Lorsque l’enfant a acquis des mots individuellement, il va pouvoir les combiner!
Un autre article permettra d’aller beaucoup plus loin dans la description (il arrive bientôt), mais pour l’instant, on va s’intéresser à fille (s) / garçon (s) + pièces de la maison que l’on va combiner dans tous les sens et déjà là, il y a à faire !!
Je rappelle que pour certains enfants, ces compétences « poussées » ne sont pas essentielles ou en tous cas, pas prioritaires! Attention à bien cibler les compétences nécessaires de celles qui ne le sont pas : le temps passé à cela est du temps qui n’est pas accordé à travailler autre chose. Dans le doute, demandez aux professionnels qui vous supervisent!
Cet article vous présente un nouveau PDF bien garni : Hélène et Ilyes !
J’avais besoin d’un matériel comme celui-là pour vérifier auprès de 2 enfants du cabinet certaines compétences qui seront indispensables dans les protocoles de description d’images (discriminations simple et conditionnelle / contrôle conjoint / inclusion de classes).
Le document est à imprimer en resto-verso de la page 1 à la page 20 pour mieux s’organiser!
Voici donc quelques propositions d’adaptations autour de ce nouveau PDF « langage » …
Classer selon la pièce du fond
Je vous conseille de commencer par trier les scènes par pièces (et de faire ensuite par enfant) : on met les salons avec les salons, les chambres avec les chambres etc.
Cela ne devrait pas poser de problème : on verbalise bien « dans la cuisine », « dans le salon », …
Classer selon un personnage précis (parmi des fonds différents)
Avant même de dire que c’est un garçon ou une fille, on va voir si l’enfant arrive à « détacher » l’enfant du fond, si il le « voit ».
On prend les enfants « seuls » et on demande à l’enfant d’associer comme sur les photos ci-dessous. On peut les trier deux par deux ou bien faire classer les 4 enfants différents en même temps.
Ils ont des physiques bien différents entre deux et sont, évidemment, toujours strictement identiques (ils ne changent pas de vêtements!) pour faciliter la reconnaissance inter enfant.
Lorsque vous ferez ce tri, l’enfant risque de se tromper : vous lui avez fait trier antérieurement les images par lieux et vos élèves risquent donc d’avoir des réminiscences des anciens classements. Il est donc important de verbaliser soit le prénom de l’enfant, Hélène / Ilyès, soit son identité « fille / garçon afin que votre élève se centre sur le personnage et non plus sur la pièce.
L’enfant doit extraire « Hélène » ou « Ilyès » pour les mettre dans la bonne case.Autres enfants seuls à trier.Là, on a les 4 enfants en même temps : la petite fille maîtrise, elle tient son tas dans la main (ma « vraie » cible est là pour elle car l’activité lui est facile pour l’instant)
Ensuite, on passe à trier garçon / fille / bébé avec des enfants mélangés :
Trier : les bébés, des filles des garçons. J’ai ajouté « bébé » car cette catégorie pose rarement problème et que je préfère être sur des tris de 3 items.Deux exemplaires de filles et deux de garçons. Evidemment, il faut le travailler avec beaucoup plus d’items si c n’est pas de la simple « révision » pour votre élève!
Discrimination
On va ensuite tester la compréhension :
« Montre moi la fille est dans la chambre », « le garçon est dans le salon » parmi d’autres propositions plus ou moins nombreuses !
Ici, parmi 4 propositions
Plus compliqué car il y a plus de propositions mais facilité car les images sont bien organisées pour faciliter la discrimination : « le bébé est dans le salon », « il y a un garçon dans les toilettes », …
On va pouvoir également tester les inférences avec des affirmations telles que : « Marie se prépare à faire des gâteaux pour l’école » –> on doit trouver « la fille » grâce à « Marie » et « cuisine » grâce à « gâteaux », etc.
Ici, je teste un peu les pluriels : « les enfants sont dans la chambre » VS « l’enfant est dans la cuisine » etc … La discrimination auditive va surtout se faire sur le « est VS sont » car « les enfants » VS « l’enfant » demande une attention extrême. La sélection d’une quantité énoncée telle que : « il y a deux enfants dans la chambre » est beaucoup plus facile !
Reprise des pronoms sujets « il » « elle » et « ils » « elles »
Une fois qu’on s’est assuré que l’enfant discrimine bien les filles des garçons, et seulement si c’est OK, on passe à la transformation en pronoms.
Pour les pronoms singuliers
Normalement, « il » et « elle » ils ne doivent pas poser de problème à votre élève si il discrimine les filles des garçons.
