Vous trouverez une partie entière sur « petit/grand » sur le site ici. Ces notions de tailles sont tellement spécifiques qu’elles méritaient un article dédié !
Il y a également un article axé « linge » avec froid/chaud, mouillé/sec, plié/en tas et propre / sale —> par ici.
Vous trouverez également des articles avec des contraires spécifiques tels que assis/debout mais qui sont mixés avec allongés.
Ici, nous allons compléter avec 3 nouvelles séries d’adjectifs !!
Apprendre les adjectifs isolément
Comme d’habitude, je vous conseille de travailler avec de vrais objets réels pour commencer.
Trouvez des objets dans votre quotidien qui puissent être en double, ensuite, faites en sorte de former des paires avec lesquelles vous pourrez travailler les opposés :
– vide / plein
– ouvert/ fermé
– cassé / [pas cassé], etc.
Par exemple, ci-dessous, quelques objets du quotidien :

ATTENTION :
Pour l’enseignement de ces concepts, je vous conseille vivement d’utiliser des grilles de cotation bien préparées.
Comme pour tous les enseignements où il n’y a que deux réponses possibles (comme « oui/non », « ouvert/fermé », « propre/sale), je vous recommande un tableau avec l’emplacement des stimuli (gauche/droite) de chaque élément afin de vous assurer que chaque adjectif se retrouvera mathématiquement autant de fois à gauche qu’à droite.
De plus, le fait de coter précisement vous assure que :
— l’enfant est au moins à 90% de réponses correctes (selon moi c’est le minimum de critère de réussite pour ce genre de tache) : être proche de 100% vous assure qu’il ne répond pas au hasard
— si il est autour de 50%, c’est qu’il répond au pif (un peu normal quand si il ne connait pas ces concepts ….. il faut donc lui enseigner)
— MAIS si il est autour de 5% ou moins, ce n’est plus du hasard, cela veut dire qu’il inverse le concept !!!! et ça, c’est très important de le repérer. Cela arrive souvent quand on est sur l’apprentissage des opposés : on montre et on verbalise ; « ferme la porte » lorsque la porte est …. ouverte !!
Pour ces trois raisons : pour s’assurer de la rotation parfaite, pour diagnostiquer une potentielle inversion et pour être sûr d’atteindre le critère de réussite, je vous conseille donc de bien coter les essais.
Plus que jamais, il faudra des guidances immédiates une fois la ligne de base faite afin d’éradiquer toute tentative de répondre au hasard.
Pour le renforcement de la réponse correcte, là encore c’est délicat. Personnellement, depuis des années, je ne renforce plus des réponses guidées (sauf très rares exceptions bien justifiées).
Une solution donnée par une amie est de renforcer uniquement les séries de 2 réponses consécutives correctes (voire 3), sans quoi vous risquez de renforcer la stratégie de donner au hasard et cela aura des conséquences délétères sur cet enseignement mais également ceux à venir ….
Passer à 2 composantes : nom + adjectif
Une fois les termes « secs » (c’est-à-dire, des consignes telles que « vide » et l’enfant donne l’objet vide parmi les deux, ou « cassé » etc.) complètement maitrisés, vous pouvez passer à deux composantes : « donne le verre plein », « donne le bol plein », « donne la bouteille vide », …
ATTENTION, ne surtout pas donner des consignes indicées du type : « le bol rempli de céréales » ou « le verre plein de jus » sinon l’enfant ne discriminera pas « rempli » mais « céréales » ou « jus » !!
Il faut demander « le bol rempli », « la bouteille pleine », « le verre plein », etc.

Voici une autre situation, avec des couples « ouvert/fermé ». Le champ est organisé ce qui facilite l’exploration et la réponse correcte

Ici, je fais verbaliser à mon élève « un coffre fermé », « un sac fermé » etc avec que des « fermés » sur la lignée, puis idem sur que des ouverts. C’est « facile » car il n’y a pas de randomisation d’adjectifs sur la ligne.

Egalement, avec plus d’items et que des ouverts (puis que des fermés), on va travailler en réceptif : « montre moi la poubelle ouverte » –> l’enfant montre et répète.
Il s’agit du même jeune mais la semaine d’après.

Puis, tout est mélangé : les items mais également les fermés/ouverts :

Cet article est peut être un peu plus technique mais j’ai tenté de faire simple et surtout concis. Contrairement aux apparences, ces concepts sont difficiles à acquérir et complexes à enseigner. Si votre enfant peine sur ces concepts, je vous conseille de faire appel à un professionnel qui vous aidera à passer ce cap plutôt que de risquer de compliquer la suite …
La question de l’accord en genre
Personnellement, je ne m’en soucis pas trop. Souvent, même les élèves bien en difficulté retiennent la forme exacte et vont avoir tendance à ne pas dire « la bouteille plein » mais bien « la bouteille pleine ».
Si un élève dit « plein » pour pleine », ou tout autre adjectif erroné qu’on entend en langage oralisé, je reprends « oui, la bouteille pleine » pour donner la bonne forme mais je considère la réponse comme correcte car elle est fonctionnelle : sauf avec beaucoup de mauvaise volonté, on comprend ce qu’il veut dire! 😉 et il a selectionné le bon terme dans le couple de contraire « plein/vide ».
Cependant, si il s’agit d’un enfant bien avancé et/ ou lecteur, l’accord du genre peut être un objectif d’enseignement ultérieur bien intéressant. C’est pour cela que parmi les cartes du PDF, à imprimer en resto verso pour vous y retrouver, vous trouverez des items masculins et féminins !
[ Mes PDF ne seront plus disponibles publiquement suite à des vols de mes contenus sur des plateformes personnelles. Si vous travaillez avec moi, de près ou de loin, contactez-moi et je vous les envoie.]

Les contraires / adjectifs du commerce
Quelques matériels existent dans le commerce mais je vous conseille de les travailler le plus possible « en vrai » et de choisir les cibles consciencieusement sans travailler tous les contraires indifferement. En effet, les « lots » de contraires sont souvent abstraits et inaccessibles à l’enfant comme par exemple ; « pauvre/riche ». Si l’enfant apprend que « pauvre » c’est quand un monsieur tire ses poches vides vers l’extérieur (« être pauvre » est souvent représenté comme cela) et que « riche » c’est nager dans des papiers verts, il est quand même peu probable que l’élève accède au vrai sens de ces deux termes !! Idem, que votre enfant apprenne que « éléphant » est l’autre mot pour « grand » et que le contraire est « souris », il risque d’être bien embrouillé ! 😉
Donc, il faut rester vigilant pour éviter le « plaqué » par cœur .Les adjectifs se travaillent bien apres les noms et les verbes : on les introduit petit à petit en veillant à ce qu’ils aient un sens accessible à l’enfant.
Des livre comme celui-ci peuvent aider à généraliser :

D’autres supports pédagogiques comme ce matériel, encore et toujours aux Editions Passe-temps, sont particulièrement interessants :

Enfin, pour les enfants pour qui c’est accessible, il peut y avoir ce genre de jeux, tres rigolos, où il faut deviner 1000 expressions détournées à l’aide de contraires et de synonymes.

Le travail des contraires fait partie des premiers stades qui vont développer la pensée conceptuelle. Il est très important que l’élève ne les apprennent pas bêtement. Mieux vaut qu’il en connaissent peu plutot qu’il en récite les listes entières sans jamais les avoir intégrés !
Si vous connaissez d’autres jeux du commerce, vous pouvez laisser un commentaire !