Alors cet article a plus pour vocation de partager des supports pédagogiques épurés, comme d’habitude. Je n’ai aucun mérite car c’est une maman avec laquelle je travaille qui a fait tout le boulot : merci à elle !
Alors, une fois que l’enfant est plus à l’aise sur l’attribution de LE / LA devant une image ou un mot (voir le précédent article ici) , on va pouvoir passer au bon accord de l’adjectif lorsqu’il s’entend. Finies les phrases du type : « la souris vert ». 😉 Le bon accord de l’adjectif viendra aussi à force d’entendre et de porter attention sur la formulation correcte « une voiture vertE ». Donc lorsque l’enfant verbalise « une voiture vert » depuis plusieurs années, il va falloir le travailler un peu intensément afin de rivaliser avec ce mauvais accord automatisé. Donc, de nombreux exercices variés seront les bienvenus afin de ne pas trop lasser l’apprenant.
Au tout début
Comme d’habitude, on reprend le tri pour s’assurer que l’enfant soit à l’aise avec le lexique et sur le UN / UNE devant les images qui lui sont proposées. Qu’il sache dire facilement : « une chaise », « un pantalon », …
Puis, même chose mais sans faire 2 tas : on présente les images et on enchaine : « un chat, un bonnet, une chemise, … »
L’attribution masculin / féminin est une convention, il n’y a pas de logique particulière donc ce sera à connaître « par cœur ». C’est la répétition qui va permettre d’automatiser. Vous pouvez utiliser n’importe quelles images pour faire du tri : souvent, je me sers du jeu Le Lynx où il y a plein de petites étiquettes d’objets quotidiens. (Au préalable, il faudra trier pour extraire les images présentant des items au pluriel) :
Tris en singulier/pluriel puis en féminin/masculin.
Les adjectifs : attribuer une couleur
Sur la seconde série d’images, il y a deux choix au bas de la carte : une forme « masculin » et une forme « féminin ». L’enfant devra choisir. Il comprendra rapidement, grâce qu tri que cette forme est tributaire du « une » ou « un » antérieurement attribuée.
Ensuite : la généralisation à d’autres adjectifs
L’enfant aura compris que la forme de l’adjectif varie selon le genre. A partir de ce moment là, il faudra qu’il apprenne pour chaque adjectif la forme au féminin et au masculin : un nouveau téléphone / une nouvelle tablette, une robe longue / un pantalon long, une pizza froide / un yaourt froid, …
Beaucoup de supports crées par des instits existent sur le net : vous pourrez en trouver facilement.
Quelques PDF épurés :
Dans un article précédent, vous trouverez des supports à relier ou écrire ici.
PDF NetB avec les adjectifs rayés selon le genre (15 pages) : la rature permet de ne pas donner d’indice à l’enfant quant au genre fem ou masc du nom :
Ci-dessous, presque le même exercice, il faut relier mais les éléments à identifier sont dans une phrase. Cet exo est plus complexe car le nom est noyé avec d’autres mots mais la présence des déterminants permet d’inférer si le nom est masculin ou féminin : (cliquer sur l’image pour le PDF)
Un fois la notion acquise, imprimez en 4 pages par feuille et hop, mettez-les dans une BàE pour maintenir l’enseignement !
Avant de travailler sur papier, il est préférable de toujours travailler avec de la manipulation, ici par exemple des figurines : jouets, animaux en plastique, famille de playmobils, etc, … à trier dans des caisses.
J’ai déjà fait des posts là-dessus.
Trier des personnages de playmobils : pictogrammes de ARASAAC
Voici donc des documents « papier » pour travailler les déterminants.
Ici, il s’agit de renseigner les articles définis (le la puis l’) : il y a une version à relier et ensuite une version où il faudra écrire le bon déterminant devant chaque image.
Même si dans la consigne je demande un article défini, vous pouvez évidement vous en servir pour travailler les articles indéfinis (une / un) voire les possessifs.
Les emplacements pour écrire peuvent également accueillir des gommettes préremplies pour les enfants en trop grande difficulté avec l’écrit mais avec qui vous voulez travailler ces notions de genre. Vous pouvez réaliser ces gommettes facilement en écrivant vous-même LE / LA sur des étiquettes vierges. Pendant l’entrainement, on peut également utiliser des jetons comme ci-dessous ;
Attention : si l’enfant ne sait pas, il faut lui donner la formulation avec le bon déterminant dès le départ et ne pas verbaliser des questions du type : »c’est LE TIGRE ou LA TIGRE » car l’enfant va s’habituer à entendre une forme erronée.
Pour ceux en apprentissage par exemple, je mets moi-même les jetons et après, on verbalise tous les deux (lui en échoïque). Vous verrez qu’en plus, l’enfant apprend rapidement à lire LE/LA même lorsqu’il n’est pas lecteur et voudra lui-même placer les petits jetons.
Tout d’abord, avec les personnes.
Ici, je fais juste verbaliser et relier « le garçon » VS « la fille ». Pour ceux qui sont plus à l’aise, j’introduis le lexique « des gens » comme : « la dame », « la femme », « le monsieur », …
Il y a également un document avec les animaux :
Les véhicules, habits, ustensiles et meubles :
Documents papier pour travailler la reprise anaphorique sujet (édit du 25/04/24) :
Une fois que l’enfant sait qu’il faut dire « la tomate » et non « le tomate », il va falloir qu’il apprenne que cette tomate va pouvoir être reprise sous le petit mot « elle » (et non « il »). Contrairement aux déictiques, ces reprises sont assez « simples » car répondent à une règle stricte et régulière.
Avec des images et des jetons
Les images ne sont pas les miennes, elles viennent du site OrthoEssentiels
Ci-dessous, on prend des images d’animaux connus de l’enfant (il sait qu’on dit « une souris, un ours, un chien…) et on passe de : « la souris court » à « elle court ». (édit du 13/06/25)
Je verbalise « la souris court », et l’enfant reprend « elle court », etc.
Puis, l’exercice dans l’autre sens : je verbalise « elle pleure » et je l’enfant doit inférer de qui je parle. Je lui présente deux images au choix un lapin qui pleure ou une tortue. Il doit alors me donner « la tortue pleure ».
Sans cette compétence de savoir à quoi réfère un pronom, l’enfant sera en incapacité de comprendre un petit texte, même simple.
Dans cet exemple, je verbalise « elle pleure » et j’ai mis le jeton vert « elle » pour appuyer l’oral. Au bout de 3ou 4 essais, j’enlève cette guidance et l’enfant n’aura plus que le SD verbal oralisé pour répondre.
Ci-dessous, j’ai augmenté le niveau (car en parallèle je travaille sur un protocole de développement de la négation avec le jeune en question).
Il y a évidement une grosse sur-tache : cet exercice ne peut être fait qu’une fois que les étapes antérieures sont bien acquises.
D’abord, l’enfant attribue le bon jeton-pronom pour s’assurer qu’il sache le faire et pour lui servir de guidance ensuite. Après, je lui demande « est-ce que l’ours lit? » et il doit me répondre « oui, IL lit » (il doit transformer le sujet « l’ours » en « il ») et ainsi de suite, avec parfois des phrases qu’il devra démentir : « est-ce que le chat mange? » « non, IL ne mange pas, il danse ».
Avec des documents écrits qu’il faut colorier
Voici donc des exercices pour entrainer ces reprises qui sont si fréquentes dans le discours parlé et dans le moindre texte écrit. Honnêtement, je ne pensais pas que ca poserait autant problème à mes loulous au cabinet!
Dans ces exercices, j’ai choisi délibérément de dessiner des items connus des enfants et surtout, je décris les items illustrés pour repréciser l’article de chaque item : « C’est une pomme et un cœur » de façon à ce que le genre apparaisse clairement et que l’enfant ne soit pas bloqué à cause de cela. Grace à cette phrase d’introduction, si l’enfant a compris la règle des reprises, il doit y arriver.
Remarque : une difficulté que je pensais moindre, majorée certainement par les particularités neuros des enfants testés : certains ont littéralement refusé de colorier certains items dans la couleur demandée. Par exemple, une carotte en autre couleur que orange, un cœur en marron et non en rose, une pomme bleue et non rouge, … (cliquer sur l’image pour le lien)
La présentation de l’exercice permet d’éventuellement plier en deux les bandes de façon à présenter l’exercice coté texte. L’enfant retourne ensuite le papier et peut colorier, de mémoire, les items comme indiqué dans le texte.
Puis quelques documents sur les reprises anaphoriques (sujet) à relier :
Ici, vous trouverez des pronoms à relier avec des féminins pluriels & masculins pluriels, l’objectif est que l’enfant comprenne que « le masculin l’emporte » comme on disait à l’école quand on était petits :
Dis-moi le genre et le nombre est un classique et basique édité chez Mot à Mot. Dans cet article, je vais le présenter mais également vous fournir des pdf avec des exercices plus simples.
La boîte contient 3 jeux de cartes, deux sur le genre et un sur le nombre :
le genre du nom (cartes codées avec un carré vert): avec des métiers ou des loisirs : un avocat, une avocate, un infirmier, une infirmière, etc, …
le genre du pronom (cartes codées avec un rond rouge) : il / elle avant un verbe avec des illustrations identiques dont seul le sujet (fille ou garçon) varie : « une fille nage » et « un garçon nage », elle/il boit, elle/il mange, …
le nombre du verbe (cartes codées avec une étoile bleue) : avec des illustrations mettant en scène un ou deux personnages, ce qui permet de travailler les verbes à flexions irrégulières (il dort/ ils dorment, il boit/ ils boivent, …)
Ce matériel propose différentes règles de jeu et contient aussi des cartes-consignes avec un petit extraterrestre qui donnent des indications sur quelles cartes défausser : féminin, masculin, singulier, pluriel.
Comme d’habitude, on peut le travailler en réceptif, en expressif, en memory, en pouilleux, en textuel (si on a le courage de faire des petites cartes texte à associer!) et on peut l’adapter à volonté.
Au tout début, les cartes « genres » (points rouges)
La nécessite de distinguer sur image fille/ garçon
En général, je commence en faisant trier en deux tas les cartes « genre du pronom », celles avec les ronds rouges. Je fais faire 2 tas à l’enfant en lui présentant les cartes par groupes de 2, avec les illustrations du même verbe. L’enfant va s’apercevoir que « c’est la même chose », sauf la tête du personnage : parfois c’est une fille, parfois un garçon. Et c’est à cela qu’il va falloir s’intéresser.
Si l’enfant ne parvient pas à discriminer visuellement les filles des garçons sur les cartes, il est inutile de continuer plus loin! il ne va pas pouvoir verbaliser « il / elle fait telle chose ». Il va falloir travailler cette notion à part : tris de photos de personnes de la famille en « fille/garçon », tris de photos des copains de la classe, tris de dessins très stéréotypés fifilles et garçons, tris de Playmobil (bien genrés), …
Il faut reconnaitre qu’il est quand même pas évident de trier fille/garçon : les critères sont nombreux et subtiles. On s’aperçoit que cette notion est souvent acquise très tardivement par nos enfants. Parfois, je commence par les termes « un papa / une maman » car ces mots sont en général plus familiers (que une fille/un garçon, je ne parle même pas de femme/homme, expressions régulièrement inconnues !) et permettent de glisser gentiment vers les autres dénominations-cibles.
Il va falloir multiplier les supports très différents pour pouvoir généraliser, en faisant le tour des placards, on s’aperçoit qu’il y a de quoi travailler facilement dans une chambre d’enfant !
Trier les playmobilsIci, trier avec Tom et Léa (Educaland)Trier les passagers du jeu de l’Arrêt de Bus.
L’introduction de il et elle, puis de l’ensemble : pronom+verbe
Lorsque l’enfant maîtrise ce classement, qu’il est au clair avec le fait de distinguer visuellement les personnages féminins des personnages masculins, on peut commencer en tant que tel. Je reprends mes petits pictogrammes (dispos en téléchargement au bas de la page) auxquels les enfants sont habitués et je verbalise UNIQUEMENT le pronom : « elle, il , il, elle, elle, … » pendant le tri. Normalement l’enfant va verbaliser également assez rapidement.
Puis, les cartes « nombres » (étoiles bleues)
Ces cartes fonctionnent comme les autres, par lots de deux. Les mêmes actions sont exécutées parfois par une personne, parfois par deux personnes. Elles abordent des verbes simples mais utiles : écrit/écrivent, dort/dorment, prend/prennent, etc, … donc bien pratiques à connaitre.
Comme pour le travail ci-dessus, je fais trier aux enfants les cartes par lots des mêmes actions, et je leur demande de les mettre dans le paquet des « tout seul », ou dans le paquet des « plusieurs ». Je place un pictogramme « singulier/pluriel » (à télécharger dans le pdf ci-dessous si besoin) pour les aider dans ce tri.
Afin de travailler « un seul » versus « plusieurs », j’ai crée il y a quelques temps un support type « carte à compter ». Il est disponible en bas de la page si vous avez besoin de le travailler à part. Ce pdf reprend toujours mon codage « un rond/deux ronds » pour symboliser seul/plusieurs. Les illustrations ne sont pas de moi, elles viennent de chez Arasaac (site génial) où les images sont libres de droit (Licence Creative Commons BY-NC-SA, sans utilisation commerciale donc).
Pour dynamiser mes séances, j’utilise aussi un dé fabriqué maison avec 1 ou 2 gommettes, qui va représenter singulier ou pluriel : l’enfant devra choisir dans les cartes étalées une illustration avec plusieurs personnages et le verbaliser correctement pour remporter la carte.
Jeu avec le dé singulier/pluriel
Puis, les cartes « nombres » métiers/activités (étoiles bleues)
Enfin, les cartes qui permettent de travailler sur les noms de métiers ou d’activités. En fait, je m’en sers rarement. J’utilise quelques cartes sur le vocabulaire connu de l’enfant : maître/maîtresse, danseur/danseuse, … mais peu me servent car j’exclue automatiquement ceux qui ne font pas sens (avocat/avocate, berger/bergère, etc, …)
Autres produits du même type :
J’essaie de me procurer le plus possible de matériels qui permettent de travailler ces notions car elles sont essentielles dans l’initiation à la compréhension de texte. Voici ceux que je connais mais si vous en avez d’autres, laissez un petit commentaire ! 😉
Que fait-il? que fait-elle? un magnifique matériel de chez Le Grand Cerf, il permet d’aller plus loin en produisant des phrases avec des attributs. Il est cependant bien plus cher que tous les autres, forcément. Il est composée de planches en plastiques avec des illustrations de personnages genrés ainsi que de cartons-indices avec des pictogrammes pour soutenir cet enseignement. (article à venir !)
Ainsi font : fait … font, de chez Ortho Edition, qui travaille le singulier pluriel pour les verbes à flexions irrégulières (article à venir !)
Verbes en images – au pluriel, de chez Passe-temps, qui est un lot de cartes. Celles-ci travaillent également la distinction entre pluriel féminin et masculin : il / elle /ils /elles. Je ne l’ai malheureusement pas (encore 😉 ).
Les phrases jumelles, de chez Passe-temps également : où il y a les mêmes actions (les mêmes images) faites par un personnage masculin et par un personnage féminin.
Tom et Léa de chez Educaland avec des petites illustrations de scénettes du quotidien et plusieurs propositions de jeux (une sorte de mots croisés à images).
Dans la même collection, il y a « dis-moi les pronoms » que j’aime beaucoup utiliser également. Il permet de travailler sur « le / la / lui/ se / les / leur », les reprises anaphoriques pronominales (COD est une personne, est un objet ou le COI est une personne) qui permettent de comprendre un énoncé.
Téléchargements gratuits sur ces notions :
PDF à imprimer avec les cartes à compter : un seul / plusieurs.
Voici un PDF pour travailler la compréhension et la production de phrases simples et courtes. Il s’agit d’un lot de cartes avec un enfant positionné sur un tapis. Des petites variations permettent de verbaliser dessus.
Ces cartes peuvent être utilisées pour trier selon un critère, pour verbaliser à propos d’une image ou encore pour sélectionner d’après une consigne verbale (compréhension).
Ce sont tous des enfants, sur un tapis et sur un fond blanc :
— la couleur et la forme du tapis varient (carré, fleur, rond et bleu jaune vert, rose, rouge)
— le sexe / genre de l’enfant varie (fille, garçon)
— l’activité de l’enfant varie (boit, lit ou joue avec…)
— la position de l’enfant varie (allongé, assis)
— les vêtements des enfants (habits ou pyjama)
— la couleur des cheveux, …
On peut trier ces mêmes images avec assis VS allongé, mais aussi fille VS garçon, on peut également classer par forme de tapis, par activité que l’enfant fait, etc.
Par le genre :
Présentation légèrement différente : on ne fait pas de phrases mais on pose « il » ou « elle » sur les têtes de chaque enfant.
Critères positif et négatif :
Vous pouvez utiliser n’importe quel critère : être une fille ou ne pas l’être, être sur un tapis bleu ou non, avoir les cheveux blonds ou pas, …
L’objectif pour cet enfant était le développement de l’oralisation « le tapis n’est pas forme carrée ».
Résolution de problèmes analogiques
Ici, on va pousser un peu plus loin. On ne va plus poser à l’enfant une consigne « simple » comme par exemple « donne moi (une image avec) un tapis rond et jaune » (unmediated response selection) mais on va lui donner une consigne nécessitant une opération mentale qu’on appelle « réponse de l’auditeur nécessitant l’intermédiaire d’autres réponses (mediated response selection). Par exemple, « donne moi (une image avec) un tapis de même forme et de même couleur ».
Je place les deux images et l’enfant doit comparer, critère par critère, si ils sont différents ou identiques. Il place les signes qui correspondent (il les connait)
On travaille également le contraire. J’ai placé une image, j’ai mis les caractéristiques et l’enfant doit trouver une image qui correspond !
Cet enfant doit me trouver une image avec comme consigne pour le tapis : « même couleur » et « forme différente »
Ensuite, on passe à l’oral : c’est beaucoup plus difficile mais si ca a été bien préparé avant, ca passe !