On fait donc un petit peu de Matching visage-> pronom personnel !
Pour les pronoms pluriels
Séparer « ils » et « elles » ne pose aucun problème en général, pour la même raison que ci-dessus.
On va rester un moment sur les pluriels un peu plus longtemps car il y a la subtilité de :
— que des filles -> elles
— que des garçons -> ils
— le mix des deux …. aie aie aie … bah c’est « ils. » Faut le savoir, et donc s’entrainer, c’est tout.
On va donc commencer par classer les « que filles » des « que garçons », c’est « facile » :
Là, je lui donne uniquement des lots de filles ou de garçons (et pas des mélanges!)
Ensuite, j’introduis le « problème » : parfois, il y a des filles ET des garçons sur la même image!!
Cette petite fille a réussi assez rapidement à comprendre le principe … (car elle avait tous les prérequis nécessaires pour …)
On va apprendre que dans le cas de mélanges, on dit « ils » :
Attribuer « ILS » quand il y a un groupe avec au moins un garçon est la cible de cet exercice. Les autres images, c’est OK pour cette apprenante.Pluriel VS singulier que sur les « ELLE » et « ELLES »
On n’oublie pas aussi de tester tout en même temps, singulier, pluriel et féminin masculin :
Discrimination de la quantité d’enfants et si possible, des inclusions !
On peut faire compter les enfants sur les images, ou demander à notre apprenant de donner une image avec 3 enfants ou encore, faire trier à notre élève des images comme ci-dessous :
Ensuite, ce qui m’intéressait pour pas mal des enfants ici, c’était de décrire parmi une quantité d’enfants, combien il y avait de filles/garçons.
Du lexique autour des quantités de personnes
On ne les travaille que rarement, voire jamais mais ce lexique est très souvent utilisé :
– Montre-moi « il y a 4 enfants dont au moins une fille. »,
– « il y a deux enfants : aucun garçon »,
– « plusieurs enfants sont dans la salle de bain »,
– « un petit groupe de garçons dans le salon » (-> donc une image avec au moins 2 garçons)
– « il est seul dans la cuisine »…
J’aime beaucoup également travailler sur des affirmations telles que « Zoé, Rémi et Pierre vont jouer près du lit ».
Retrouver une image qui peut correspondre prépare à la compréhension de petits textes futurs. L’apprenant devra faire des inférences qui sont nécessaires pour la compréhension de récit. On s’aperçoit souvent que les prénoms dans une histoire lue ne renvoient à rien du tout !!! l’élève n’a pas compris que « Chloé » était le prénom dune petite fille par exemple !
Il peut être aussi intéressant de poser des questions incluant des négations et des comparaisons de quantités du type : est-ce qu’il y a plus d’enfants ici ou là? Est-ce que là il y a plus d’enfants que là? Est-ce qu’il y a autant de filles que de garçons là? Etc.
Le début de la description
Une fois tout cela travaillé, l’apprenant va pouvoir nous expliquer ce qu’il voit. Personnellement, je guide la trame suivante : 1) « Cette scène se passe dans …. », 2) « Il y a + les personnages ».
Lorsque votre élève sera plus à l’aise il pourra s’en détacher et étoffer. On le poussera à développer petit à petit mais il est important qu’il sache faire ressortir les éléments importants sans se perdre dans les détails. Ces derniers viendront en sus et ne devront pas être l’essence de la description.
Un peu de langage écrit : lire des petites phrases.
Je rappelle ici que le langage écrit est du langage « parlé » qui est « écrit ». Cela parait évident mais beaucoup de personnes pensent qu’un enfant qui ne comprend pas à l’oral (en réponse de l’auditeur plus précisément) comprend à l’écrit. C’est faux.
La compréhension écrite passe (littéralement dans le cerveau) par la compréhension « orale »!! Donc, si vous avez bien travaillé en amont sur la compréhension, cela ne devrait pas poser de problème.
Je vous conseille les 3 webinaires géniaux du Collège de France avec Stanislas Dehaene et J. Ziegler en dispo gratuitement sur YouTube qui expliquent bien ces particularités du langage écrit.
On a commencé par trier les « il » des « elle » : c’est assez facile, il n’y a pas à chercher dans la phrase, c’est le premier mot!
Ci dessous, un appariement de phrases avec les images : la petite fille a su apparier les textes, et ce dans les deux écritures (capitales et scriptes)
Conclusion
Ce PDF permet de travailler différents domaines qui faciliteront la compréhension de petits textes simples ainsi que la description futures de scénettes non complexes.
