEBUT quand on travaille sur ces notions de comparaisons de quantités, c’est de prendre une seule et même collection à transformer. Je m’explique : il faut que l’enfant puisse « voir » à postériori et comparer de visu en même temps le ratio de chaque.
— Il ne FAUT PAS : mettre une quantité de pompons et demander de mettre le double en pompons . Il faut que l’enfant mette le double en autre chose que des pompons. Par la suite, on pourra modifier une quantité à l’intérieur de cette collection mais dans un premier temps, je ne le conseille pas …

Travailler avec des collections et des quantités en unités

On va commencer par les moitiés et les doubles mais comme j’évite systématiquement les réponses à deux choix, j’ajoute « autant ». On peut évidemment utiliser le terme « pareil » ou « le même » mais en mathématiques, on utilise le terme « autant » donc il est important de l’introduire.

On va d’abord prendre les notions une par une, en commençant par « autant » (ou pareil, ou le même) :

On met « autant » à partir d’une collection. Il y a trois pulls, on met trois jetons.

On vérifie le « autant » sur des collections séparées à coupler : là il faut mettre autant mais en additionnant 3 et 2 pommes, donc 5 pommes.

Ensuite, on vera « double ». Au début, forcément, l’enfant va mettre « autant » mais on le guide pour dire qu’on met « pareil et encore pareil » !

On procédera de la même manière pour travailler moitié ou triple, ou tiers etc, …selon les besoins.

Puis, on va mixer au moins 3 enseignements en même temps pour s’assurer d’une bonne discrimination.

On met une quantité bien visible, dans cet exemple des singes et des pastilles blanches, et l’enfant doit transformer cette collection de singes avec des éléments-jetons en appliquant la transformation voulue (autant / double / moitié). J’aime bien faire faire à l’enfant les trois types de transformation en même temps : cela permet d’avoir les différentes transformations réalisées sous les yeux et cela lui permet de bien comprendre que chaque « mot » donne un résultat différent.

Attention à bien varier l’ordre des consignes, il ne faut pas toujours mettre les « moitié » à gauche, les « autant » au milieu etc.

L’utilisation de jetons bingo magnétiques rend le ramassage plus rapide et l’activité plus ludique !

La quantité « deux singes » est bien visible, l’enfant met en jetons son résultat : « moitié/ autant / double ».

Petites situations mathématiques

Pour préparer aux petits problèmes de mathématiques rédigés, vous trouverez des cartes consignes épurées. La structure des phrases est délibérément peu variée. J’en ajouterai surement d’autres ensuite avec des consignes comme « 4 fois plus » ou des cosignes impossibles.

La grosse difficulté dans ce pdf est que les collections sont déjà formées et il faut les combiner. Par exemple, il n’y a pas une carte avec 8 gâteaux ou 8 cartes avec 1 seul gâteau, il faudra additionner plusieurs petits lots pour reformer 8 en tout!

Première étape : vérifier ou travailler la capacité à combiner pour reformer un tout

Cela permettra de réviser pour certains ou apprendre pour d’autres!

Voici des exemples de présentation de la tache :

Il doit mettre « 4 pulls » : les pulls auraient été un par un, il n’y aurait pas de problème mais là, c’est difficile pour ce jeune ….

Idem avec les pommes.

Dans ce PDF, les configurations sont réparties de telle sorte que parfois, pour obtenir la quantité, il faudra mettre 2 cartes, parfois 3 et parfois une seule !! C’est cette flexibilité qui est difficile à gérer.

Deuxième étape : la combinaison de tout ça!

Il faudra que l’enfant maitrise deux choses : le fait de mettre les doubles et les moitié en éléments séparés et l’étape décrite juste ci-dessus où il faut combiner des collections déjà assemblées.

Cette fois-ci, on aura des petits problèmes mathématiques avec des : « même quantité », « double », « moitié » et « triple ».

Voici ci-dessous des exemples :

L’étape la plus « facile » avec les mêmes quantités. Je lui ai mis un grand plateau de façon à bien délimiter les cartes sélectionnées de celles qui ne le sont pas. Le plateau est mieux qu’une boite car il offre une surface bien grande pour pouvoir bien étaler les cartes et recompter les éléments.

Ici c’est vraiment pas facile. Souvent les enfants qui n’ont pas compris « double », il ajoute deux. Il voulait mettre 6 gâteaux mais ne trouvais pas …

 

Autre présentation avec un autre jeune : dans une boîte plus petite, il y a parfois des recouvrements.

Il s’agit d’un enfant qui a un bon niveau en mathématiques « purs » : il calcule très bien mais est perdu lorsqu’il y a des données « rédigées ». Il sait même résoudre des opérations sur des décimaux et des fractions mais est en difficulté avec le moindre problème rédigé. On travaille donc le lexique relatif aux maths mais aussi, les raisonnements déductifs ET inductifs (dont analogiques qui déjà pose problème sans y ajouter des maths …)

Ci-dessous, c’est beaucoup plus complexe : je lui demandais tous les résultats possibles faisables en additionnant les quantités de pommes qu’il avait. Il s’est vraiment bien débrouillé !

Pour creuser le sujet

Dans le commerce, des matériels pédagogiques existent pour travailler les petits problèmes. En voici quelques uns mais si vous en connaissez d’autres, je suis preneuse pour les ajouter ci-après !

– les Caravanes, de chez Cit’inspir: que j’adore! vous trouverez un article sur ce sujet sur mon site ici.
– Manip et maths de l’Oiseau Magique, il y a 3 versions :
– Manip&maths 1 : ici
– Manip&maths 2 : ici      Celui là, je ne l’ai pas malheureusement …:(
– Manip&maths Evolution : ici
– Dominomaths de chez Educaland (devenu Logo max)