« Donne un tapis de même couleur. » VS « donne un tapis de même forme »
On pourra alors travailler des consignes vraiment complexes telles que :
– la couleur du tapis est similaire (couleur jaune)
– la forme du tapis est différente (fleur VS rond)
– le sexe/genre de l’enfant est différent (fille VS garçon)
Compréhension de 2 éléments et combinatoire :
Le developpement de la phrase
Pour que l’enfant prête bien attention à ce que je verbalise en accentuant bien le pronom personnel, je dis « ELLE joue avec une voiture » et je tends à l’enfant le pion avec écrit « elle » et il doit le mettre sur un visage de fille comme il a su le faire antérieurement, il répète alors ma phrase avec une guidance visuelle (le mot écrit « elle ») en entier « elle joue avec une voiture » au moment où il pose le pion.
On peut ensuite tout reverbaliser : « elle joue avec les cartes », « il joue avec les cartes », « il boit », « elle boit », …etc.
Compréhension et construction de phrases (sjt-verbe-C)
Montre moi « le garçon joue avec les cubes » (parmi 4 images dont une fille qui joue avec des cubes et un garçon qui fait autre chose que jouer aux cubes)
On peut également prendre des bandes-phrases pour les lecteurs et sélectionner le bon pronom personnel pour travailler les petites phrases.
En fonction des habitudes que vous avez avec votre jeune vous pourrez découper les bandes en petites unités plus ou moins longues.
Pour avancer encore …
Voilà pour ce gros support qui comprend quand même pas mal de possibilités de travail.
D’autres articles viendront pour travailler la description plus précise (vêtements et de coiffure par exemple). Quelques enfants au cabinet décollent en réponse aux questions et en description d’images, on a même fait en langage écrit ! Du coup il me faut de la matière !!!
J’ai préparé également des images avec d’autres éléments et surtout avec cette fois 2 enfants, afin de voir si on a un transfert des compétences de celles-ci sur les nouvelles … elles arrivent bientôt !
J’aime particulièrement ces images où il y a des situations absurdes. Certains enfants adooooooooooooorent et éclatent de rire ! Ce sont en général des moments d’attention conjointe vraiment sympas où même les élèves les moins expressifs froncent les sourcils ou expriment un « oh oh » dépité.
Ces illustrations rigolotes permettent de travailler la négation, la logique, l’expression, la justification, … bref, de développer la com dans tous les sens et dans la bonne humeur !
Avec ces situations, on a des choses à dire !
Dans cet article, on va voir les images mais également, on va passer un degré d’abstraction en s’intéressant aussi à de petits textes farfelus !
Les supports pédagogiques à images
Dans les images incongrues, souvent appelées « what’s wrong? » même par les personnes non anglophones, on retrouve 3 typesde « problème » :
– partie manquante (– un article est dédié à « ce qui manque » sur le site)
– partie qui n’est pas conforme / normale (– consulter les articles sur l’expression de la négation)
– action faite avec le mauvais outil (– consulter les articles sur l’expression de la négation)
Il va être important de repérer ces différentes configurations car les enfants seront plus ou moins à l’aise selon le problème à repérer. Il faut que l’enfant soit à l’aise pour chaque notion avant de combiner les 3 ensemble !
Les pré- et les co-requis
Pour le travail de l’incongru, je vous conseille de travailler deux classiques du genre :
-A- les identifications de manquants
Pour la notion de parties manquantes, je vous conseille d’aller jeter un œil à cet article dédié à retrouver des manquants.
-B- les jeux de différences
La première étape des images incongrus est que l’enfant repère le problème, même si il n’oralise pas, il peut pointer avec son doigt les éléments bizarres. Le travail de bien observer et de trouver des différences entre deux images va pouvoir préparer / compléter ce repérage. Dans des images absurdes, il s’agira de comparer quelque chose de tangible avec quelque chose de mentalisé, c’est donc une étape plus complexe que de comparer deux images qu’on peut observer simultanément.
Trouver des différences permet d’observer mais également de commencer à justifier des petites réponses simples. Trouver la différence peut se travailler à la suite de repérer un intrus dans une collection car c’est légèrement plus complexe mais c’est la même « veine ».
Ces deux activités A et B vont être complémentaires au travail des images absurdes.
Cela préparera l’oralisation : on pourra ensuite faire parler l’enfant autour de ce « qui ne va pas » : « oh oh, l’eau coule vers le bas, pas vers le haut », « oh oh un canard, ça a des pattes, ça n’a pas de bottes », …
S’organiser pour l’oralisation:
Personnellement, je vous conseille de classer les images en « 3 types » comme expliqué ci-dessus car cela permet de travailler la formulation des phrases avec des entames (qui seront au début plaquées) telles que :
– » il manque …..
– » un X n’a pas de/un […], ça a des/ un […]
– « on ne mange pas ses céréales avec un couteau, on (les) mange (les céréales) avec une cuillère! »
Ensuite, on variera les formulations avec « ce n’est pas normal » ou « il y a un problème » ou « quelque chose ne va pas », ou « normalement, il n’y a pas …. » …
Par exemple ; deux bonhommes strictement identiques sauf la couleur de leur t-shirt. L’enfant doit expliquer simplement que celui-là a un t.shirt rouge et l’autre un bleu. Ce sont des phrases relativement « faciles ».
Jeux du commerce avec des images incongrues
Cartablabla, des éditions Le grand cerf
« Images absurdes » des Editions Passe-temps
« Mister Bizar » de chez Educaland qui a décliné les illustrations en sons à prononcer
« Ca alors, c’est bizarre » qui ciblent également certains phonèmes, selon les versions
‘Qu’est-ce qui ne va pas » qui est un vieux jeux où certaines images sont désuètes mais qui est sympa quand même
Sur le blog d’Inès, orthophoniste, il y a des images à télécharger : https://jimagines.blog/wp-content/uploads/2018/07/images-incongrues.pdf
… vous trouverez également des images sur pinterest ou autres, histoire de varier les plaisirs !
Les textes incongrus
Afin de continuer dans la lignée et travailler la compétence à l’écrit, j’ai rédigé des petites phrases incongrues. Vous les trouverez dans ce PDF qui contient 4 pages d’étiquettes à plastifier et découper.
Comme ces phrases sont rigolotes, c’est assez motivant à lire mais surtout, elles permettent de parler : d’expliquer ce qui ne va pas et de corriger le cas échéant.
J’ai essayé de créer des phrases qui parlent à un enfant mais évidement, vous pouvez les choisir avant pour être sûr que l’enfant voit le problème.
Pour les enfants non-lecteurs, vous pouvez également lire les phrases à sa place et en discuter ensuite.
Première série de cartes :
J’avais fait il y a quelque temps des phrases à classer en « toujours » « jamais » « parfois » car ce sont des termes beaucoup utilisés et peu connus des enfants si on ne les travaille pas expressément.
Je vous conseille de reprendre ces phrases car elles sont très caricaturales et qu’il y a une phrase erronée et son corolaire corrigé : « la neige est orange » -> non la neige n’est pas orange, la neige est blanche ». N’oubliez pas d’enlever les cartes qui relèvent du « parfois » car on ne veut que les phrases « jamais vraies » et « toujours vraies ».
Deuxième série de cartes :
Cette fois, celles-ci sont rédigées exprès pour la cause 😉
Un petit peu plus complexe, avec des textes et des mots incorrects :
Il existe un support pédagogique aux Editions Passe-temps : il comprend 10 textes avec des mots incorrects qu’il faut repérer et corriger.
Ces textes peuvent être une bonne suite à mes petites cartes ci-dessus !
Si vous êtes motivé(e)s, vous pouvez m’envoyer vos phrases et je les ajouterai au fichier pour qu’on ait plus de propositions fofolles ! 🙂
Si vous connaissez des outils du commerce qui travaillent cette compétence, je suis preneuse, je les ajouterai à la liste ci-dessus.
La gestion du lavage du linge avec les enfants avec handicap est un de mes dadas :-))
Pourquoi? parce que tous les élèves portent des habits, parce que tout le monde a du linge sale qui doit devenir propre, parce que le linge ne s’abime pas si il tombe ou si il est un peu malmené : bref, pas d’excuses!
Si votre enfant est suivi par un ergothérapeute, n’hésitez pas à lui demander des conseils pour votre petit élève!
Pour les jeunes qui ont du mal à adhérer aux propositions cadrées sur table : c’est aussi en général des moments plus sympas pour eux et où leur adhésion est meilleure.
Les activités ci-dessous ne sont pas rangées comme une progression, vous pouvez aller pêcher dans l’article les activités qui vous semblent pertinentes pour votre élève sans respecter un ordre précis d’enseignement.
Laver
Il va être important de travailler les notions « mouillé / sec » et « propre / sale » .
On pourra ensuite travailler : « plié / en tas » et « froissé / repassé ».
Un article dédié à cela se trouve ici.
Identifier le linge propre du linge sale
Il faut se rappeler qu’il faut travailler avec du « vrai sale » et non avec des dessins de taches type tache d’encre.
Au début on fera des taches bien visibles puis de moins en moins, on pourra ensuite frotter un oignon ou quelque chose d’odorant pour apprendre que « sale » c’est pas uniquement à la vue mais aussi l’odorat (- désolée pour les détails ;-P) et que si on a un doute, on le met au lavage quand même. On pourra l’opposer à des chiffons non odorants ou à des chiffons qu’on aura frotté sur un savon (pour apprendre que odeur savon = propre socialement).
Lingettes propres VS lingettes sales (j’ai essuyé des crayons woody et des feutres ardoise noirs et rouges avec!)
Si cela vous semble accessible et pertinent, vous pouvez également introduire le vocabulaire générique : vaisselle VS linge.
Ces termes assez techniques me paraissaient avant un peu trop approfondis pour être enseignés mais en fait, c’est quand même un vocabulaire que l’on utilise très souvent dans le quotidien. Il peut donc être utile d’envisager « linge » et « vaisselle » comme catégories à enseigner à nos apprenants.
Etendre du linge
Remarque importante :
Lorsque je fais l’activité linge, je prends toujours du linge mouillé pour plus de cohérence : on n’étend pas du linge sec dans la « vraie vie »!! (j’utilise donc du linge qui sort de ma machine à moi ou du linge que je mouille avant et que j’essore) Cela permet également d’être au plus près d’une situation écologique car pour certains enfants, l’humidité au toucher peut être en soi un obstacle à surmonter. Pour ceux qui n’auraient pas ce problème, étendre du linge lorsqu’il est mouillé gagne de toutes façons en cohérence ….
On commence par du petit linge : chaussettes ou sous-vêtements (de l’enfant idéalement), puis on prend du linge de plus en plus grand.
Accrocher du linge sans utiliser de pince à linge :
Au cabinet, je fais toujours accrocher le manteau des enfants sur une patère. Pour certains, il est difficile de repérer par où l’accrocher donc je mets un anneau en plastique (l’enfant recherche et repère donc directement cet endroit dans le cou du vêtement). Cet anneau facilité également l’accrochage qui suspend le vêtement par l’anneau. Grace à cela, les enfants prennent l’habitude d’utiliser le porte-manteau.
L’anneau facilite l’accrochage !
Si étendre du linge avec une pince vous parait trop complexe pour votre élève, vous pouvez commencer par lui enseigner le fait de mettre « à cheval » et « d’étaler » un linge sur une barre ou un bord de baignoire, comme sur la photo ci-dessous.
Cet enseignement pourra servir dans le quotidien de l’enfant ( à condition qu’on les laisse faire, évidement et qu’on ne le fasse pas à leur place!!).
L’apprenant pourra également poser son manteau ou sa veste sur le dossier d’une chaise, il pourra étendre sa serviette de bain après la douche/baignoire et pas la laisser en tas par terre ou encore, il pourra étaler un drap sur une rampe ou un fil quand il sera plus grand physiquement.
Etaler du linge :
Déposer la serviette à cheval sur le bord de la baignoire peut être une première étape pour apprendre à étaler le linge : il est à hauteur et le rebord de baignoire est bien stable. Même un enfant avec des troubles moteurs peut y parvenir en s’appuyant et en se tenant au rebord de baignoire.
Un peu plus complexe : le porte-serviettes.
Il est stable mais il demande à ce que la serviette soit glissée entre deux barres horizontales.
La gestion des pinces
La manipulation des pinces à linge est souvent travaillée par les enseignants, les ergothérapeutes, les éducs, bref, c’est un classique. Un article dédié se trouve ici.
La principale difficulté je trouve, est l’orientation de la pince où il faut discriminer le coté « ailettes » du coté « mâchoires ». En fonction des pinces à linge, cela peut être plus ou moins facile à distinguer. Au début, vous pourrez privilégier des pinces à linge avec des grosses fleurs sur la partie « ailettes » où il faut appuyer.
Pour commencer avec les pinces à linge, je commence toujours avec la pieuvre à linge, car elle a deux avantages :
– les pinces sont déjà dessus et on dispose de ses deux mains pour manipuler et présenter correctement le linge
– les pinces sont toutes orientées dans le même sens, la « tête » vers le bas et l’enfant n’a pas de questions à se poser sur où appuyer pour ouvrir la « mâchoire » de la pince.
Enfant qui a automatisé les gestes qui sont aujourd’hui bien fluides : il enchaine seul l’activité, sans aucune guidance ni gestuelle ni verbale, et accroche jusqu’à ce qu’il n’y en ait plus ! Bravo !! <3
Au début de l’enseignement pour que ce soit moins complexe pour l’enfant et que de base ce ne soit pas aversif, chacun son rôle (on échange ensuite les rôles). Ci-dessous, ma main appuie sur la pince pour ouvrir la mâchoire et l’enfant doit glisser le linge dedans.
J’ouvre en grand le pince et l’enfant glisse dedans le linge. Mine de rien, c’est de l’attention, de la co-régulation, de la coordination œil-main !
Là, il a commencé à gérer seul les deux mains :
Une difficulté (inattendue pour moi) a été tout simplement … de prendre une pince vide pour accrocher le linge suivant!!!!
Un des enfants du cabinet ouvrait une pince déjà occupée pour un linge pour y mettre le second, donc le premier tombait au sol alors qu’il réaccrochait le nouveau et paf, il retombait, et ainsi de suite. J’ai attendu pour qu’il se creuse la tête dans ce défi et finalement …. tadaaaaaaaamm, il a changé de pince à linge en en prenant une à côté!. Il a refait cela plusieurs séances avec des petits bugs de moins en moins fréquents et aujourd’hui, il a tout fait sans jamais décrocher un linge déjà accroché, il guettait consciencieusement une pince disponible pour accrocher le linge suivant ! OOuuufff ……
J’adore ce genre d’activité, simple en apparence, où il s’agit de situations chaque fois nouvelles (il accroche aléatoirement sur n’importe quelle pince) où il faut se creuser la tête, organiser ses gestes précisément, rester concentré, être un minimum précis au niveau moteur et où il faut enchainer tout seul !
Certaines sont pincées du bout des dents, mais ça passe !!
Etendre à cheval sur le tancarville
Il n’est pas évident d’étendre du linge sur un étendoir car les rayonnages obligent à une gymnastique particulière pour pouvoir mettre à cheval le linge sur le fil. Si l’élève a trop de difficultés, je vous conseille de commencer par un seul fil à linge, tendu à hauteur d’enfant : vous pouvez retendre un fil sur vos poteaux à linge extérieurs à hauteur de l’enfant ou encore par exemple accrocher une corde tendue entre deux chaises. Avec un seul fil unique ce sera plus facile dans un premier temps que sur un tancarville.
On commence donc par des petits vêtements.
Manipulations particulières : retourner le linge
Pour enseigner à l’enfant d’aller mettre la main dans la chaussette (pour apprendre à la retourner), il y a eu une période où je cachais un animal Playmobil dedans : cet élève éclatait de rire en le sortant ! 😉
Cette chaussette est à l’envers et ça se voit bien (les pois à l’envers forment des sortes de poils). L’enfant perçoit que la chaussette est à l’envers, maintenant, il faut la retourner : mette la main dedans, pincer et tirer.
Trier et associer
Mettre les chaussettes ensemble est du tri à l’identique. C’est donc une activité relativement facile car souvent très entrainée.
ATTENTION : la difficulté ne sera pas la même en fonction de comment vous présenterez l’exercice.
Version « facile » :
Vous allez placer 3 à 4 chaussettes sur la table et vous allez montrer une chaussette et l’enfant . Il devra vous donner la même., comme on le vois sur la photo ci-dessous. Vous allez petit à petit mixer un peu les chaussettes pour qu’elles soient moins « en ligne », vous les mettrez un peu plus en « tas » pour que l’enfant fouille et que ca ressemble à une situation un peu plus naturelle.
L’élève me donne la même.
On peut disposer les chaussettes bien en ligne une par une au début et donner une par une la seconde chaussette afin qu’il la mette dessus pour qu’il perçoive ce qu’on attend : associer deux pareilles.
Version plus difficile (mais la plus utile !!) :
Cette fois, vous allez laisser l’enfant faire les associations : c’est lui qui devra prendre une première chaussette au hasard et ensuite retrouver une autre identique. Cette version est celle qui sera utilisée dans « la vraie vie » : en situation naturelle, on doit piocher un linge et l’apparier sans que personne ne nous démarre le tri !
Là j’attends que l’enfant me donne deux identiques pour que je les attache ensemble. Je tends délibérément la main pour l’aider un peu car il ne comprenait pas trop ce qu’il devait faire. (Aujourd’hui il sait le faire)
Ensuite, on présentera les chaussettes en vrac, et le jeune devra les associer, voire les attacher ensemble si sa motricité le lui permet.
Présentation « naturelle » de chaussettes à trier !
Pliage
Cette activité requière une certaine motricité mais aussi, de la planification.
Je commence toujours le pliage par un linge carré ou rectangulaire : en général, j’utilise les lingettes de nettoyage comme sur la photo ci-dessous (Action, environ 2€) car le tissu est comme cartonné et préplié. Il aide donc à enregistrer les gestes tout en ne mettant pas trop en difficulté pour le pliage.