Cependant, comme toujours, il est important de préciser qu’il faut présenter à l’enfant une multitude de supports comme celui-ci afin qu’il puisse généraliser et bien consolider et développer ses connaissances.
Dans un article précédent ici, on a vu les notions « avant, après » avec des contenus très académiques : les nombres, les jours de la semaine ou des rangées de pingouins.
On va maintenant continuer dans le fait d’ordonner des éléments mais cette fois-ci, avec des évènements.
C’est le tout début de l’organisation de séquences d’actions pour obtenir une histoire !
Et plus tard, le rêve de toutes les familles : pouvoir raconter sa journée !
On s’assure que l’enfant puisse sérier des images pour reconstituer les histoires, pas besoin de verbal, juste mettre dans l’ordre en regardant les images. Pour cela, il faut que l’élève ait une conscience « gauche-droite » et comprenne que « à gauche » c’est avant et « à droite » c’est après, c’est le déroulement de la suite de l’histoire.
C’est une convention en France, ce pourrait être l’inverse …. Donc, ce « détail » va être important, c’est un prérequis pour la suite.
Comprendre avant/ après est très difficile. Souvent les parents pensent que le jeune comprend car les enfants répètent « après après » quand on leur dit « non » pour obtenir quelque chose.
La plupart du temps, ce « après » est juste plaqué car souvent, pour éviter de dire « non » qui génère des troubles du comportement, les parents disent « après » …
Pour les enfants en difficulté, on va prendre des photos et faire reproduire des séquences de choses qu’ils connaissent … : couper le pain : « je prends le pain » « je coupe le pain », « je mange le pain ». ou construire un bonhomme qu’ils aiment en légo ou Monsieur Patate, etc.
Comme pour la plupart des compétences verbales, on va travailler de la manière suivante : d’abord en images et petit à petit, on va progresser vers de l’abstraction.
On pourra également travailler le fait d’ordonner des phrases à l’écrit mais ce n’est pas obligatoire : si votre enfant est non-lecteur, cela ne vous empêchera pas de travailler correctement tout le reste!
Dans cet article, vous retrouverez trois axes :
— en images
— en écrit
— à l’oral
mais ces différents axes seront à prioriser et à adapter selon l’enfant que vous accompagnez.
J’ai découpé l’article en deux : une proposition de progression pour cet enseignement, puis, la présentation de matériel pédagogique du commerce pour appuyer ces apprentissages.
Proposition de progression pour cet enseignement
Vocabulaire
Petit point de vocabulaire au passage, facultatif mais voici comment personnellement je différentie les termes :
Ordonner = mettre dans l’ordre selon un critère (temps, taille, nombre, …)
Sérier = classer selon une gradation continue d’un même attribut
Séquencer = organiser selon une succession causale ou temporelle.
Trier = organiser un critère selon une seule variable (ex : le critère couleur « bleue » par exemple, avec des choses qui sont VS ne sont pas bleues)
Classer = trier mais selon un ou plusieurs critères (ex: les bleus, les rouges, les jaunes,.)
Sur des vraies séquences, vécues par l’enfant
Il va être vraiment important de choisir des images qui ont un sens pour l’enfant : souvent, il est difficile de trouver des images pertinentes déjà prêtes dans le commerce pour les enfants avec handicap.
Par exemple, « une fleur qui pousse » avec les différentes étapes, cela n’a souvent aucun sens, idem pour un œuf qui va éclore pour donner un poussin, ou un bébé qui devient enfant puis adulte, bref, toutes ces séries avec ce type d’évolution sur du long terme sont à éviter pour l’enseignement de cette compétence.
Si vous ne prenez pas des éléments qui ont du sens comme étant une suite, l’enfant se mettra à ajouter des mots « d’abord, ensuite, puis, enfin » sur des séquences arbitraires qui n’ont pas de lien.
Pour que l’enfant puisse comprendre qu’il s’agit d’un « déroulé » d’une séquence d’actions qui se suivent et non des cumuls d’actions séparées, on va utiliser des séquences connues et vécues par l’enfant. Sinon, cela risque de n’avoir aucun sens.
Par exemple, on a photographié la construction d’un modèle de voiture (Smart car de chez Smartgames) que l’enfant a l’habitude de construire. Il sait qu’au départ les pièces sont sur la table, après il les place et après, il obtient une voiture finie. Il est habitué à ce chemin car il l’a vécu maintes et maintes fois.
Il s’agit de trois photos d’une activité à mettre dans l’ordre
On pourra alors prendre des photos de situations réelles de la maison :
— manger en famille : d’abord mettre la table, puis manger, puis mettre dans le lave-vaisselle
— se coucher : d’abord laver les dents, puis mettre le pyjama, puis un bisou dans le lit au coucher
— se laver les dents : mettre le dentifrice, brosse les dents, rincer la bouche
— journée type : d’abord je prends le taxi, puis je suis à l’IME, puis maman vient me chercher.
Bref, toutes ces actions qu’on fait quotidiennement mais avec VOS photos afin que l’enfant transfère puis facilement la succession des moments qui s’enchainent.
Sur des séquences imagées, illustrations du commerce :
Remettre dans l’ordre, sans verbalisation.
Voici un exemple d’illustration que l’on peut trouver dans le commerce. Pour plus d’idées, allez à la fin de cet article où je présente quelques matériels du commerce.
Cette séquence est pratique car elle permettra ensuite de poser une action sur chaque image : « le garçon marche », « le garçon plonge », « le garçon nage ».
Tacter les images, avec les mots de liaison.
ATTENTION : la verbalisation des actions doit être connues. Par exemple, dans l’exemple ci-dessous, l’enfant sait nommer « il met sa serviette », « il mange », « il essuie sa bouche ».
Le nouvel apprentissageva être la verbalisation des petits mots-clefs à l’aide des affichettes : « D’abord » (pour commencer la séquence), et « enfin » (pour clore). Le codage « vert » et « rouge » est celui que les ergothérapeutes utilisent souvent pour coder le début et la fin du tracé d’un élément graphique, je le reprends donc des fois que … 😉
Pour les mots intermédiaires, les éléments qui ne sont ni début ni fin, vous pouvez choisir, selon les enfants, les mots les plus adaptés : « après », « puis », « ensuite ». Je vous conseille d’utiliser un mot « neutre » que le jeune ne connait pas pour débuter l’enseignement, puis, vous introduirez les autres pour que l’enfant apprenne que « ensuite = puis = après = … ».
Support pédagogique des éditions Passe-temps.
Ensuite, en chaînage arrière, l’enfant va dire la dernière action de mémoire, . Quand on le fait sous forme de jeu, en général, l’enfant aime bien. L’effet de récence aidant, il va se souvenir plus facilement et pourra verbaliser la chute de l’histoire. On tacte ensemble les premières images « D’abord il est sale, puis il va au bain, puis il s’essuie et …….. « enfin il met son pyjama !!! » poursuit l’enfant. Bravo !! super !
Sur les photos suivantes, les cartes sont des illustrations trouvées sur le net : je les aime bien car chaque image correspond bien à une action « tactable ». Ce n’est pas toujours le cas dans les images à sérier du commerce :
D’abord, il est sale, après il se lave, après il s’essuie et enfin il met son pyjama!! »Là, une autre séquence où le jeune me tacte : « D’abord, il fait du vélo » et après, il me raconte, de mémoire : « après il tombe, après il pleure et enfin sa maman met un pansement ».
Autre exemple avec un autre enfant qui connait toute la séquence : lorsqu’il a verbalisé l’action il a le droit de retourner la carte pour vérifier et il poursuit comme ça sur toute l’histoire.
Retrouver un thème général à la séquence :
Ces images séquentielles vont également nous permettre de trouver un thème général à l’ensemble des actions, un titre à l’histoire. Vous verrez que cet exercice est loin d’être évident…
Je vous conseille donc de faire des propositions :
– faciles : on laisse le choix entre des titres très différents, par exemple pour ci-dessous : « le chien a faim » ou « la balade à vélo » ou « Maman part en courses »
– moins faciles : « Le chien veut faire pipi », « l’animal a faim », « le chien a peur ». (Oui, c’est un peu vicieux!)
On met dans l’ordre, puis on tacte les images une par une : on regarde attentivement ce qu’il se passe pour chaque action, puis on donne un titre général.Idem : c’est l’histoire d’une petite fille qui fait de la pâtisserie avec sa maman. (Images trouvées sur le net.)
Raconter l’histoire qu’on a déjà étudié
Ensuite, pour les séries que l’enfant connait bien, je vais demander : « raconte-moi l’histoire de la fille avec la banane » en lui montrant le tas comme sur la photo ci-dessous. Je peux lui donner les cartes si il n’y arrive pas mais normalement, il doit pouvoir me raconter l’histoire (ici, scénette à 3 images, donc 3 phrases) sans support du tout, même pas les cartons vierges. Juste avec l’évocation du tas dans ma main.