Quand vous allez enseigner cette tache, je vous conseille de faire TRES attention à toujours présenter le chainage dans le même sens. Par exemple : « linge étalé, puis on rabat le côté de gauche sur la droite, puis le bas sur le haut ». Peu importe votre ordre, par contre, il faudra si possible toujours prendre le même ordre afin que l’enfant s’imprègne du chainage. Bien entendu, plus tard, il pourra s’en affranchir ….
Ensuite, on pourra prendre des lingettes « molles » comme on le voit ci-dessous :
Ensuite on aura plier des pantalons puis plier des t-shirts. On pourra le faire avec des gabarits (en plastique ou fabriqués avec des plaques de carton, il y a des tutos sur le net pour les construire).
On pourra également s’entrainer à plier du grand linge à deux : exercice de co-régulation super sympa à faire !
Faire une pile et ranger en pile
D’expérience, les deux sont importants. Si ils ne sont pas travaillés, l’enfant va plier le linge et il le bourrera en tas dans l’étagère ! 😉
Faire une pile n’est pas si aisé que ca :
On s’entraine déjà avec des éléments qui ne se déplient pas (ci-dessous avec des lingettes démaquillantes). Si c’est trop compliqué, on peut revenir à empiler des cubes, des dosettes de cafés, etc. Puis, on revient aux lingettes.
Faire une jolie pile de lingettes
Ensuite, il faudra apprendre à votre élève à se déplacer avec la pile, sans la détruire et poser délicatement pour ne pas que tout se casse la figure ! Au début, on fera poser sur une table, puis sur une table dans un coin, puis sur une étagère avec des cases larges puis des cases plus petites où il faudra « glisser » la pile dans un endroit plus exigu. Cette dernière étape est important car quand on range le linge, on a rarement une place illimité : on glisse une pile entre d’autres piles ou contre un montant du meuble.
Pensez bien à décomposer cette activité en petites unités comme ci-dessus sinon, votre élève et vous allez vous énerver et avoir l’impression que ca n’avance pas. Cela prend du temps mais si on fait chaque étape, on avance !
Cintre
Une première approche du cintre est de placer le jeune devant une barre de penderie dont on a ôté quelques cintres (sur lesquels il y a déjà les habits), on lui tend, il doit les prendre, faire attention à ne pas décrocher le vêtement et de le suspendre sur la barre. Cette première étape permet à l’enfant d’être en réussite et d’être vigilant dans ses gestes lors de l’accroche.
Quand il maîtrise cette étape, on peut l’entrainer à enfiler un cintre dans l’encolure d’un vêtement.
Au début de l’enseignement, on va bien étaler le vêtement sur une table et l’enfant glissera le cintre ( comme sur la photo ci-dessous) et petit à petit, on n’étalera plus les habits, l’apprenant devra retrouver l’encolure et se débrouiller.
Quelques compléments seront apportés à cet article en fonction des enfants ici au cabinet et en fonction des nécessités dans les supervisions de structures.
Un petit curriculum « spécial linge » sera surement publié ici très bientôt.
Pour ceux dont les cours de français sont loiiiiiiiiiiiinnns, voici quelques éléments basiques à se remettre en mémoire 😉
Les verbes pronominaux sont des verbes toujours précédés d’un pronom réfléchi de la même personne que le sujet (je me … tu te …elle se nous nous vous vous …). Un pronom (quel qu’il soit) sert toujours à en remplacer un autre.
Par exemple : Je m’allonge, je me lève, je me brosse, je me promène, je m’arrête, je m’appelle, je me lave, je m’enfuis, je m’assois, je me regarde, je me méfie, je m’envole, je me maquille, je me coupe, je me brûle, je m’évanouie, …
Par défaut, quand le verbe est à l’infinitif, on utilise le pronom « se »/ « s ».
L’élève doit être à l’aise avec les reprises pronominales ( la fille = elle, l’élève = je, …) pour faire les exercices ci-après ! et évidement plus les pronoms personnels seront acquis, plus ce sera facile pour les verbes pronominaux … Je vous conseille donc d’aller voir les autres articles disponibles sur ce site : celui là, là, ici ou encore là.
Quelques rappels sur ces verbes
Il y a deux types de verbes pronominaux : ceux exclusivement pronominaux (se souvenir, se méfier, se moquer … qui n’existe pas en forme non pronominale) et ceux occasionnellement pronominaux comme « s’arrêter » : on peut arrêter quelque chose, quelque chose peut arrêter autre chose et on peut s’arrêter soi-même. On voit d’ailleurs qu’il existe en voix active ou en voix passive.
Quatre types de verbes pronominaux :
Dans le domaine du handicap, on privilégiera les deux premiers types qui sont plus fréquents et plus faciles :
— verbes pronominaux réfléchis (elle se regarde dans le miroir -> elle se regarde elle-même)
— verbes pronominaux réciproques : avec une interaction, une action mutuelle ils sont toujours au pluriel : « les frères se battent souvent », « les amoureux s’embrassent », « Rémi et Lola se téléphonent », « ils se donnent des bonbons », …
— verbes pronominaux passifs : « la leçon se comprend bien », « le gâteau se prépare facilement »,
— verbes pronominaux subjectifs / irréfléchis : « La souris se moque du chat »
Enseignement étape par étape
Première étape : verbes pronominaux réfléchis à l’infinitif
L’idée est de comprendre que le sujet réalise l’action sur lui-même.
C’est un verbe qui se conjugue avec un pronom réfléchi de la même personne que le sujet.
On va donc apprendre à verbaliser des phrases du type : « X se / s’ [ + verbe] : « la girafe se brosse, la souris se mouche, l’ours s’habille … »
Othoessentiels donne accès gratuitement à ces images que je trouve bien mimis : cliquer ici.
« la girafe se brosse, la souris se mouche, … » (les images viennent du site : orthoessentiels)
Mais on travaillera aussi en réceptif à retrouver « la girafe se lave les mains » parmi des girafes qui font autre chose et des animaux qui eux se lavent aussi les mains mais ne sont pas des girafes. Il faudra être attentif à tous les mots.
Il existe également des images de verbes pronominaux à partir de Héros de dessins animés sur le site de Emeline qui est orthophoniste: Bob l’éponge, Mario, Raiponce, ou Vaiana, …
Ici, c’est Bob l’éponge !
Deuxième étape : verbes pronominaux réfléchis conjugués
Les enfants du cabinet sont coutumiers du « je » / « tu » / « il-elle » à partir de bouchons sur lesquels il y a nos portraits. Je les présentais Ici ou encore là.
Pour se détacher de la forme à l’infinitif « se quelquechose », j’utilise le dé à portraits (3 portraits de moi et 3 de l’enfant pour le total des 6 faces) : on lance le dé et l’enfant doit verbaliser » je me mouche » ou « tu te mouches » selon la face du dé. Souvent, au début, ils disent « tu se mouches » ou « je te mouche », ça cafouille un peu donc guidance échoïque immédiate pour ne pas s’habituer à des formulations farfelues ou erronées.
Les formes dérivées où le verbe n’est pas un verbe pronominal mais où il y a des reprises de pronoms, telles que : « La maman mouche sa fille –> La maman la mouche –> Elle la mouche. », sera également à travailler car nécessaire pour la compréhension de petit textes à l’oral ou à l’écrit.
Ci dessous, on a le dé face visible avec le portrait de l’enfant et on place un image d’un bonhomme qui se mouche à côté. L’enfant doit dire : « je me mouche ». Si il tombe sur ma tête lors d’un futur lancé, il devra dire « tu te mouches » et ainsi de suite … On changera de verbe régulièrement en en piochant un nouveau.
Les dés sont fabriqués maison et les images violettes viennent du support « à toi de voir! Verbes pronominaux » des éditions Passe-temps
Ensuite, l’élève va pouvoir verbaliser de petites séries. Par exemple, ci-dessous, il va avoir à verbaliser : « tu (car c’est mon portrait) coupes, je (car il s’agit de son portrait sur le second bouchon) fais les courses, il (un autre enfant du cabinet) boit. »
Les bouchons avec les photos de nous sont fabriqués maison et les images viennent du support « à toi de voir! Verbes d’actions 1 » des éditions Passe-temps
Je réutilise les bouchons : on les retourne sur l’envers, idem pour les cartes et après on retourne et on attribut au hasard un bouchon à chaque carte.
Dans cet exercice, j’utilise le support « A toi de voir! Verbes pronominaux » des éditions Passe-temps qui ne contient que des verbes pronominaux réfléchis ou réciproques.
Tadaaaaamm on va retourner les bouchons
L’élève se basera sur les portraits et conjuguera : « Il se mouche », « il se lave », « je me promène », tu te grattes », « je me balance … »
Idem, avec des images si l’enfant est en difficulté avec la lecture ou si il est non lecteur :
On peut faire exactement la même chose avec un enfant non lecteur en utilisant des pictogrammes ou dessins.
Ensuite, on combine les bouchons en en mettant plusieurs :
— lui et sa maman + un picto « se promener » : il devra verbaliser « nous nous promenons » / « maman et moi nous promenons ». etc.
Troisième étape : verbes pronominaux avec négations
Pour travailler sur la négation, je préfère ne pas travailler avec une action barrée mais plutôt sélectionner d’autres actions. Normalement, si on travaille cette compétence c’est que l’enfant a beaucoup de capacités donc il doit en être capable.
L’enfant doit pouvoir générer une phrase comme celle-ci car le travail du pronominal se fait après l’acquisition d’un protocole sur « oui /non » et développement de la phrase.
Donc, je prends deux images (ou trois) et je choisis une phrase au hasard qui est représentée dans le lot. Par exemple : « Est-ce que Bob se mouche? » « non, Bob ne se mouche pas, il / Bob se promène » « Et là? » « oui, là, il se mouche. ». On peut évidemment choisir l’autre proposition en disant : « est-ce que Bob se promène? » « oui, Bob se promène. » « Et là? est-ce qu’il se promène? » « non, il ne se promène pas, il se mouche ». Il faudra randomiser ces deux possibles de manière à ne pas engendrer des réponses stéréotypées !
Images qui proviennent encore du site de Emeline, l’orthophoniste
Si le jeune est lecteur, vous pouvez vous aider de petites étiquettes afin d’aider l’enfant à placer les « petits mots » dans la phrase :
Version écrite avec étiquettes. A la fin, je lui fais écrire le « point » (mais là il ne l’avait pas encore fait)
Généralisation pour le langage oral
Idée 1 : Avec des photos
Avec les verbes pronominaux, il s’agit de parler « de soi » si l’enfant dit « je me couche » ou « nous nous regardons » il va s’agir de verbes incluant lui (et moi). Pour les verbes pronominaux réciproques, on va donc pouvoir prendre des photos pour pouvoir verbaliser de vraies scènes où on est tous les deux : une où on se regarde, une où on se lave les mains (tous les deux chacun ses propres mains), une où on s’amuse, … Si vous avez accès à des journaux de vie, c’est idéal : « je me promène », « Léa et moi nous baignons », …
Idée 2 : Le support pédagogique « Dis-moi les pronoms »
Il est à ma connaissance un des rares supports tout fait pour travailler ces notions car les actions sont déclinées en 4 possibles. Il y a des reprises anaphoriques sujet ET objet ainsi que des pronominaux.
J’adore ce support qui permet de travailler les pronoms COD des personnes dans tous les sens : on a par exemple, sur la photo ci-dessous : la maman les maquille, la maman la maquille, la maman le maquille et la maman SE maquille ( = « la maman maquille la maman »)
On pourra ensuite travailler les doubles pronominalisations avec des situations où le COI est une personne, du type : je le lui donne, elle se les lave tous les jours, elle leur parle des vacances, etc… Mais là, honnêtement, c’est de la dentelle !
Pour le travail des pronoms personnels sujet, objets directs et objets indirects, je vous conseille le support pédagogique « Qui est qui et qui fait quoi? » aux éditions L’orthoédition qui propose des cartes à manipuler et un code couleur afin de mieux s’organiser dans le remplacement de chaque groupe nominal en pronoms personnels « elles le leur donne », « il le lui donne », …
Si vous êtes orthophoniste ou enseignant(e), n’hésitez pas à me contacter si il y a des manques ou des éléments à améliorer ou corriger. 😉
Comme on avait eu pour la Saint Valentin ou encore pour le thème de Noel, dans cet article, j’ajouterai au fur et à mesure les différents supports relatifs au thème de la plage, des vacances, du soleil, bref, de l’été !
Les PDFs à téléchargés ci-dessous ne sont donc pas triés, ils sont à sélectionner selon les besoins.
Qu’est ce qu’il manque ?
Une notion que j’aime travailler car je la trouve très utile. Déjà dans le fait que l’enfant perçoive ce qui est manquant mais aussi, si c’est possible, qu’il puisse verbaliser « il manque …. ». Cette notion sera utile en mathématique mais surtout, elle est utile au quotidien dans les taches de vie quotidienne.
Pour travailler cette notion de manière « intensive », vous pouvez vous reporter à cet article qui ne traite que de cela, ou encore à celui sur le sudoku.
Les glaces à coder
Ce support va vous permettre de travailler / réviser le codage.
Il y a 4 modèles de glaces. Ces 4 modèles sont déclinés sous 3 formes différentes de codage :
– le codage avec des taches de couleurs fléchées
– le codage avec des rectangles de glaces éclatées
– le codage avec une correspondance de chiffres.
Dans le PDF, vous aurez aussi les glaces non coloriées.
Propositions d’activités
Diverses activités sont donc possibles : reproduire en coloriant comme sur le modèle, mais aussi colorier selon un des codages ci-dessus.
Il y a dans le PDF un support comme ci-dessous avec une glace à colorier et à gauche, des indications : cela vous permet de cocher quelle type de codage vous avez donné à l’enfant.
A la demande d’une éducatrice, voici les mêmes glaces mais avec des contours plus gros :
Pour colorier, si vous êtes à la plage vous pouvez aussi utiliser des Velléda ou Woody pour ne pas utiliser de feuille papier, comme ci-dessous :
Glace coloriée avec des stylos Velléda
Vous pouvez également faire retrouver / trier des paires :
L’élève devra retrouver une glace équivalente parmi les différents codages existants.
Associer une glace éclatée à une glace « réponse »
Associer une glace éclatée à une glace à flèches
Remarques quant à la fabrication du support :
Les glaces sont placées de manière à être similaires en recto-verso. Juste après avoir imprimé les feuilles, pliez les en deux sur la ligne du milieu et ré-ouvrez. Mettez la colle puis refermez.
En procédant ainsi vous aurez un beau pliage et de jolies cartes recto-verso à manipuler.
Vous vous retrouvez avec 3 bandes recto-verso comme sur la photo ci-dessous.
Découpez, ôtez les coins (si vous avez une écoigneuse) et placez chaque carte dans la plastifieuse en les espaçant. Puis redécoupez.
Vous obtiendrez des cartes, recto verso, plastifiées (parfaites pour la plage!)
Voilà, pour le PDF, c’est ici :
Les baigneurs : lecteurs et non lecteurs
Le support est disponible gratuitement mais il n’est pas en téléchargement libre.
Si vous le voulez, n’oubliez pas de vous abonner sur ma page sur Facebook, donnez votre mail dans le post « à la une » et hop, je vous l’envoie!
Ce support contient de la discrimination visuelle mais également verbale : du multicritère, de la négation, des inférences, de la lecture … 😉
Des cartes écrites permettent également à l’élève de lire pour associer selon les bons indices.
Petite remarque quant au vocabulaire.
Si vos enfants risquent d’avoir des difficultés avec le vocabulaire spécifique de la plage, vous pouvez évidement le remplacer. Il est préférable d’utiliser un vocabulaire naturel et de le renforcer en l’employant dans plein de phrases différentes plutôt que d’ajouter une sur-tache avec du vocabulaire peu connu (et qui ne sera qu’employé treeeeeeeeeees rarement). Donc, vous pouvez utiliser « chapeau » plutôt que « bob », « slip de bain » plutôt que « short », « t-shirt » plutôt que débardeur, …
Par contre, si votre élève n’a pas cette difficulté, n’hésitez pas à présenter ces nouveaux mots pour enseigner le « lexique plage ».
Voici une présentation des activités, dans un ordre de difficultés croissantes (selon moi mais ca peut varier selon les enfants)
1/ Avec indices visuels
Associer à l’identique les baigneurs :
Avec la fiche et les cartelettes illustrées. Il s’agit de bien regarder et d’apparier. J’ai eu pas mal d’enfants au cabinet en galère !! Ceux qui se ressemblent sont souvent confondus.
Associer les accessoires organisés avec les baigneurs :
L’enfant va devoir associer « les mêmes » mais il devra avant extraire les informations. Les accessoires sont disposés toujours de la même manière sur la carte (la bouée en haut à gauche, le bob à droite, …) et donc, cela facilite l’exploration visuelle.
Associer les accessoires non- organisés avec les baigneurs :
Cette fois-ci les accessoires sont mélangés (il y a un petit tourbillon sur la carte pour vous aider à les différencier de celles organisées). Cette disposition est plus complexe. Si votre élève est trop en difficulté, vous pouvez passer par une étape intermédiaire : associer deux cartes contenant des accessoires : les cartes avec les 5 accessoires organisés et celles avec les accessoires mélangés.
Si c’est trop difficile de trier les 5 d’un coup dans la boîte à compter, vous pouvez sélectionner une image et faire associer un baigneur parmi 2 par exemple.
Ici, c’est pas facile car les baigneurs ont 3 communs ; la bouée, le bob et le short. Il faut donc repérer et regarder la serviette !!
Associer les accessoires lacunaires avec les baigneurs :
Sur ces cartes (celles affichant un gros point d’interrogation gris) il manque un accessoire !! Evidemment, ce manque n’empêche pas l’enfant de pouvoir apparier les cartes aux personnes. Cependant, on va ensuite demander à l’enfant de retrouver le nom et la couleur de l’élément manquant.
Par exemple, pour le premier baigneur, il manque un short orange, sur le second, il manque le bobo rouge, …
Si l’exercice est un peu trop complexe, on peut passer par cette étape :
Associer un ensemble d’uniquement deux accessoires avec les baigneurs :
Ces cartes ne contiennent que deux éléments. Il faut donc bien analyser la situation et surtout ne pas se jeter tout de suite sur la réponse. En effet, si l’enfant regarde uniquement la serviette bleue au sol, il y a deux possibles et il risque de mettre au pif. C’est souvent la difficulté majeure dans les jeux types qui est-ce où des que l’enfant a connaissance d’un critère il prend « le premier venu » et ne regarde pas si il y a d’autres possibles également éligible sous ce critère.
L’élève va donc devoir associer en prenant bine en compte les deux éléments pour qu’il n’y ait qu’un seul possible.
La bande phrase en dessous est là pour aider mes « débutants vocaux » qui commencent à oraliser et qui sont néanmoins bons lecteurs : « avec une bouée et avec une serviette bleue »
Associer deux accessoires, un présent et un absent, avec les baigneurs :
Idem que ci-dessus mais avec des négations. Beaucoup d’articles sur ce site traitent de la négation : n’hésitez pas à aller y jeter un œil.
Je rappelle que comprendre la croix sur un élément comme étant « absence de » est une convention et que, si on ne leur apprend pas, les enfants ne peuvent pas deviner qu’il s’agit de la négation de quelque chose (voir les autres articles qui traitent de la négation sur ce site).
De la même manière que ci-dessus, on pourra faire verbaliser « avec une serviette bleue et sans bouée jaune ». Ca commence à être de jolies phrases ! 😉
2/ Avec indices écrits (ou en réceptif pour les non-lecteurs)
Si votre élève n’est pas lecteur, vous pouvez les utiliser quand même. Vous lisez vous-même distinctement et vous donnez la carte à l’enfant.
A) Cartelettes vertes claires : avec indice unique, phrase affirmative.
B) Cartelettes vertes foncées : avec deux (puis 3) indices, phrases affirmatives.
C) Cartelettes bleues claires : avec deux indices, phrases mixtes : une affirmative et une négative.
D) Cartelettes bleues foncées : avec des indices négatifs et affirmatifs mélangés et « piégeux ».
Par exemple : « short pas vert mais jaune » –> un enfant qui interprète vite aura tendance à comprendre « ni vert ni jaune » et se trompera…. si il n’a pas de difficulté avec ce genre de construction de phrase, c’est qu’il est top au point sur la négation 🙂
Dans le PDF, vous trouverez également des tableaux de données accessibles aux non-lecteurs.
Ces tableaux sont vierges afin d’être remplis dans les deux sens possibles :
— soit vous cochez et l’enfant colorie un baigneur (ou retrouve l’image d’un baigneur si le coloriage n’est pas son fort)
— soit vous donnez une image de baigneur ) l’enfant et il doit cocher (donc encoder) les informations correctes.
D’autres exercices de ce type existaient déjà sur mon site mais pas sur le thème de la plage !
Pour les enfants en difficulté dans le codage des colonnes, vous pouvez faire un léger fond de couleur le long des colonne afin de l’aider à se repérer. Cette guidance est beaucoup plus estompable que de pointer le bon endroit pour faire la croix. Par la suite, vous estomperez la couleur et ne colorierez que les colonnes au niveau de la première ligne.
Exemple de « trainées » de couleurs au crayon pour que le jeune ne décale pas ses croix.
Dénombrement de la plage : 1 à 5 éléments
A découper dans des bandes, elles permettent de varier des formats rectangles de d’habitude. Pour certains enfants, il est plus facile de dénombrer des éléments qui sont placés en ligne.
Le plus important est de bien veiller à ce que l’enfant nomme en même temps qu’il touche chaque élément afin que la « comptine récitée’ de se décale pas. On ne le voit pas bien quand il s’agit de petites collections mais il faut faire attention dès le départ car quand les collections grandissent, les nombres se décalent et on peut avoir un décalage important au final.
Les chiffres disponibles sont de 1 à 6, le 6 servant de distracteur si besoin.
Pour plus d’activités autour du petit dénombrement, vous pouvez aller par exemple là .
Trie des étiquettes en écritures chiffrées : 1 à 5 dans une BàC
Et c’est parti !!
Pour cet enfant, j’ai mis plusieurs bandes mais ca lui a posé problème.
Si je les donne une par une, pas de souci, il colle au bon endroit.
Mais si je mets des bandes comme sur la photos ci-dessous, il compte, il prend l’étiquette et après, il ne sait plus trop où la coller et la colle souvent une ligne en dessous ….
Les serviettes fléchées
Vue la cata sur les glaces, j’ai dessiné un support supplémentaire pour ne travailler que la compétence de suivre des flèches. Il y a 5 niveaux de difficulté.
Le PDF est ici.
Voici les 5 niveaux crescendo
Vous avez le choix dans l’impression des feuilles consommables qui serviront à faire colorier l’enfant. En fonction de ses difficultés motrices, vous pourrez choisir la feuille verticale (où la serviette est plus petite) ou la horizontale (serviette plus grande).
Mais évidement, vous pouvez également faire varier les tailles en imprimant en 2 pages par feuille (pour que ce soit tout petit) ou au contraire sur deux pages (pour les enfants avec des difficultés motrices plus importantes).
Modèle avec le niveau débutant : les flèches ne sont pas mêlées et sont colorées pour poursuivre la tache de couleur.
Voici le résultat du coloriage codé fini (taille de serviette grande) : j’ai coché le niveau de carte sélectionné.
Utilisation de gommettes pour un enfant qui déteste colorier !
Autre petite patiente avec une difficulté 4/5, elle s’est bien débrouillée :
Elle suit bien la flèche avec son petit doigt, ça l’aidera pour quand on passera aux flèches intégralement noires
Résultat de son coloriage avec la taille de serviette légèrement plus petite que pour l’enfant ci dessus.
D’autres articles qui traitent de cette compétence de suivre des flèches se trouvent sur le site. Un où il faut placer des Duplos au bons endroits (dans l’article ici), et un avec des éléments à coller en noir et blanc (voir ci-après) :
Et voilà pour cette année 2025, l’année prochaine, je remettrai d’autres supports !
On ne le dit jamais assez : il est important, dès que votre petit élève sait faire quelque chose, qu’il le FASSE SEUL.
Le fameux « ahhhhhh si si il sait faire ça » mais quand on teste vraiment, sans aucun indice, l’enfant ne démarre pas ou ne fait pas l’activité.
Souvent, les enfants avec handicap ne parviennent pas à s’occuper seuls : ils déambulent, stéréotypent ou manipulent 2 secondes un objet ………. mais ne jouent pas à proprement parler.
La compétence de jouer, comme les autres compétences, va devoir s’apprendre.
En attendant que cela soit travaillé et acquis (on ne va pas se mentir, souvent c’est très très long) on peut proposer à l’enfant des activités à faire en autonomie et autogestion. Cela permet de l’occuper « intelligemment » en entrainant sa motricité, son sens de la déduction, sa capacité à enchainer les tâches simples, …
Attention, des photos de boîtes seront ajoutées fréquemment, pensez à repasser par ici régulièrement !
(dernier ajout 02/06 /25, à la fin de l’article)
D’un point de vue matériel
Personnellement, j’utilise les boîtes de rangement de chez action, il s’agit de la collection IRIS, contiennent 5 litres et mesurent 34 x 20,6 x 11 cm. Je trouve ce format très pratique pour mettre les activités : elles ne prennent pas trop de place et en même temps leur forme en longueur permet d’y placer des activités de grandes tailles. Le fait d’acheter une série de boîtes strictement identiques permet de les stocker plus facilement et plus élégamment (sachant que c’est quand-même un atout esthétique discutable … 😉 ). L’objectif étant d’enchainer plusieurs boites, le fait qu’elles puissent s’encastrer les unes dans les autres va permettre de faire des piles hautes qui ne tomberont pas.
Tout dépend de l’enfant mais je vous conseille d’acheter entre 5 et 10 boites.
Il s’agit ici de tâches très simples à réaliser : ces boîtes pourront évidemment petit à petit être remplacées par des tiroirs hauts voire plus tard par des pochettes à compartiments avec des exercices-papiers, comme pour nous lorsqu’on a des documents à traiter.
L’objectif : qu’il enchaine les boites et qu’il travaille tout seul alors que vous vous faites autre chose, dans la même pièce voire dans une autre pièce !
D’un point de vue pédagogique
REGLES d’or :
On fait TOUJOURS dans le même sens : l’élève prend les boites une par une à gauche, réalise la tâche au centre de la table et pose à droite en empilant sur le couvercle de la précédente.
on ne met dans les boites que du SUPER ACQUIS !! forcément si l’enfant ne sait pas faire il va vous attendre … logique ! Vous hésitez entre deux activités : choisissez la plus facile !
une SEULE activité par boite
on sélectionne des activités avec un produit permanent : une tâche dont on pourra voir le résultat, avec un changement d’état en final qui nous permette de voir si la tâche a été réalisée ou non
on VARIE le plus souvent possible le contenu des boites : même si vous pensez que « c’est pareil », variez variez variez !! Deux trousses qui vous semblent identiques ne le sont pas : parfois le zip est plus ou moins facile à tirer, la « zipette » est plus ou moins facile à tenir, etc … En variant, vous éviter à l’apprenant de se lasser et vous lui offrez la possibilité de généraliser l’enseignement.
on repère les boites que l’enfant aime pour pouvoir composer d’autres activités funs pour lui et les mixer avec des boîtes moins attractives pour lui
favoriser des contenus « fonctionnels » ou fun pour l’enfant en question
la consigne doit s’imposer visuellement (sinon il va attendre ou vous demander ce qu’il doit faire et ce n’est pas le but)
ZERO VERBALISATION pendant que l’enfant fait ses boites à part pour lancer l’activité, une consigne du type : « fais ça ». N’oubliez pas le but est de vous estomper le plus rapidement possible et qu’il soit seul !! Je vous conseille de filmer l’enfant qui réalise son enchainement des X boites afin de pouvoir apprécier à quel point il a réalisé tout ça SEUL !! Filmer permet de voir quelques guidances dont on n’aurait pas eu conscience pendant la séquence.
Personnellement, je n’aime pas les séquentiels avec les numéros de boites car je trouve que ça rend plus difficile la tâche : l’enfant a une pile, il prend une par une les boites en les traitant au fur et à mesure et quand il a fini il peut s’en aller faire sa pause. Si cela vous semble nécessaire, vous pouvez faire une photo de l’état final attendu de l’activité et la coller dans la boite (il est important de la coller car sinon l’enfant va tenter de faire quelque chose avec) . Pour ma part, je ne le fais pas car en général les enfants savent/ trouvent quoi faire et j’aime que le SD soit « naturel ».
Commencer l’enseignement
Comme pour tout, cela a besoin d’être enseigné sans sauter les étapes et sans aller trop vite sous peine d’avoir un résultat bancal et de devoir aider l’enfant dans les étapes. Or, si on l’aide, cela n’a plus de sens !
On va commencer à présenter à l’enfant une seule boite, fermée, avec l’activité acquise qui se trouve dedans. La boite sera sur la gauche de l’enfant et on peut placer dès le départ en prévision de la suite un couvercle de boite afin de matérialiser où l’enfant devra poser sa boite une fois le travail réalisé.
On va alors guider le fait de prendre la boite, l’ouvrir, sortir les éléments pour réaliser l’activité. L’élève réalise ensuite l’activité et on l’aidera pour replacer l’activité dans la boite sans redéfaire ce qu’il vient de produire. Notre aide devra se cantonner à la gestion de l’organisation et aux petites manipulation autour la boite (les verbes en orange) et non sur l’activité.
Dès que 2 boites seront acquises séparément, on pourra poser à gauche de l’enfant deux boites l’une sur l’autre et lui faire poser.
Exemples et idées :
Ici, je vais tenter de mettre des idées SIMPLES et FACILES à réaliser avec des objets du quotidien ou des jeux pas chers. L’objectif est de faire des boites destinées à des enfants petits ou en grande difficulté car c’est souvent pour eux que les idées manquent. Evidemment si vous avez d’autres idées, je suis preneuse et les ajouterai dans cet article !! 😉
ATTENTION : l’objectif n’est pas d’acheter des éléments pour faire exactement les mêmes boites que moi !! Le but ici est bel et bien de trouver des choses dans votre environnement à vous, qui soient accessibles et si possible gratuites, afin de varier et de mettre dans vos boites des objets « de la vraie vie ». Faites le tour de votre maison ou de la structure dans laquelle vous travaillez et attrapez des choses pour constituer des supers boites qui changent de celles de la veille ! 🙂
–> Des pinces et des éléments à pincer.
Ici, un pull rouge et une très grosse pince (très souple) rouge. Ici, le sens de la pince est facile à repérer car c’est souvent ce « détail » qui pêche … Variantes et évolutions: réduction de la taille des pinces et correspondances couleurs entre les pinces et les éléments, …
Une variante plus complexe: pincer sur le tissu de la couleur de la pince.
Niveau difficile des pinces : elles sont toutes petites et l’élève doit les placer sur les pastilles de couleur :
–> Des éléments à ranger dans une trousse ou pochette zippée.
Ici, un lot de petits singes à mettre dans la pochette et refermer la pochette avec le zip. Variantes et évolutions: feutres avec une trousse, crayons, cartes à jouer, …
Variante avec une pochette non-zippée mais à coulisse. Contrairement à la trousse rigide ci-dessus, il faudra maintenir la gueule du sac ouverte pour ranger les disques verts!
Lot de lingettes démaquillantes de chez Action avec son sac vendu avec.
Une sacoche et des cartes de jeux : il faudra les ranger et fermer le zip.
Une boite métallique de jeu et des cartes : il faudra les ranger et fermer la boite.
Mettre les jetons dans les cases (un par case).
Ranger des dosettes de café dans un « tube à dosettes ».
–> Des « tirelires ».
Ici, il s’agit d’une bouteille de crème fraiche (vidée 😉 ) avec une fente et l’enfant doit insérer les jetons dedans.
Variantes et évolutions : des bâtonnets genre bâton de glace où l’enfant sera obligé d’orienter, des cure-dents dans un mini trous, des jetons plats, …
Tirelire avec tout petits bâtonnets.
–> Des puzzles à encastrements
Ici, délibérément faciles. Variantes et évolutions : des puzzles en carton et avec de plus en plus de pièces.
Ci-dessous, un puzzle à deux pièces en carton qui tient dans la boite même lorsque les pièces sont assemblées :
–> Des picots à insérer dans la grille.
On en trouve facilement : une grille et quelques picots selon le niveau de l’élève. Variantes et évolutions : des puzzles en carton et avec de plus en plus de pièces.
Une variante avec ce même matériel : l’apprenant doit ranger les picots dans la boite grillagée.
–> Des perles à enfiler.
Ici, un lot de un fil chenille (donc épais et rigide car il contient un fil de fer) et des perles avec de gros trous! Variantes et évolutions : fils plus fins et/ou souples et perles plus petites, …
–> Challenges de motricité.
Ici, on met des élastiques autour de la balle à picots : l’enfant doit les enlever. On peut également mettre une petite boite pour les mettre dedans après :
Monsieur Jaune : une balle de tennis fendue (plus la fente est longue, moins il faut de force pour appuyer sur les côtés pour ouvrir la bouche) et des jetons plats.
Variantes et évolutions : fente plus courte et plus de jetons.
Le fouet et des pompons : l’objectif est de « délivrer » les pompons coincés dans le fouet et de les mettre dans la petite boite en plastique.
Cela travaille la différenciation des doigts, le bimanuel et la planification.
–> Des feutres ouverts qu’il faudra refermer.
Ici, un lot de trois corps de feutre et trois bouchons. Variantes et évolutions : un tube de dentifrice vide, un pot de confiture et autres pots variés où l’enfant retrouvera le bon bouchon et le placera sur le bon récipient.
–> Des éléments à ranger dans des boites.
Ici, un lot de feutres et une boite transparente. Variantes et évolutions : différents éléments à placer dans des boites dont les systèmes de fermeture seront plus complexes (par exemple avec des ailettes à rabattre).
–> Des éléments à visser
Ici, il s’agit de fermer deux pots de confiture dont les tailles sont très différentes. Le geste est complètement différent de fermer une boite car il faut faire pivoter son poignet pour visser les couvercles.
Variantes et évolutions : différents pots avec des tailles plus proches, des vis avec des écrous pour enfants, …
Vissanimo de chez Djeco : petits filetages, pour que ce soit plus facile, j’ai ôté une partie du jouet (les ventres).
–> Des feuilles avec des tampons / feutres et des zones
Ici, un tampons auto-encrés et une feuille (à imprimer de ce site). Variantes et évolutions : différents exercices où on peut coller des gommettes ou tamponner ou colorier des éléments dans des zones.
Mettre un tampon dans chaque cercle.
Petit coloriage : attention, ce doit être acquis. A réserver aux enfants très à l’aise avec le coloriage.
Vous trouverez de nombreux petits exercices « teacchables » sur ce site, à choisir selon le niveau et les envies de l’enfant.
–> Jeu type Colorino avec des jetons à placer.
Ici, tous de la même couleur car il n’est pas question de reproduire une image particulière. Il faut « juste » les encastrer sur les tétons.
Variantes et évolutions : Colorino avec modèles précis à reproduire avec différentes couleurs (il y en a sur le site)
Variantes et évolutions : avec des Duplos à assembler pour former une tour.
On peut évidement par la suite mettre un modèle en image à reproduire, comme ci-dessous :
La carte est scotchée verticalement dans la boîte afin d’apparaître clairement.
–> Challenge « vie quot’ « : avec des tâches de la maisonnée.
Ici, chaussettes de bébé à associer par paires et à retrousser pour les maintenir ensemble.
Je rappelle que dans ces boîtes, l’enfant doit MAITRISER cette activité, ici on n’apprend pas, on enchaine des tâches acquises.
Variantes et évolutions : On peut aussi ajouter 4 pinces à linge et l’enfant devra les coupler deux par deux avec une pince.
Variantes et évolutions : On peut, selon l’âge de l’enfant évidement, lui faire habiller des poupons :
Là faut lui remettre son pantalon !
Variantes et évolutions : le tapis à boutonner, l’enfant doit enfiler la boutonnière de la fleur sur le bouton de la pelouse (support à fabriquer) :
Variantes et évolutions : des sachets ouverts avec des pinces à placer sur les ouvertures pour fermer les sachets.