« Raconte moi l’histoire de la fille avec la banane »
ATTENTION au choix de vos images car certaines sont réversibles et cela peut être complexe au début avec des enfants en grande difficulté : typiquement mettre son bonnet chaussure écharpe : il n’y a pas d’ordre spécifique. En revanche, mettre sa culotte, mettre son pantalon et mettre sa ceinture : oui il y a un ordre imposé de fait. Les exemples « destructifs » sont les mieux dans un premier temps (ex : éplucher une banane ou une pomme.)
ATTENTION : à des choses qui nous semblent logiques mais qui ne parlent pas du tout aux enfants, comme évoquées précédemment : une plante qui pousse, une femme enceinte qui ensuite a un bébé dans les bras, etc. !! En général, les enfants ne s’intéressent pas à ca donc ne repéreront pas du tout la séquence logique.
Avec de l’écrit, sur des séquences connues
Là, on passe à l’organisation de petites phrases, simples.
Il faut que l’enfant soit lecteur (ou qu’il ait une très bonne mémoire de travail !!)
Ici, uniquement deux évènements à ordonner.Maintenant, trois évènements à ordonner : on reprend les mêmes étiquettes que celles qu’on utilisait quand on faisait cet exercice avec les images.Toujours trois évènements à ordonner : on varie les mots utilisés et on utilise un autre support avant d’abandonner complément l’aide visuelle avec les mots clefs.
Avec des horaires ou moments de la journée
On va également pouvoir travailler sur un EDTV. Normalement si on travaille sur les séquences, l’enfant doit savoir se repérer dans son emploi du temps. Qu’il soit visuel avec pictogrammes ou à l’écrit, il peut être intéressant de travailler là-dessus.
C’est un enseignement appliqué de « d’abord / après / puis / ensuite / plus tard / enfin / à la fin » -> très fonctionnel !
J’utilise le déroulé de journée avec mon codage de couleur (que vous trouverez sur le site ici) ainsi que les pictogrammes « activités » de chez Tasolutionautisme que j’aime beaucoup (achetables ici ou ici)
Par exemple, ci-dessous, le jeune doit placer les étiquettes « d’abord » à « enfin ». C’est relativement facile car le déroulé de la journée est dans l’ordre.
Là, c’est le plus facile car les activités sont déjà ordonnées. D’abord, le trampoline, puis … enfin…
Dans le PDF de Tasolutionautisme, vous trouverez des plannings fictifs à la journée avec des moments de la journée ou des horaires. Choisissez ce qui convient à votre élève et ensuite, demandez-lui de les ordonner et d’utiliser les mots clefs.
On peut alors façonner petit à petit comme ci-dessous avec des flèches qui vont permettre de raconter, dans l’ordre, les activités de la journée qui sont mise sur la carte.
L’avantage des pictos est qu’ils vont pouvoir aider à organiser le discours.
Placer les activités dans l’emploi du temps :
Ordonner sur une journée les évènements, avec codage couleurs.Ordonner sur une semaine les évènements, sans codage couleurs.
On a ensuite les cartes difficiles, rédigées, avec des informations à traiter : quoi, quand, lequel avant, lequel ensuite ? …. un super exercice final !
La première étape est de repérer les activités dans le texte. Sur la carte ci-dessous : « sport », « boulangerie » et « yoga ».
Ensuite, on recherche les pictogrammes correspondants.
Ensuite, on va tenter d’organiser ces pictos dans la bande de la journée (qui doit, en soi, ne plus poser de problème)
La grosse difficulté est que l’enfant parvienne à ordonner correctement et ne tombe pas dans le « piège » de placer les activités simplement dans l’ordre cité.
On pourra également, pour les scripteurs, demander une restitution écrite:
Sur des vidéos : les évènements ne restent pas
Travailler à partir de petites vidéos. Vous pouvez les faire vous-même en filmant trois actions de suite et demander ensuite à l’enfant de raconter les trois actions à la suite avec les mots clefs.
Quand l’enfant est à l’aise, vous pouvez utiliser des scènes de dessins animés avec un déroulé : par exemple Petit poilu. J’aime beaucoup car il n’y a aucune parole : pas de guidance échoïque possible et surtout, l’enfant est bien concentré sur les actions réalisées et le non verbal.
Personnellement, j’utilise beaucoup ces vidéos pour travailler les actions, une par une, quand je travaille les verbes.