Variantes et évolutions : Plier du linge carré, ici des lingettes en vrac : l’objectif est évidemment de tout plier (enseignement déjà fait, l’enfant SAIT DEJA plier !!)
–> Tris selon des critères (couleurs, tailles, formes, quantités, etc.).
Ici, j’ai mis des petits pots refermables (faciles à ouvrir et à fermer) et l’enfant devra trier par couleurs puis fermer les pots.
Ici, seulement 2 pots avec 2 couleurs différentes.
Trois pots (étiquetés avec une couleur mais ils pourraient ne pas l’être!!) avec des pompons de trois couleurs différentes. L’enfant va inférer qu’il doit trier et fermer les couvercles avant de tout remettre dans la grande boite.
Variantes et évolutions : des abaques de chez Nathan. L’élève est habitué à ce type de tri sur des piquets et donc, c’est un acquis pour lui : il peut faire seul et sans erreur.
L’enfant sait faire ça, il trie donc facilement. Mais attention, ce ne serait pas le cas d’autres enfants…. c’est à choisir avec attention pour chacun d’eux !
–> Jeux premiers âges classiques
Ici, j’ai pris un jeu de gobelets à encastrer ; on peut en mettre moins en choisissant un gobelet sur deux par exemple pour que les différences soient plus flagrantes et que l’activité soit plus rapide à exécuter.
Il faut mettre les gobelets les uns dans les autres.
Gobelets gigognes à mettre les uns dans les autres
Il faut mettre ensemble les deux parties pour reconstituer les aliments.
Ici, il faut refermer les œufs.
Oréo : il faut associer les deux parties.
Ici, placer les œufs dans les emplacements creux.
Ici, jouet avion à assembler.
Ici, jeu de motricité : il faut déplacer des petites boules dans la grosse boule transparente.
–> Petits éléments à conditionner
Ici il s’agit d’un emballage de jetons avec les jetons à replacer et le carton à coulisser pour refermer le paquet à la fin.
Et voilà : l’élève a réalisé tout avec succès !! 😉
Autre exemple ; mettre des élastiques autour d’une cartonnette :
Ranger des trombones sur un papier cartonné ;
Ici trois trombones à placer. Par la suite, on peut complexifier en mettant plusieurs papiers à assembler, ajuster puis à mettre ensemble avec un trombone.
Variantes et évolutions : pour préparer à des exercices de conditionnements, on pourra aussi mettre des petits emballages (sachets / boites transparentes /…) avec une quantité stipulée dessus. Le jeune devra faire des lots de 10 (ou 20 ou 50 exemplaires) en les plaçant dans les emballages prévus.
Des boîtes avec une quantité : l’enfant doit mettre la quantité demandée dans les boites.
–> Activités avec scratchs
Vous pouvez également mettre des petites activités « scratch » aussi pour changer un peu. Cependant, ATTENTION de ne pas tomber dans le « tout scratch » : profitez du fait d’avoir des boites pour mettre des choses à manipuler car les enfants aiment et cela permet de continuer à entrainer la motricité fine !!!
Fiches avec des petites quantités de 1 à 3 inclus.
Propositions pour les plus élèves plus grands
Ajout du 02/06/25 :
Ouvrir un anti-vol de vélo avec le code
Rembobiner une ficelle
Gonfler un ballon avec un gonfleur
Conclusion
L’important sera de mettre de l’acquis et de changer continuellement le contenu pour que l’enfant « découvre » et continue à être motivé pour ces tâches. Idéalement, il faudrait que l’enfant ne fasse jamais deux fois la même boite. Lorsque cela est possible, essayer de prendre les mêmes éléments mais de créer des challenges différents. Par exemple : les perles qui servent à faire un collier vont servir la prochaine fois à faire uniquement du tri de couleurs puis serviront à être comptées pour être mises par lot de 5 dans des petits pots individuels.
Respectez le sens : l’élève prend les boites une par une à gauche, réalise la tâche au centre de la table et pose à droite en empilant sur la précédente.
Quand l’enfant maitrise bien, qu’il peut se permettre de moins manipuler, on peut passer à des exercices plus en 2D, comme des classeurs d’autonomie (voir cet article là) puis des exercices-papier de boite à enchainements (voir là) pour enfin n’avoir plus qu’une pile de papiers, comme sur nos bureaux à nous. :-p
(Merci Maitresse Aline d’avoir corrigé mes fautes )
Le titre est bien explicite : l’idée dans cet article est de comprendre la différence entre « et » versus « de … jusqu’à » et tous leurs dérivés.
Ces notions sont importantes car elles permettent de mieux comprendre son Emploi du Temps (« de vendredi à dimanche ») et d’une manière générale la notion de durée (« de 8h à midi »).
Avec les pingouins (ou une bande numérique quelconque avec des petits personnages)
L’adulte verbalise « 2 ET 7 » –> normalement l’élève sait le faire. Il a l’habitude de ce genre d’exercice.
Puis, on prend exactement les mêmes chiffres et on remplace « et » par « jusqu’à » : l’élève va surement faire pareil qu’avant : il va placer 2 pingouins aux deux bornes et là, on le guide pour qu’il « remplisse » entre les deux valeurs. On va donc mettre en concurrence les deux : « X et Y » différent de : « X jusqu’à Y »
Une fois que l’élève est à l’aise, il va falloir qu’il comprenne qu’on peut dire « X jusqu’à / jusqu’au Y » mais aussi dire « X à/au Y ». En général, ce stade, ca va tout bien car il a appris à être attentif.
Puis, on prend des jours de la semaine par exemple :
Ici, j’ai pris des étiquettes pour que la forme soit semblable à l’exercice précédent. Petit à petit, on façonnera pour, à terme, utiliser l’emploi du temps de l’élève.
Pour aider un peu mon élève, j’ai tracé une flèche sous le mot « jusqu’à » : c’est une guidance que j’enlève très rapidement.
Dans une frise complète du mois
Il s’agit ici de la frise pour le mois de mars 2025. Je ne sais pas si je mettrai à disposition tous les mois mais je vais essayer de le faire le temps que les enfants avec qui je travaille ça comprennent.
Il faut imprimer et découper ce PDF et coller comme ci dessous sur le photo :
On colle sur les surplus de papier qu’on laisse lors de la découpe.
La frise du mois est coupée en bandes puis assemblée pour former une longue bande!
Au début, il va s’agir de repérer le jour d’aujourd’hui :
Puis, on dit des dates et l’élève doit les repérer :
– le 5 mars?
– le 31 mars ?
– le …
Cet exercice va nous permettre d’observer si l’apprenant s’organise dans sa recherche sur le mois : va-t-il chercher les grands nombres plutôt sur la droite et les petits au contraire au début de la frise ou cherche-t-il au hasard?
Les dates en condensées également vont pouvoir être associées :
Ici, l’enfant place les flèches correspondantes aux dates : il doit la verbaliser à chaque fois.
Là, j’ai sélectionné une date avec un jeton bleu et l’enfant doit écrire la date en abrégée dans la partie grise des flèches vierges.
Ensuite, on va pouvoir poser des consignes telles que : « et demain? » et l’enfant devra placer son jeton au jour d’après … et d’autres consignes du même type.
« Tous les lundis »
Une fois que l’enfant parvient à repérer des jours précis qu’on lui dicte (ou qu’on lui écrit pour les lecteurs), on peut continuer avec des instructions comme celles qui figurent dans le PDF.
Cette page de consignes est destinée à être lue et cotée par l’adulte mais si vous travaillez avec des enfants qui sont à l’aise à l’écrit, ils peuvent aussi la remplir eux-mêmes. Ces consignes servent à voir où sont les difficultés de votre élève afin de travailler intensément chaque étape, classée des plus faciles aux plus complexes.
Les 3 parties séparées représentent des notions différentes.
Arrivent maintenant les périodes de plusieurs jours avec :
— « de telle date à telle date ».
— « pendant » cette semaine
— « la semaine d’avant telle date »
— « la semaine d’après telle date », etc.
Ici, elle doit sélectionner « toute la semaine » : du lundi au dimanche. Pour l’aider, je ne lui ai donné que 7 jetons 😉
Les jetons transparents permettent de voir au travers les jours sélectionnés.
Des activités d’écoute et de productions orales
Lorsque l’élève est à l’aise en compréhension orale (et écrite pour les lecteurs), on va pouvoir lui apprendre à verbaliser des intervalles, c’est-à-dire, qu’il puisse dire « de tel nombre à tel nombre » (et plus uniquement le comprendre).
Pour travailler cela, vous pouvez prendre les petites fiches ici (que vous pouvez plastifier) ainsi que des fiches à colorier. Je vous conseille d’imprimer au minimum 4 pages par feuilles voire moins pour avoir des petites surfaces à colorier car l’objectif n’est pas de passer des heures à remplir les cases !!
Ensuite :
1) Vous lui faites une dictée du type ; « prends le feutre bleu clair, colorie le 3, le 5 et le 10 », puis « prends le marron, colorie du 1 au 4 » et ainsi de suite.
2) Ensuite, c’est vous qui coloriez et lui qui vous dicte : vous guidez de façon à ce qu’il n’énumère plus tous les chiffres « colorie 1, 2, 3, 4, et 5 » comme il risque de le faire au début mais qu’il dise bien « de 1 jusqu »à 5″. Si il dit « 1 et 5 », vous ne coloriez QUE le 1 et le 5 pour qu’il perçoive que selon sa consigne, vous ne colorierez pas les mêmes cases !!
Les élèves aiment ce type d’exercice quand c’est nous, les adultes, qui bossons ! 😉
Là, l’enfant me dicte ce que je dois colorier : il met son doigt pour ne pas se tromper.
Une erreur de verbalisation : toute la zone a été colorié en rouge au lieu des deux extrémités.
Pour travailler sur les notions de temps et de durées, vous trouverez d’autres articles complémentaires sur ce site dans les rubriques plus spécifiques (cf moteur de recherche avec les heures ou les dates).
Ici, il sera question de prendre conscience des différentes vues, des superpositions, et des perspectives; les vues de face, de profil, de dos, de dessus, de dessous ….
Les prépositions spatiales (devant, derrière, gauche, droite, dessus, dessous) sont traitées dans plusieurs articles : vous pouvez saisir les mots-clefs dans le moteur de recherche.
Un article dédié à l’orientation se trouve là.
Pour comprendre les points de vue : de face, de dos et de profil il va falloir surtout manipuler et se déplacer autour de ces éléments une fois placés.
Vues de face, de dos et de profil
Activité 1 :
Playmobils avec reproduction : de face, de profil et de dos. (PDF ici)
J’ai pris en photo des rangées de Playmobil afin de travailler la manipulation des personnages, l’élève devra tourner son personnage pour obtenir la même vue.
Au début l’enfant doit juste reproduire ce qu’il voit et prendre conscience que le playmo a « plusieurs côtés ».
Ensuite, on pourra nommer ces positionnements : « vue de face, vue de face, vue de profil, … ».
Vous pouvez évidement faire vos propres photos avec vos figurines : inutile d’imprimer, vous présentez la tablette à l’enfant et il la reproduit d’après l’image sur la tablette.
Ci-dessus, sur la photo, c’est un exercice où l’enfant place les personnages playmobils dans le bon ordre et dans le sens indiqué. On pourra ensuite faire cet exercice en PACE, en dictée : un des deux a la photo et décrit ce qu’il voit et l’autre doit placer les figurines selon les consignes dictées. On vérifie grâce à la photo.
Version avec photo imprimée.
Activité 2 :
Décrire des images avec des personnes sous différents points de vue.
Ici, il s’agit d’un jeune qui est lecteur. L’écrit va donc l’aider à bien prononcer ces expressions qu’il découvre.
L’enfant pourra décrire plus tard : « c’est une femme, vue de dos », « c’est un homme, vue de profil » etc.
On demandera à l’élève : « donne moi la dame vue de dos », « donne le monsieur vue de profil », … parmi des cartes avec un homme vue de dos et une dame vue de profil par exemple.
Ce type d’exercice va préparer la compréhension de la description que l’on va retrouver dans les exercices d’inférences type « passe-temps » qu’on retrouve ici.
Jeux du commerce :
Dans le commerce, il existe deux jeux que j’aime particulièrement.
1) Le magnifique jeu « Sur un arbre posés … »de chez Smartgames (article entier ici) que je trouve incontournable dans le handicap pour le côté moteur en plus de son travail de la logique. Je l’utilise d’ailleurs souvent en n’utilisant que le coté solution : l’enfant doit reproduire ce qu’il voit avec les oiseaux dans le bon sens.
2) Avec Reverso : sans même parler de faire les défis en tant que tel, la simple reproduction des modèles n’est pas si simple, justement !
L’article dédié est là.
Les différents plans et les superpositions :
Jeu du commerce avec différents plans :
Nathan avait édité plusieurs supports pédagogiques avec des éléments à placer (Toporama, Atelier de Topologie).
Ce sont cependant des supports relativement chers (résistants et en bois) adaptés aux écoles : on en trouve parfois sur le marché de l’occasion.
Il existe une version dans le « Kit Maternelle » qui n’est plus édité mais qu’on trouve souvent en occasion.
On peut également en fabriquer avec des jouets (Playmobil encore une fois ou autre) en faisant des photos de scènes avec des éléments qui sont devant et d’autres derrière, comme ci-après.
Dans ce matériel pédagogique, il y a des fiches à reproduire et des éléments en bois à coincer à la verticale dans le support. Les fiches ont une difficulté croissante.
Ici, il faut que l’enfant comprenne que l’arbre n’est pas « coupé » mais que le cheval est devant l’arbre et c’est pour cela qu’on ne voit pas le bas de l’arbre. Pour beaucoup d’enfants, c’est « évident » mais pour d’autres, c’est vraiment une difficulté…
Ici, il y a une scène plus complexe avec des éléments répartis sur trois plans.
Jeu du commerce avec différentes superpositions : Space Placement
Il s’agit d’un petit jeu avec des bâtonnets, des pastilles de couleurs vives et des cartes. L’avantage est que tous les éléments sont en double donc vous pouvez le faire en « vrai ».
Dans un premier temps, je vous conseille de le faire en reproduction réelle : vous retournez deux cartes pour vous faire des fonds vierges et vous faites un modèle en superposant les éléments (oui car c’est le but de l’exercice 😉 ). Ensuite, l’enfant doit reproduire sur sa carte à lui la même construction en veillant à superposer correctement.
Ci-dessus par exemple, il va s’agir de poser d’abord le bâton PUIS de poser la pastille rouge dessus.
J’ai ensuite redessiné des cartes afin de s’entrainer avec des modèles imprimés et où la superposition est donc moins visible.
Les deux premières pages du PDF contiennent des modèles avec des superpositions, les autres permettent de varier et de travailler en dictée de placement pour ceux qui voudraient allier le tout au verbal.
Vous pourrez ensuite présenter les « vraies » cartes disponibles dans le jeu :
Jeu du commerce avec différentes superpositions : Code Couleur
Ce jeu de chez Smartgames est assez connu des orthophonistes et des ergothérapeutes.
L’enfant dispose de petites plaquettes transparentes qui doivent, premièrement, être orientées correctement, mais également, être superposées dans un ordre précis pour reconstituer le modèle sur une image. Ces deux dimensions sont à travailler séparément si cette activité vous parait trop complexe.
Afin d’aider l’enfant à s’organiser, je vous conseille au départ de sélectionner les bonnes plaquettes et d’introduire petit à petit des distracteurs.
Vues de face et du dessus
Jeu du commerce : Logic City
Dans ce jeu du commerce, il est question d’agencements et de perspectives. Les cartes fournies présentent : au recto : la construction à faire vue de face et vue du dessus (comme sur la photo ci-après) et au verso : la construction vue de 3/4 pour vérifier sa réponse.
On a des agencements de maisons à reproduire avec des vues du dessus et de face.
Si l’élève a des difficultés en visuo-spatial, une première étape peut être de reproduire la construction coté solution. Petit à petit on présentera les défis.
Jeu de construction avec plan
Certains jeux de constructions, lego ou autres, sont vendus avec des livrets de montage avec des vues de dessus, dessous, … L’objectif étant de suivre des étapes une par une pour réaliser la construction. En plus des traditionnels engins de chantier, il existe des modèle très « fifilles » avec des licornes et des châteaux de princesses.
J’aime particulièrement ceux de chez action, qui coutent dans les 2€, et qui sont miniaturisés :
L’enfant avec qui j’ai travaillé cela a eu énormément de mal : le visuospatial est clairement son talon d’Achille. En étant guidé, ca a été mais j’ai du faire des dessins complémentaires.
En revanche, il était AUX ANGES d’avoir réussi à monter cette voiture !
Jeu du commerce : Hôtel Logic
Ce jeu est extrêmement complexe. Honnêtement, je le conseille uniquement si vous avez des jeunes hyper performants qui aiment ce genre de défis cognitifs car les challenges sont rapidement très (voire trop) complexes à réaliser.
Il s’agit de placer des bâtonnets de bois en fonction des indications sur la carte où figurent une vue de chacune des faces de l’immeuble. Les défis ont une difficulté croissante.
Jeu du commerce : Recto verso de chez Tiki Éditions.
J’adore ce jeu car il est question de performance visuelle mais également, de communication.
Je vous conseille de placer le couvercle de la boite en dessous afin de réhausser le plateau à hauteur des yeux : ce sera plus facile. Ensuite, on regarde une carte qui a un recto et un verso et chaque joueur doit réaliser le challenge d’après ce qu’il voit. Il va falloir discuter afin de se mettre d’accord sur certains placements car cela peut ne pas convenir à la construction que l’autre doit obtenir.
Avec ce jeu, on comprend donc que selon le coté où on se trouve, on ne voit pas la même chose! et on devra se parler et échanger afin que les deux obtiennent la figure demandée dans le défi.
Ce jeu collaboratif est normalement contraint par des timers avec des temps impartis mais évidemment, vous pouvez jouer sans !
Les playmobils
Ci-dessous, je vais vous décrire une activité telle que je l’organise au cabinet avec mes propres playmobils. Vous pouvez reproduire cette méthodologie également en prenant en photo et en imprimant vos modèles sur ce même principe. A défaut, vous pouvez quand même imprimer les PDF et faire travailler « de tête » en abstraction « quel animal voit quelle face? »
Le PDF est ici.
Première étape:
Je présente au jeune les différentes cartes qui représentent différents points de vue de la même scène et je vois si il parvient à les reproduire ou non. Si il n’y arrive pas, il faudra aller travailler avant les orientations (voir ici notamment). Si c’est ok, on poursuit.
Idem avec la voiture et les autres objets à orienter.
Deuxième étape:
On va ensuite placer les éléments comme la scène vue de dessus : on place les animaux tout autour.
Ensuite on va attribuer « qui voit quoi? » …
Pour y parvenir, il faudra que l’enfant se déplace autour de la table pour aller voir les différentes faces selon l’endroit où il se trouve.
Pour les dessinateurs en herbe …
Pour les enfants qui aiment dessiner et qui se débrouillent bien, on va pouvoir leur demander de reproduire en dessinant chaque face d’une scène.
Par exemple, ci-dessous, la voiture vue sous différents angles ainsi qu’un décor de playmobils (collés avec de la pate à fix)
Il existe bien évidement d’autres jeux du commerce pour ces notions de point de vue mais je ne les ai pas 😉
–> On pourra ensuite aller vers des concepts plus abstraits tels que la question des liens familiaux et du changement de point de vue : la maman de maman, le grand-mère de papa, .. sera abordée dans un autre article, sur la famille !
Ce jeu de chez Learning Resources est composé de 20 formes en plastique (avec des couleurs différentes et différents motifs) et de fiches avec des défis (recto-verso, donc 40 challenges en tout). C’est un jeu assez sympa car les formes sont grosses (environ 5 cm) et il y a possibilité de faire des activités variées grâce à ce matériel.
Cependant, le jeu originel est EXTREMEMENT complexe : les défis sont incroyablement difficiles.
Je ne l’utilise donc jamais dans toute son intégralité : j’utilise l’illustration des cartes-défis mais jamais les défis en tant que tel.
Ici, je vais donc vous proposer diverses activités à partir de ce matériel : de la perception visuelle évidement mais aussi de la mémorisation, de la reproduction de modèles, de la compréhension, de la dictée de figure complexe, …
Vous pourrez imprimer un PDF des pictogrammes de CAA si besoin ainsi que des cartes de constructions simplifiées.
Travailler sur les formes, les couleurs et les motifs :
On va pouvoir faire des activités classiques de discrimination, telles que : « où est le carré/cube violet? montre-moi le rond / cercle qui n’a pas de rayures, trouve la croix orange, …
Ou encore, en ligne, l’élève va tacter la couleur, le motif ou la forme ou encore en réceptif où l’enfant va devoir montrer la bonne couleur/motif/forme en autoclitics.
Travail de perception et reproduction de modèles :
Pour que l’enfant apprenne à reproduire un modèle d’après image, il faudra qu’il en ait la compétence motrice, qu’il s’organise dans sa chaine d’actions, qu’il regarde le modèle, qu’il prenne la bonne pièce, qu’il la place, qu’il re-regarde le modèle et ainsi de suite, en commençant par le bas.
Bref, comme d’habitude, cela demande plusieurs compétences qu’il faudra travailler une par une si nécessaire.
Par exemple, si l’enfant peine à mettre les éléments les uns sur les autres, on va commencer juste par lui faire empiler et non lui faire reproduire une image!
Dans ce jeu, il y a des boules qui ne sont pas évidentes à superposer car l’enfant doit comprendre et orienter la pièce de manière à trouver le méplat qui permettra à la pièce de ne pas rouler!
Ici, l’enfant est en difficulté au niveau moteur : il peine à faire tenir les formes les unes sur les autres, il n’ajuste pas son geste et n’utilise pas son autre main pour stabiliser, l’édifice tombe systématiquement. La compétence motrice sera à travailler avant afin d’aller doucement vers la reproduction d’un modèle.
Voici mes étapes, qui ne sont surement pas universelles mais qui peuvent vous servir à construire une progression à petits pas.
Etape 1 ; en parallèle, chaque élément un par un.
Ce travail se fait en 3D. Je vous conseille de mettre deux petits « tapis de placement » (ci-dessous, il s’agit d’un post-it orange) afin de circonscrire les zones où placer sa construction.
Le travail va se faire en imitation, l’enfant devra bien observer l’adulte.
L’instructeur et l’enfant ont chacun un lot de pièces identiques – par exemple 3 formes ainsi qu’un petit tapis.
L’adulte prend une pièce et la met sur son tapis, l’enfant doit regarder et prendre la même pièce dans son lot et faire de même. L’adulte prend la seconde pièce et l’élève doit à nouveau observer et mettre au bon endroit cette seconde forme (sur l’exemple de la photo c’est facile car c’est un totem mais on peut évidement faire des modèles où on pose à coté à gauche ou à coté à droite.) ATTENTION à ne pas verbaliser, l’enfant doit juste observer : PAS de blabla du genre tu vois on met à gauche la sphère blabla -> non!
Cette étape va apprendre à bien observer, à se familiariser avec le « parcours » de la pièce, à manipuler les objets pour ne pas qu’ils tombent, à comprendre qu’une construction se commence du bas, …
Reproduction avec un modèle en réel, sur un petit post-it (pour aider à se repérer pour le premier cube) et on construit ensemble en imitation. Je prends un, l’enfant prend le même et le met au même endroit, …
Etape 2 ; on fait un modèle en vrai et l’enfant le reproduit.
Seconde étape de reproduction : cette fois-ci l’adulte construit le modèle en entier en 3D, puis, l’enfant construit la même tour. Les deux sont en « vrai » donc l’enfant peut facilement comparer sa construction.
D’une manière générale, on NE PARLE PAS, on va guider l’enfant en lui faisant pointer (à lui-même, ce n’est pas vous qui pointez, c’est lui!) la première pièce à placer (celle en bas) et l’enfant va chercher la même pièce et la place dans son espace pour commencer la construction. Puis, on le guide pour qu’il pointe la seconde pièce, etc, …
Il doit apprendre à pointer /regarder la pièce en autonomie pour ensuite pouvoir reproduire tout seul une construction. Si c’est vous qui pointez la pièce à prendre l’enfant ne le fera jamais en autonomie, il attendra votre pointage!
Etape 3 ; on montre un modèle dessiné et l’enfant le reproduit.
Ci-dessous, on progresse. Il va s’agir de reproduire un modèle en 2D. Evidemment, c’est plus complexe qu’avec un modèle réel à reproduire, j’ai donc verticalisé mon image (sur l’ipad) afin de réduire la difficulté au maximum. En effet, le changement de plan augmente la complexité : mettre le modèle à plat sera en effet encore plus complexe pour mon élève qui devra, lui, construire en hauteur.
Voici un PDF où j’ai dessiné les formes afin d’avoir des modèles plus simples que ceux proposés par Learning R.
Vous pouvez imprimer et verticaliser les images pour aider l’enfant avant de les mettre bien à plat pour rendre la tâche plus complexe.
Reproduction d’un modèle de 2 pièces sur Ipad verticalisé, avec des distracteurs.
Reproduction d’un modèle de 4 pièces sur Ipad verticalisé, avec distracteurs.
Les fiches fournies dans le jeu suivent une progression croissante de difficulté mais comme dans la plupart des matériels du commerce, l’exigence augmente rapidement :
Exemple de reproduction d’une construction qui provient d’une fiche fournie dans le jeu.
Travail de langage : dictée de formes.
Les cartes simplifiées dessinées ci-dessus peuvent également servir à un travail de verbalisation.
L’enfant a une carte et doit décrire ce qu’il y voit et nous dicter quoi faire pour reproduire la figure : « Tu prends un rond bleu, pose, tu prends un carré orange et tu le mets à gauche du rond bleu, …etc. »
Evidemment, ce travail peut être fait dans l’autre sens : on explique à l’élève quoi faire oralement et celui-ci doit nous écouter et faire la construction SANS support imagé. On lui montre ensuite l’illustration pour vérifier sa production.
En général, les enfants aiment beaucoup ce format d’exercice où l’adulte travaille aussi !! 🙂
Travail de mémoire
Toujours à partir des cartes simplifiées de mon PDF, l’élève regarde l’image quelques secondes et on retourne la carte. Il doit ensuite reproduire la construction de mémoire.
Je vous conseille d’utiliser mes fiches simplifiées car de mémoire, c’est vite compliqué : chaque pièce comprend plusieurs critères (la forme, sa couleur et son motif) alors la mémoire est vite surchargée.
Travail de discrimination et de compréhension :
Enfin, avec ce matériel, on va pouvoir aborder des consignes de repérage complexes telles que : quelle forme est à droite? quelle couleur est la boule à gauche? quelle forme est en double? quelle forme il manque? quel motif est sur toutes les formes?
Quelle est la forme manquante? L’enfant doit verbaliser « il manque la forme croix ». Afin de l’aider, je lui ai mis une bande des possibles de formes et une des couleurs.
Voire même des consignes plus complexes comme celles proposées dans les défis, telles que sur le défi ci-dessous : 😉
Bref, ce matériel permet de travailler des compétences bien variées, et ce avec des enfants quelque soit leur niveau. Avec ses couleurs bien flashies, il est assez chouette et est en quelque sorte un matériel générique pour des séances en ITT
Les abaques servent à la base à faire des mathématiques en permettant de traiter le calcul de très grands nombres.
En général, ils sont plus utilisés fréquemment chez les petits pour la motricité, le tri et parfois de petits calculs.
Différentes marques et modèles
Vous trouverez en brocantes ou en occasion beaucoup de modèles différents pour les petits. Le plus facile étant un seul pic sur lequel on vient placer de très gros anneaux à tenir à deux mains.
Ce type de modèle est simple … si on fait abstraction de la sériation par tailles, bien sur !
Il permet de travailler la motricité : mettre ou enlever les anneaux de la tige.
Abaque Lamaze- premier âge.
Ensuite, il y a beaucoup de petits abaques de type culbuto : avec une ou plusieurs tiges, ces modèles sont intéressants car ils demandent à ce que l’enfant stabilise avec sa main non dominante le support afin de faciliter le placement dans le trou des formes.
Abaques de type culbuto avec un support à bascule.
Et enfin, il existe des abaques plus spécifiquement conçus pour le tri, la reproduction de modèles visuels, ou le dénombrement.
En fonction des marques, les formes à enfiler auront des petites différences qui pourront avoir des répercutions sur les performances de l’enfant.
En effet, les abaques de Nathan présentent des petits rebords autour du trou qui rendent parfois la tâche complexe. Chez Miniland, par exemple, ce rebord est encore plus saillant et certains enfants ne parviennent pas du tout à enfiler les formes sur les tiges!
Il existe également des abaques Numerano de chez Nathan (sur cette photo avec une utilisation détournée) que j’utilise uniquement pour la motricité et le dénombrement simple sur une seule tige. Les éléments carrés sont pratiques car ils ne tournent pas et qu’ils n’ont pas de rebords, donc ils sont plus faciles à enfiler.
Numerano Nathan. (utilisation non conventionnelle)
Le tri de couleur et de forme
Les abaques de Nathan sont un grand classique dans les maternelles.
En général, je commence avec deux pics (un à chaque extrémité) et deux formes / couleurs. Puis, j’ajoute une troisième forme / couleur et ensuite je mets les 5 tiges avec 5 formes / couleurs.
Il faut que l’élève soit en capacité de trier ces formes dans des boites avant de lui demander de le faire sur des tiges car enfiler sur les abaques demande une certaine motricité.
La version chez Miniland est moins chère que celle de chez Nathan et se trouve plus facilement d’occasion.
De plus, vous trouverez dans les abaques Miniland de grandes fiches avec une difficulté croissante qui présentent des petits codages (genre tableau-double entrée). Vous pouvez en acheter ici.
Abaques de chez Miniland.
Numération
Ça paraît logique, mais si l’objectif est la numération et non la motricité, il convient que cette dernière ne soit plus un souci avant de s’en servir en tant que support pour les mathématiques.
En général, je commence avec un seul pic et une seule consigne (sur la photo c’est une consigne double avec quantité + couleur)
Vous pouvez imprimer les bandelettes ci-après afin de travailler sur des compétences variées de tri :
Trier violet VS rose et inhiber le fait de mettre des éléments sur tous les pics. Les « X » signifient pas d’abaque.
Sélectionner le bon éléments avec 3 critères associés (ici, ils sont tous jaunes pour que ce soit plus facile)
Dénombrer une quantité données d’une forme donnée.
Il y a très longtemps, j’avais fait des supports pour tableau cartésien.
Si vous n’avez pas les abaques, vous pouvez imprimer ce document (cliquer sur l’image ci-dessous) pour remplacer.
Il y a possibilité de travailler avec une difficulté croissante :
Ici, il n’y a qu’une seule colonne donc c’est relativement simple. L’enfant doit néanmoins choisir le bon parmi tous les éléments.
Ici, il a fait sans guidance mais jusqu’à présent, je l’aidais en ne lui faisant faire que la dernière colonne ou la dernière ligne car pour faire l’intégralité du tableau, il était encore en difficulté.
Afin de changer un peu, j’ai fait une série de tableaux : avec une seule ligne, avec deux lignes, avec 5 lignes guidées et enfin avec 5 lignes non guidées.
Cela permet de travailler doucement avec l’enfant les différentes étapes.
Bon, vous le savez, j’aime bien dessiner des vêtements …
En fait, plus sérieusement, j’aime ce thème car je me dis que c’est par essence le lexique à connaître, a priori, tous les enfants même avec un handicap important sont habillés 🙂
Voici un PDF qui vous permettra de travailler plein de compétences diverses.
Notamment : la performance visuelle, le terme à terme, les comparaisons simples et complexes, l’expressif, le réceptif, le dénombrement, la négation, …
Petite remarque : si vous hésitez entre utiliser le mot « habit » ou le mot « vêtement », demandez à la famille de l’enfant quel mot ils utilisent eux par défaut et si c’est indifférencié, choisissez plutôt le « habit » car il donne « habiller » 😉 (vêtement / vêtir est quand même moins utilisé)
Ce PDF comprend :
un lot de t-shirts
un lot de pantalons
— > de 4 couleurs différentes (bleu, jaune, rouge, vert), dans 3 motifs possibles (pois, rayures, uni).
une valise (qui vient du site freepik)
ATTENTION : en imprimant une seconde fois les 4 dernières pages du fichiers en 4 pages par feuille (au lieu de les imprimer normalement en A4), vous obtiendrez des petits vêtements et donc, vous pourrez également travailler, en plus du nom des vêtements, des couleurs et des motifs, la notion de tailles grand/petit! Soit 4 « stimuli multiples » au total !!
Egalement :
un lot de cartes pour les non lecteurs : avec des critères en pictogrammes à combiner (numérotés en violet)
un lot de cartes pour les enfants lecteurs : avec un travail sur le vocabulaire de description et la nécessité de préciser le vêtement + la couleur + le motif afin de trouver le bon habit à mettre dans la valise. (numérotés en bleu).
des pictogrammes pour mieux comprendre les attentes de l’intervenant et pour les enfants non-oralisant.
Le PDF a été construit de façon à ce que si vous restez dans la même série (les numérotés violet ou les numérotés bleu) il n’y aura jamais besoin deux fois du même vêtement ! Bien pratique !
Vous pourrez travailler plein plein de choses : le tri visuel, évidement, le tri complexe mais aussi l’écoute, la combinaison de critères, la verbalisation (en PACE), la flexibilité mentale (en posant des questions variées sur des vêtements qui se succèdent), mais aussi la lecture ! Vous pourrez également faire des codages et des inventaires à double-entrée !
Pour travailler la notion des tailles ou encore celle des motifs de façon intensive, reportez-vous aux articles dédiés (voir moteur de recherche).
Pour des idées d’exploitations en images, vous pouvez lire la suite …
Tri par couleurs :
Vous pourrez faire trier les habits par couleurs : soit en mettant des boites à disposition de l’élève (plus facile) soit en demandant à l’enfant de poser sur la table en s’organisant dans les tas (plus difficile) comme ci-dessous :
Vous pourrez également faire trier une seule couleur « tous les vêtements verts », les autres devront tous aller dans l’autres case (souvent complexe pour les jeunes)
Ce tri pose presque toujours problème! Autant les apprenants maîtrisent facilement et très tôt le tri de chaque couleur isolée, autant la sélection ou l’exclusion de plusieurs couleurs est vraiment complexe pour eux. Exemple : on met à gauche les vêtements verts et à droite tous les autres! aie aie aie !
Tri par type de vêtements :
La difficulté est que l’enfant va devoir inhiber les couleurs en acceptant de poser un jaune sur un rouge par exemple alors que l’apprenant a souvent l’habitude de trier par couleurs.
La même chose mais sans pictogramme de guidance :
Associer des images identiques :
Pour cela, on se sert du coté « solution » des cartes du PDF.
L’enfant devra tout simplement retrouver les mêmes vêtements. Il faudra qu’il soit vigilant aussi aux motifs sur les habits.
ATTENTION : pour les enfants avec qui on doit travailler le verbal « 2 composants » ou « 3 composants », on peut travailler cet exercice en PACE. Cela consiste à réaliser cet exercice mais sans laisser les habits à portée de main. Du coup, l’enfant doit décrire l’image et verbaliser les éléments sur la carte pour que l’adulte le lui donne.
Par exemple, ci-dessous, le jeune devra verbaliser : « t-shirt jaune rayures » et l’adulte lui donne, puis « t-shirt rouge rayures » et l’intervenant lui tend, etc. Si le jeune se trompe, il va se retrouver avec la mauvaise image dans les mains et se rendra compte qu’il faut qu’il corrige ses dires et/ou soit plus précis quand il parle.
Ci-dessous, c’est le même exercice mais avec 3 de suite, pour un jeune plus à l’aise :
Retrouver des images en combinant des critères (en pictogrammes) :
Cet exercice est accessible aux non-lecteurs: on va combiner des critères : type de vêtement / couleur / motif.