Les enfants les connaissent bien du coup et c’est plus facile.
Cela permet de les utiliser pour travailler « raconter une vidéo ». Je laisse défiler trois ou 4 actions puis je demande : « raconte-moi ce que fait Petit Poilu »
Exemple avec l’épisode Robotic : « D’abord, il marche », « puis il monte », « puis il ouvre », « enfin il tombe ». On peut continuer comme cela sur tout l’épisode, avec des séries de 2 à 5 actions.
Puis, les cartes « Raconte-moi comment »
Il s’agit d’une réponse intraverbale pure. Il n’y a plus d’images. L’enfant doit mentaliser pour raconter ou inventer.
Voici ici des cartes pour les enfants plus avancés : ils devront écouter la consigne, puis, réfléchir à au moins 3 actions successives à verbaliser dans l’ordre afin de raconter comment on fait telle ou telle chose.
La formulation de la question est volontairement « on » car ce pronom personnel ne demande pas de changement de focus dans la réponse. En effet, si on demande à l’enfant « comment tu te brosses les dents? » il devra répondre » Je prends blabla je blabla… ». Il est donc beaucoup plus facile de dire « on » pour que l’enfant reprenne en miroir « on ». Ensuite, on pourra évidement faire intervenir la flexion sur les pronoms sujets.
Quelques supports pédagogiques du commerce pour ordonner des histoires.
Tout d’abord, vous pourrez trouver sur le net, sur Pinterest par exemple, beaucoup d’images pour travailler les sériations et histoires temporelles.
Séries d’illustrations trouvées sur Pinterest : j’en ai fait un fichier mais je ne le partagerai pas ici car les images sont, je pense, protégées. Vous pouvez cependant faire la même chose afin de vous en servir à des fins privées.
Classeur « Histoires séquentielles » de chez Génération5″ :
il s’agit d’un classeur avec des illustrations en noir et blanc. On peut découper et ordonner les images mais il y a également un CD, cela permettra de faire déplacer les images avec une souris, à l’écran. Petite variation de support qui peut avoir un certain succès auprès des jeunes !
Nathan : « Scenario : suites chronologiques » Où il y a 7 séries de 5 cartes avec des illustrateurs différents et des thèmes variés
Sur tablette : l’application « Iséquences »
Cette appli contient 100 séquences de 3 à 4 images. Il faut les ordonner mais on peut également paramétrer d’autres possibilités, comme par exemple choisir parmi trois images une qui conviendrait pour la suite de la séquence.
Je crois que cette appli n’est disponible que sur apple, à vérifier.
Schubi : beaucoup de matériels variés J’aime beaucoup ces grosses boites carrées.
Il en existe sur de nombreux thèmes : « Raconte », « Etre attentif », « Et puis? », « Je fais les choses dans les règles », « Que faire? », « Raconte une histoire »,etc. Ces différentes boites permettent chacune de travailler des compétences différentes mais personnellement, je les utilise souvent à ma façon, et notamment en les détournant pour raconter des histoires séquentielles.
Par exemple, ci-dessous : Il sera intéressant de faire deviner l’agent de transformation, c’est à dire l’image du milieu qui fait qu’on passe de la situation de gauche à la situation de droite mais il pourra être également intéressant de retirer l’image de droite pour trouver une « fin » possible.
« Histoires sur les prépositions » qui regroupe 18 séries de 4 images à ordonner et expliquer :
Comme ceci ou comme cela : Où il y a des histoires à recomposer, de 5 à 7 cartes et où il y a le choix entre deux cartes avec 2 fins différentes que l’enfant peut choisir.
Ca va s’arranger : 12 histoires de 4 à 8 cartes, où il faut retrouver l’ordre chronologique mais aussi, réfléchir à des dénouements un peu atypiques.
Par exemple, dans cette série, la dame se fait offrir un habit qu’elle n’aime pas et les deux femmes finissent par échanger leurs tenues.
Et après ??
Lorsque votre élève parvient à raconter des histoires à partir d’images, puis ces mêmes histoires sans support visuel, une bonne base est posée.
Ainsi, on va pouvoir travailler sur des textes plus longs, des petites histoires de 10 ou 12 phrases. On va également pouvoir introduire la possibilité d’inventer la fin et de raconter des dénouements plus ou moins logiques à une histoire énoncées, ou encore raconter une histoire autour des personnages présents dans la scène.
Raconter ce qui a conduit ces personnages à aller en animalerie pour acheter une niche et ce qu’ils vont faire ensuite en sortant du magasin.