L’enfant devra retrouver les vêtements qui correspondent aux codages :
Lire les indications et sélectionner le bon vêtement :
Cette fois-ci, même si les phrases sont volontairement courtes et simples, il faut que l’élève soit lecteur :
Introduction de la notion de tailles
Sur la photo ci-dessous, on voit des vêtements en deux tailles : il a suffit d’imprimer un exemplaire normalement et un exemplaire en 2 pages par feuille.
On peut ajouter une caractéristique à nos demandes, par exemple : « donne moi un petit pantalon jaune à pois », ou « donne-moi tous les pantalons jaunes à pois », …
Répondre à des questions variées
On peut évidement faire l’exercice dans l’autre sens en travaillant sur les questions :
« qu’est-ce que c’est? » -> « c’est XXX »
« c’est quel motif? » et l’enfant répond « motif XXX »
« c’est quelle couleur? » « couleur XXX »
« c’est quelle taille? » « taille XXX ».
Comparaison selon un critère donné
Vous trouverez sur le site un article sur le « égal ». Je l’introduis très tôt, avant même que l’enfant puisse faire des opérations mathématiques.
Ici, il va s’agir de placer des vêtements (t-shirt ou pantalon) et comparer (avec égal ou non-égal) ou selon un critère donné (en pictogrammes).
A chaque fois, on pourra donc travailler sur ces trois axes : soit compléter la collection, soit mettre le bon signe, soit mettre le bon critère.
Au niveau de quoi ces deux t-shirts sont identiques ? en motifs ! oui, ils ont les mêmes motifs, ils sont en « pois ».
Ensuite, on peut garder les mêmes vêtements et les comparer selon plusieurs modalités:
Ici, au niveau de la couleur ? l’élève place le signe ; oui, ils sont différents.
Au niveau de la quantité ? ils sont pareils.
Au niveau du motif ? ils sont différents.
On pourra également comparer selon le type de vêtement, selon la taille, … et également inverser en demandant cette fois en quoi ils sont pareils et en quoi ils sont différents et le jeune devra trouver quel habit mettre sur le tapis de comparaison.
Ce t-shirt bleu à gauche est identique en couleur à …. l’enfant choisit et place le t-shirt bleu là. Oui !
Ici, une des parties est vide, l’élève doit compléter afin qu’il y ait la même chose en quantité, donc, il faut que l’élève mette deux vêtements. Ici, on voit d’ailleurs qu’il a pris les mêmes vêtements et les mêmes motifs mais évidemment, il aurait pu mettre 1 pantalon et 1 t-shirt. On pourra restreindre les choix de l’enfant afin de le forcer à faire ce genre de mixage.
Voilà pour les possibilités d’exploitation de ces petits vêtements.
Vous pouvez également utiliser des dés en les fabriquant facilement, comme dans l’article sur le Speed des Habits) et faire piocher à l’enfant le bon vêtement d’après le jet des quatre dés : grand/petit, couleurs, motifs et habits.
Après des années auprès d’enfants avec des handicaps importants, j’ai développé une petite progression pour le dénombrement « spéciale » handicap.
Malheureusement, le VB mapp ou l’ABLLS ne vous seront d’aucun recours car je les trouve « légers » sur la partie « maths » l’un comme l’autre. Disons qu’ils peuvent permettre de faire une évaluation mais ne vous aideront pas à enseigner si l’enfant n’a pas la compétence.
Les enfants qui ne dénombrent pas du tout (donc qui n’ont pas le 1 à 3) doivent bénéficier d’un traitement spécifique. Souvent, les tentatives vaines d’explications et de propositions de tâches beaucoup trop complexes pour l’élève l’ont plus embrouillées que aidé.
Les « mauvaises » idées du quotidien, comme faire compter 1, 2, 3, 4, … quand on monte les marches d’escalier, par exemple, vont participer à la confusions ordinal et cardinal … c’est la confusion entre le comptage et le dénombrement, on en parlera après.
Souvent, avant même le dénombrement, je commence par faire discriminer à l’enfant « beaucoup / peu » avec des caisses d’objets (voir ici). Ce peut donc être un article intéressant à consulter avant de poursuivre celui-ci.
Un autre article sur le tout début du dénombrement se trouve ici sur le site. Vous y trouverez d’autres idées d’activités.
Cependant, pour certains enfants, même avec une progression douce, le dénombrement reste difficile.
Je vous propose donc de revenir ici sur l’introduction de la quantité et du petit dénombrement, en présentant les activités de manière différente et via des opérants différents.
RAPPEL : PAS d’écriture chiffrée avant que l’enfant ne puisse manipuler les quantités de 1 à 3 minimum! Certains chercheurs précisent même qu’il est préférable d’éviter de nommer les chiffres avant que la manipulation de quantité de 1 à 3 ne soit parfaitement fluide. Je partage clairement leur point de vue : vous verrez que dans cet article, nommer ou écrire les quantités se fait à la fin de toutes les activités, et pas avant.
Privilégiez des mises en situations épurées et isolées et PAS d’exercices-papier au début de l’enseignement!
Important : comprendre le dénombrement
Pour aider les enfants qui sont en difficulté dans ce domaine, il va être important de prendre en compte les éléments suivants.
Pour parvenir à dénombrer, il faut que l’enfant puisse mettre en œuvre plusieurs compétences simultanément. Pour les enfants avec autisme, les difficultés peuvent être multiples mais d’expérience, ce qui pose le plus problème est l’adéquation unique (souvent à cause des techniques d’enseignement antérieures « mal débutées ») et le principe d’abstraction (lié à la pensée autistique de la catégorie unique).
Les 5 principes du dénombrement (Gelman) : 1- Le principe de l’ordre stable : connaître la comptine numérique, en général, ça c’est ok. 2- Le principe de la correspondance terme à terme ( = adéquation unique) on associe un mot-nombre et on n’en associe qu’un seul. Là, en général, ça commence à pêcher. Les enfants décalent souvent lorsqu’ils récitent la comptine et qu’ils déplacent les éléments à compter. Il faut être vigilant dès le tout début de l’apprentissage du dénombrement à cette correspondance terme à terme.
Il est EXTREMEMENT important que la comptine soit plaquée sur le lot au moment où l’élément rejoint le groupe et non au moment où l’enfant prend l’élément.
C’est à dire, qu’il est crucial de présenter l’exercice de façon à ce que l’enfant n’étiquette pas le mot-nombre à un seul élément mais à l’ensemble des éléments (comptage VS le dénombrement). 3- Le principe cardinal : le dernier mot-nombre énoncé correspond à « combien il y en a en tout? ». En général, quand c’est répété, les enfants sont à l’aise. Mais là encore, ce qui va importer est le fait que l’enfant comprenne que ce dernier mot-nombre est le nom de l’ensemble de tous les éléments et ne désigne pas uniquement le dernier placé. 4- Le principe de la non-pertinence de l’ordre : peu importe dans quel ordre on compte les éléments, on obtient le même résultat. Si les intervenants prennent soin de varier la façon de dénombrer, c’est en général ok. 5 – Le principe d’abstraction : peu importe ce que l’on compte, les caractéristiques des objets ne doivent pas impacter. Idem, si les intervenants varient leurs propositions, pas de souci en général.
Mais le plus gros écueil, selon moi, reste le problème du type d’activités choisies et de leurs présentations qui souvent, favorisent la confusion entre le comptage et le dénombrement !
Le comptage-numérotage VS le comptage-dénombrement:
Dans la vie quotidienne, les enfants sont confrontés tôt aux « mots-nombres » et l’entourage soutient maladroitement cet enseignement. Le souci est que cette exposition favorise la compréhension du nombre comme l’étiquetage et non comme quantité.
Je m’explique : la chaîne 3 sur la télé (c’est une seule chaine malgré le fait que ce soit la chaîne « trois »), le comptage quand on monte les marches de l’escalier c’est la marche numéro 5 qui est sous le pied de l’enfant et non un ensemble de 5 marches, le numéro 11 sur la maison c’est une seule maison et pas cette maison + les 10 autres d’à côté, etc.
Les « mots-nombres » de l’environnement naturel de l’enfant sont souvent associés à des numéros et non à des quantités.
La notion la plus importante va donc être de garder en tête le fait qu’il faille que le jeune comprenne que le mot-nombre correspond à plusieurs éléments (et non au « petit-nom » du « petit dernier »).
Pour les deux questions, la réponse est B.
Voici les explications :
Dénombrer en pointant les éléments force l’étiquetage-numérotage, donc, c’est clairement à EVITER.
Dénombrer en rassemblant permet d’envisager le mot-nombre comme un TOUT. C’est l’ensemble qui fait 4 jetons et c’est donc une configuration à privilégier.
Pour le dénombrement sur les doigts, personnellement, je ne le fais jamais avec les enfants au cabinet.
Déjà, comme dans le cas expliqué au-dessus, on a ce même problème de désignation de un seul et non de l’ensemble.
Ici, l’enfant est censé dire « 4 » mais en réalité, c’est « 1 doigt », même si c’est le 4ème.
Un second problème avec l’utilisation des doigts pour compter pour les enfants TND, c’est que les doigts même rabattus vers la paume sont « encore là ». Quand on montre 3 sur les doigts par exemple, on a quand même les 7 autres qui sont là même si ils sont repliés. Cette subtilité est quand même pas évidente pour des enfants « rigides ». C’est clairement source de problème pour un enfant avec autisme.
En conclusion, il va être très important d’être vigilant quant à ce qu’on propose comme activité et comment on l’organise. Des détails qui semblent anodins peuvent complètement embrouiller ces élèves en apprentissage.
Ces jeunes ont souvent eu un historique d’enseignement des mathématiques compliqué pendant leur scolarité ce qui fait que le dénombrement est souvent pairé négativement. Cela aussi est à prendre en compte et il est important de prendre son temps, de varier les supports, de renforcer correctement, sous peine de voir des troubles du comportement apparaitre.
Un enseignement de « comptage-numérotage » fera illusoirement croire que l’enfant a compris mais il n’en sera rien : l’enfant devra comprendre la signification cardinale des mots-nombres, sans quoi la décomposition des nombres et le calcul seront impossibles.
On commence en reproduisant avec la même forme de réponse.
Avec objets tous identiques
Pour cela, je commence toujours par la notion de « le même ». Je vous conseille de conditionner un espace de travail au départ avec deux boites (ou deux plateaux identiques) afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté quant à la forme : l’enfant saura qu’il faut regarder « ici » et qu’il doit mettre les éléments « là » et donc, il pourra se concentrer sur le fond du « problème ».
On part de « le même » sans que ce ne soit des maths, par exemple, l’enfant doit placer la même image dans son espace que celle dans l’espace modèle.
On met une carte (par exemple maison), on laisse l’enfant choisir entre 3 images pour mettre la même. C’est juste pour comprendre le principe de où placer l’item.
On continue avec deux items à placer. Attention, il s’agit de deux éléments différents, ce n’est pas « 2 », mais c’est « un » (champignon) et encore « un » (tortue) et non pas le même exemplaire en double.
Il faut vraiment que l’enfant ait compris où regarder et où poser avant de continuer avec de la quantité. Si ce n’est pas le cas, il faut continuer cette étape.
Ensuite, on va poursuivre en introduisant tout doucement le fait de mettre deux fois le même.
Au niveau matériel , je vous conseille de prendre des objets ronds afin que l’enfant ne soit pas déconcentré à vouloir orienter les objets d’une certaines façons (je pense notamment aux pingouins de la banquise de Learning Resources où les enfants sont concentrés sur l’orientation des pingouins et perdent l’objectif de quantité)
On va mettre par exemple : un seul bouton : « bouton », et après, avec trois boutons : « bouton » « bouton « et « bouton ». Idem avec des marrons ou d’autres choses strictement identiques.
L’élève va se baser sur le visuel, c’est ce qu’on lui demande, il va le reproduire comme quand il avait une tortue et une maison dans l’exemple ci-dessus.
Pour renforcer les quantités 1, 2 et 3, j’aime bien demander à l’élève de mettre la même quantité plein de fois dans des bacs différents, par exemple, dans un moule à muffins.
Essayez de prendre un support où il est « habituel » de mettre la même quantité dans chaque endroit (moules à muffins, petits pots identiques, …) et ne pas utiliser la BàC (Boîte à Compter) où a priori on mettra par la suite des quantités différentes dans chaque case. Cela risque d’embrouiller l’enfant par la suite.
Pour l’instant, on essaie de réduire l’ambiguïté sur le support au maximum !
Ici, du tri de constellations organisées.
Cela reste du tri « visuel ».
Version « simple » : tout est de la même couleur.
Version « complexe » : il faut que l’élève inhibe la couleur pour trier uniquement par rapport aux points.
On va mettre une quantité donnée dans toutes les cases, par exemple « deux marrons »/ « deux bouchons » et l’enfant devra mettre, sans consigne de quantité, la « même chose » donc deux marrons/bouchons dans la dernière case. Ensuite, on laisse les deux dernières cases vides et l’enfant fera pareil et ainsi de suite.
Ici, il est possible de faire en chainage arrière, on met devant l’enfant une quantité identique et on le laisse mettre dans le dernier emplacement. Puis, on le laisse mettre les deux derniers, etc.
Là, l’élève met les 5 lots (de 1 bouchon) tout seul !
Exercice très proche du précèdent : mettre « 1 » dans chaque emplacement.
Ensuite, on va pouvoir prendre des items différents. Ci-dessous, des animaux différents.
Ci-dessous, on a des items et l’enfant doit mettre la même chose dans « sa » caisse (la rouge) : les éléments doivent être strictement identiques.
« éléphant » –> l’élève met un éléphant.
L’élève va mettre « la même chose » que sur le modèle (par exemple : A et B, et aussi : A, B, et C )
Tigre et nounours –> il met « tigre + nounours ».
et petit à petit, on va faire des doublons (par exemple : « A et encore A ») , puis des doublons sur certains mais pas tous (par exemple : « B et B et C », ou encore : « A et B et B ».
Par exemple, ici, on a : « nounours » et « nounours » (= 2 nounours) ou « tigre » et « tigre » :
Ci-dessous, on a un exemple où l’enfant doit placer la même quantité, mais avec un léger changement : le modèle n’est plus « en vrai » mais c’est une photo :
Deux pingouins sur l’image, l’élève doit mettre « pingouin + pingouin »
Ici, on associe une collection dessinée : le jeune doit mettre la même chose. Et ce, 5 fois d’affilée.
Quand vous voyez que l’élève est bien à l’aise avec cette reproduction en terme à terme, on va pouvoir poursuivre.
L’idée est que petit à petit, l’enfant va associer que « un pingouin » c’est quand il y en a un et « deux pingouins » c’est quand il y a « pingouin pingouin » puis « trois pingouins » c’est quand il y a « pingouin pingouin pingouin », …
A ce stade, normalement, vous n’avez pas forcément encore utilisé de « mot-nombre ».
Des exercices comme ceux-là, il va falloir en faire beaucoup. Dans les exercices ci-dessus, on a épuré au maximum en prenant des items non orientables, puis orientables mais identiques et petit à petit, l’enfant devra être en capacité de mettre playmobils (=1), puis playmobils + playmobils (=2), puis playmobils +playmobils +playmobils (=3) dans des cases même si ils ne sont pas strictement identiques entre eux.
Par exemple, ci-dessous, mettre toujours la même quantité dans plein de cases identiques, comme dans des moules à muffins par exemple :
On pourra également le présenter différemment : associer des collections déjà formées.
On montre une boite avec 3 marrons et l’enfant doit donner la boîte où il y a 3 marrons.
Si vous craignez que l’élève tripote les marrons dans les boites, vous pouvez également travailler avec des boites transparentes fermées (mais on voit quand même moins bien …)
Ensuite, on se familiarise avec les écritures chiffrées.
Parce qu’en tant que lecteur on ne se rend pas forcément compte de la difficulté de discriminer les écritures des chiffres.
Avant même de savoir que ce dessin : »2″ se prononce « deux » et représente « quantité 2 », on va s’assurer que l’enfant discrimine bien les écritures chiffrées visuellement (= écriture en chiffres arabes)
On va donc tout simplement faire du tri d’étiquettes avec des écritures de chiffres comme sur la photo ci-dessous. Dès le départ, je lui fais trier des écritures qui ont des polices différentes afin de l’habituer aux variations pour que l’enfant retire la forme principale du tracé et non un détail qui serait insignifiant (par exemple un sérif)
Souvent, les enfants savent déjà lire ces chiffres, même si ils n’ont aucune idée de ce qu’ils signifient. Si ils ne se trompent pas dans ce tri visuel, on pourra faire correspondre du verbal en disant « deux » quand l’enfant pose le 2, etc.
Pour un travail intensif sur les écritures chiffrées, avec des chiffres rugueux, des sens de tracés, c’est par là
Ce tri, comme les précédents, est un tri d’items qui ont la même forme. On ne mixe pas (encore) les écritures chiffrées avec les quantités. Cela viendra après, quand on se sera assuré que tout ce qui est ci-dessus est OK.
L’enfant trie les étiquettes en écritures chiffrées.
Différencier le 4 et le 5 : cet enfant les confond donc on trie.
Voici des photos d’activités en vrac :
Il existe des dés qui vont de 1 à 3. Je les utilise souvent car en général, ils plaisent aux enfants.
Associer une écriture chiffrée à une quantité.
Associer une écriture chiffrée à une quantité.
Ici, je demande à l’enfant « donne-moi tous les deux ». Il faut qu’il associe la forme sonore à la constellation. Comme il me donne la carte à chaque fois, il ne les voit plus et donc, chaque nouvel essai est un essai « pur ».
Mon élève a trié les étiquettes d’écritures chiffrées. Il doit maintenant les scratcher sur les fiches avec les collections à dénombrer. Il prend dans le tas de gauche, scratche et met à droite quand il a fini, il repioche, etc.
On continue en associant avec différentes formes de réponse.
Pour avoir un comptage – dénombrement fonctionnel, il va falloir que l’enfant sache à terme : dire la quantité, lire le chiffre, reconnaitre le chiffre, reconnaitre la quantité, recopier le chiffre, écrire le chiffre quand il voit la quantité, écrire le chiffre quand il l’entend, … bref, qu’il sache verbaliser/produire les quantités dans tous les sens.
Si l’élève a bien compris la notion de quantité, ces différentes modalités seront faciles à acquérir.
Ci-dessous, je vous mets des images qui vont permettre en un coup d’œil de percevoir les modalités possibles.
C’est ce que les initiés appelleront : en tact, en RA, en transcriptif, en textuel, en copy to copy, … avec un input verbal, un output écrit, …
D’autres supports pédagogiques et d’autres matériels:
Pour le dénombrement, il faudra varier au maximum les supports afin que l’élève se détache des objets et s’intéresse à la quantité en tant que telle.
De nombreux autres articles sur ce site traitent des petites quantités :
Utiliser du matériel différent va être essentiel pour le principe d’abstraction : tout peut se compter !
A propos du matériel Montessori
ATTENTION: il ne faut PAS travailler les petites quantités avec le matériel Montessori « barrettes colorées » !
Dans le matériel Montessori vous avez « La Banque » avec toutes les perles de la même couleur – en général jaune – et vous avez les fameuses « barrettes » de couleurs où chaque quantité correspond à une couleur bien précise.
Couleurs des perles des barrettes Montessori de 1 à 10
La quantité dans les barrettes est donc codée et travailler avec les barrettes colorées revient à faire apprendre à l’enfant que 3 c’est rose, 1 c’est rouge, 2 c’est vert, ce qui n’a aucun sens.
Ce matériel sera néanmoins extrêmement pratique et utile pour manipuler les quantités et commencer les calculs (additions, multiplications notamment …)
On utilisera donc des perles unicolores esseulées (de la Banque par exemple) ou des barrettes qui seraient toutes de la même couleur mais en tous cas, pas celles codées.
Perles (unicolores) de la Banque Montessori
Barrettes Montessori non adaptées lors de l’enseignement du petit dénombrement.
On peut aussi utiliser d’autres matériels comme les marrons (à télécharger sur ce site)
Le passage aux exercices sur papier :
Lorsque tout cela est fluide en manipulation, on peut commencer à introduire des exercices sur feuille + éléments à manipuler avant d’arriver à des exercices uniquement « papier ».
Collections avec nombres à scratcher :
On va donc petit à petit associer une écriture chiffrée à une collection, comme ci-dessous :
Maintenant, l’élève doit attribuer la bonne étiquette à une collection donnée.
Idem, mais avec des collections de 4 à 8 items, thème de la mer (édit du 19-01-25) :
Vous pouvez l’imprimer en recto-verso : il y a les réponses derrière au dos des cartes.
Idem, mais avec des collections de 8 à 11 items, thème de la cuisine (édit du 19-05-25) :
Autre format d’exercice :
L’élève doit placer des jetons dans les cases. Celles-ci sont délibérément de formes allongées afin que l’enfant ne soit pas tenté de placer les jetons en constellations de dé.
Associer une quantité (de jetons aimantés) à une écriture chiffrée
Puis des exercices uniquement sur papier, comme ci-après où il faut relier des écritures chiffrées à des collections désorganisées :
(Si votre élève ne sait pas relier des éléments, un article est dédié ici.)
Autre exercice papier, avec dénombrement de quantité de 0 à 4, avec possibilité de tamponner sa réponse plutôt que de l’écrire (ajout dec.2024) :
Les cercles pour renseigner la réponse sont étalonnés sur la taille des tampons ronds (genre les lots de tampons que l’on trouve chez action, aldi, lidl), vous pouvez imprimer ces exercices en 1 page par feuille mais aussi en 2 pages par feuille. Dans ce dernier cas, les cercles seront plus petits mais seront encore suffisamment grands pour que l’enfant tamponne dedans le bon chiffre.
pour la suite : le concept de dizaine! c’est par ici !
Le jeu de société est un creuset de compétences sociales et cognitives mais aussi un plaisir à partager avec nos jeunes avec handicap.
Vous avez envie de partager le jeu de société avec des neuro-spécifiques au sein d’une ludothèque, d’un café-jeu, ou du cercle familial: cette partie du site vous permettra de retrouver plus facilement les articles liés à des jeux commercialisés que vous êtes susceptibles de détenir dans vos étagères ! Voici donc des liens vers les articles les plus susceptibles de vous intéresser si vous désirez un accès progressif au jeu.
Articles génériques sur les basiques et les mécaniques de jeux
Pour préparer l’accès des fonctionnements de base des jeux, voici
Beaucoup de supports pédagogiques du commerce permettent de travailler la compréhension à partir d’images en Noir et Blanc.
Il s’agit de repérer des éléments au travers de consignes plus ou moins complexes.
Ici, je vais présenter quelques supports que j’utilise mais bien évidement, je vous invite à mettre en commentaire ceux que je ne connaitrais pas afin que je puisse encore dépenser des fortunes tout le monde en profite.
Je tente de les ordonner par difficulté mais évidemment, ce n’est pas un tri « fixe » : souvent les supports sont organisés avec des niveaux crescendo et l’accessibilité dépend des enfants et des notions abordées.
Chacun de ces supports peut être travaillé soit en écrit soit en oral, selon comment vous le présenterez mais ils ont tous pour particularité d’être en noir et blanc avec des éléments indicés à retrouver !
REPERAGE D’ELEMENTS DANS UN ENSEMBLE
Supports gratuits sur le net :
Quand même je cite ceux-là car même si il n’y en a pas beaucoup, ils sont utiles.
Les recherches purement visuelles illustrées, accessibles aussi aux non-lectures : les « Cherche et trouve » et « I spy » :
Des illustrations en noir et blanc où il faut repérer des éléments dans une grande scène : ces activités s’appellent des « cherche et trouve » ou encore des « I spy » en anglais. Ces activités peuvent dégrossir un peu la compétence et habituer l’enfant a repérer quelque chose dans une scène avec une entrée visuelle d’un dessin à retrouver dans un grand dessin.
Sur le site Hoptoys : un téléchargement gratuit de « cherche et trouve » très faciles.
Par exemple ici, il s’agit de retrouver les images isolées autour de la scène. L’enfant voit l’image et doit la retrouver une image dans la scène.
Vous pouvez trouver également des petits jeux sur tablette où il faut retrouver des éléments :
Il existe aussi des supports-papier où il faut repérer, dénombrer et écrire une quantité de chacun des items :
l’enfant doit s’organiser un peu et dénombrer.
Ici, vous trouverez une version crescendo de « Cherche et compte » avec des petites quantités, l’objectif étant de comprendre le principe :
Vous pourrez ensuite présenter à votre élève des « cherche et compte » plus complexes que vous trouverez sur le net, comme celui ci-dessous:
Les recherches pour les lecteurs : (type « Cherche et trouve » et « I spy » mais avec de l’écrit)
Un peu plus compliqué, on a le même genre de scènes mais cette fois, la consigne est écrite et non plus illustrée. Le mot doit être lu et compris pour que la consigne soit traitée.
Voici un exemple d’activité où il faut retrouver un élément avec une entrée « lue » : l’enfant doit retrouver un vélo sans image de vélo. Il lit le mot et doit retrouver une image.
On arrive tout doucement à de la consigne écrite comme on aura ci-après …
Les « Je lis, je fais » : avec un seul énoncé très simple, puis plusieurs phrases. Comme celui que j’avais écrit sur les Monsieur-Madame : des illustrations avec des petites consignes très très simples qui sont dans cet article.
Si votre élève n’est pas à l’aise avec les termes de consignes : colorie, souligne, encadre, entoure, barre : vous trouverez des activités sur la page dédiée à la compréhension des consignes.
Vous avez également des choses très épurées sur les sites suivant :
— Instit 90 : ici
— Paulette trottinette avec des phrases très simples de « Lecture et consignes » aussi : ici
— Les fiches de Val’idées : ici
— D’autres fiches de Val’idées avec des le Loup : ici avec 13 séries dont certaines avec des adaptations de codages de couleurs.
—> Voici maintenant des supports payants que j’utilise régulièrement …
COMPREHENSION GENERALE
Compréhension de lecture et autres ouvrages de Les Editions Passe-temps
J’adore les éditions Passe-temps, comme vous pouvez le remarquer régulièrement sur mon site.
Voici personnellement, ceux que je possède. Les niveaux sont différents selon les livrets.
Celui-là par exemple est pour les débutants, avec des défis simples et beaucoup d’illustrations.
Voici un exemple du contenu : intéressant pour comprendre de petits textes simples.
« Attention, j’écoute » de chez Chenelière éducation
Attention j’écoute est un recueil de feuilles d’exercices qui regroupe 25 thèmes différents (animaux, fruits, oiseaux, boulangerie, …).
Pour chaque image (NetB), il y a deux pages de consignes avec des niveaux différents. Le premier est plus du repérage simple d’items avec quelques inférences et le second est plus complexe avec des catégories, des négations, etc.
« Ecouter, comprendre et agir », de chez Chenelière éducation
Ecouter, comprendre et agir est un ensemble de 33 activités avec une illustration en noir et blanc et une page de consignes à donner à l’oral. Chaque activité a un objectif, par exemple : compréhension des termes spatiaux, des subordonnées relatives, termes relatifs aux notions de grandeurs, aux notions de quantités, …
« De l’image à l’action », de chez Chenelière éducation (et oui, encore!)
De l’image à l’action : dont j’adore les illustrations et que j’utilise très souvent en créant des consignes simplifiées ou du moins adaptées.
Pour chaque activité (= illustration en noir et blanc) il y a une page de consignes et une page de questions.
« C’est dans l’image 2 », de chez l’Oiseau Magique
On le trouve parfois sur le marché de l’occasion : il s’agit dune mallette avec 12 planches illustrées de scènes de vie (le jardin, le musée, la piscine, …) et des consignes variées (entoure, barre, ajoute, trace, raye, compte …) et des questions pour repérer les éléments significatifs dans les scènes.
Afin d’éviter l’effet d’apprentissage et pour que les questions soient parfois plus absorbables, j’ai recrée des questions sur les différentes scènes (comme ci-dessous).
Les consignes originelles, sur la scènes ci-dessus, par exemple, sont : 1) Colorie la partie du tuyau d’arrosage qui se trouve entre le robinet et la brouette, 2) Dans le potager, colorie 3 salade, 3) Faire une croix sur la fourche, 4) Dans la brouette se trouvaient 4 outils. Un râteau, un arrosoir, une bêche et un seau. Lequel manque-t-il? …
COMPREHENSION PREPOSITIONS SPATIALES
Voici les prépofiches dont j’avais parlé dans l’article sur les prépositions spatiales ici.
Exemple ici : j’ai sélectionné une série de questions (il y en a énormément donc pas de risque d’apprentissage par cœur) et l’enfant répond aux consignes. Il est lecteur donc doit se débrouiller … (2 erreurs ici)
COMPREHENSION MATHEMATIQUES
« Maths en scènes » de chez le Grand Cerf
Regroupe 12 grandes scènes en noir et blanc (la plage, le restaurant, le magasin de vêtements, la campagne, l’atelier,…) pour retrouver des éléments concrets pour répondre aux questions posées. A chaque illustration correspond une fiche recto-verso avec des questions plus ou moins complexes.
Les élèves peuvent lire les questions et retrouver les éléments en coloriant/entourant les éléments.
J’aime beaucoup ce support et grâce à lui, j’ai pu remarquer des difficultés que je n’avais pas vues avec certains élèves, comme la fameuse expression : « salade à 1€ pièce » où l’enfant le dit qu’elle coute une pièce de 1€ …. 🙂
Par exemple, sur cette image : 1) Combien y a -t-il de fenêtres sur le phare? Colorier la moitié de cette quantité en vert et l’autre en rouge. 2) Sur le bateau promenade « Opocus », il y a 4 personnes. Combien de personnes doivent monter à bord pour qu’il y en ait 8 en tout? Les dessiner. Etc.
« Problèmes en images », de chez Educaland
Ce support photocopiable se présente sous forme de classeur transparent : il contient 35 grandes images en noir et blanc ainsi qu’une page de questions.
Il y a des questions d’observations mais aussi des questions de déductions avec travail de la compréhension du vocabulaire mathématique : contient, somme, dépense, retient, manque, économise, distance, gain,… avec également des prépositions : à coté, à travers, entre, à moitié, autant, …
Il existe le « problèmes en images 1 » qui correspond aux cycle 2 et le « problèmes en images 2 » qui correspond au cycle 3.
— « problèmes en images 1 » :
avec les notions : coute, rend, dépense, retient, contient, rajoute, manque, parcourt, économise, double augmente et partage et des substantifs tels que : montant, poids, somme, remise, double, distance, gain, dimensions, achat, retard … et d’autres comme : supplémentaire, paire, identiques, sauf, y compris, excepté, …
— « problèmes en images 2 » :
contient des décimaux et nombres entiers, les 4 opérations, des mesures, pourcentages, échelles. Les termes sont plus pointus que dans le tome 1 avec par exemple ; « prestations, orientation, recette, hors, capacité, masse, acompte, volume, norme, avantageux, promotion, proportion, … Bref, un vocabulaire parfois plus spécifique et surtout plus poussé.
Scènes imagées en noir et blanc de chez Imag’ines
Se présentent dans une grande boite qui contient 10 grandes scènes très denses, en format A3 et un classeur de consignes avec différents niveaux : c’est un réel atout !
Il existe 7 niveaux pour chaque planche : le niveau débutant présente des phrases simples (colorie barre entoure dessine) où il faut repérer des éléments par des indices (catégories, caractéristiques, lieux, …) et le niveau le plus élevé comporte un texte avec des négations, des inférences, des relatives et tout le reste ! 😉
Je vous laisse aller sur leur site afin de regarder la vidéo explicative qui détaillera bien mieux que moi !
Encore une fois, pour ce support-là, il est possible aussi de créer facilement des consignes qui seraient encore plus faciles que le niveau un, avec tout simplement des éléments à repérer et à colorier d’une couleur donnée.
(Photo du site des auteures)
Et vous? des supports avec des scènes en noir et blanc indicées, vous en connaissez d’autres ?
Je les nomme comme cela depuis la création de mon tout premier lexique. Vous trouverez ici des lexiques, organisés par thèmes. Selon les champs lexicaux, il y a plus ou moins d’items mais CHACUN de ces items sont représentés en TROIS exemplaires.
Attention ; en fonction de votre enfant, il sera opportun de n’imprimer que certains lexiques ou encore uniquement certaines parties de lexique.
Lorsque l’enfant est plus grand, il pourra apprendre des mots plus spécifiques en fonction de son environnement futur et de ses intérêts.
Par exemple, on pourra lui enseigner du lexique lié aux espaces verts, au traitement du linge, à la restauration, au bricolage, … en fonction des ateliers auxquels le jeune pourra participer.
Je publierai ci-après les PDF en rapport avec les cibles pré-professionnelles et pré-autonomiques en fonction des besoins des enfants que j’accompagne.
Remarque : certains lexiques hyper spécifiques sont réservés aux ados/adultes ou aux personnes qui en ont besoin : ne saturez pas leur mémoire avec des mots si ils ne sont pas utiles aujourd’hui : ça ne servira à rien et comme ce ne sera pas entretenu, ce vocabulaire sera vite perdu !
Pour les plus jeunes : lorsque vous travaillez le vocabulaire « de base » avec un enfant jeune ou en grande difficulté, il faut IMPERATIVEMENT travailler avec de VRAIS OBJETS ou des miniatures d’objets lorsque le vrai item est trop grand (une voiture, une maison, un arbre ,…). De plus en plus d’enfants au cabinet savent me dénommer ou me montrer 50 items en images et sont incapables de le faire avec de vrais objets : une vraie télécommande, un vrai pantalon, … etc.
De plus, plus l’enfant est en difficulté, plus il faudra de représentations de ce même item : 3 exemplaires est une bonne base mais c’est une base minimale !! Certains objets peuvent revêtir tellement de formes différentes qu’il est nécessaire d’en prendre conscience et de multiplier les essais avec des présentations variées : un pantalon sera représenté bien étalé avec deux jambes bien droiteé dans un imagier, il sera dans une pile dans l’armoire, il sera en tougnon sur le sol de la salle de bain, il sera en « moitié » plié sur la planche à repasser, …
Certains lexiques sont très très facultatifs ! les animaux sont à travailler si l’enfant a acquis tous les vocabulaire de base ….. on croise plus souvent une culotte qu’un crocodile dans notre quotidien : donc mieux vaut connaitre le vocabulaire des vêtements. Je croise souvent des enfants qui ne connaissent pas le pantalon ou les chaussettes mais qui connaissent tous les animaux de la savane sur images !
Sauf en cas d’intérêts restreints (ou dans le cas où votre enfant a tous les répertoires utiles déjà acquis) les animaux, les dinosaures ou le lexique de Noël ne doit PAS être travaillé !!
D’une manière générale, pour tous les lexiques :
Comme dit plus haut : ils doivent être travaillés en parallèle des VRAIS objets de la vraie vie !
Chaque PDF contient :
– un lot d’images avec chaque item en trois exemplaires (pour la généralisation) avec un dos à imprimer afin d’aider à l’organisation.
– un lot de mots écrits (pour apparier aux photos)
– une grille d’évaluation qui regroupe les 3 séries afin de mettre en exergue les difficultés éventuelles sur certains items.
– une grille de cotations où il faut indiquer la date, l’intervenant et la série qui a été travaillée
– un tapis d’enseignement, à imprimer ou non, qui permet de mettre en correspondance l’image avec l’écrit ou inversement par groupes de 3.
Il faut être attentif lorsque vous imprimez : certaines pages sont en recto verso et d’autres non car elles seront à plier en deux. Lisez bien les instructions !!
Remarques quant aux cotations:
Il faut préciser si l’enfant a su ou si vous avez dû guider, mais aussi quel opérant vous êtes en train de tester.
Pour coter les réponses, j’utilise 0 (=guidé), I (=ok) et un O avec un point dedans (je ne peux pas le faire avec mon clavier) quand l’enfant n’a pas su et que j’ai fait beaucoup de présentations de l’essai.
(Personnellement, je côte tous les essais donc la grille dite « évaluation » me sert plus pour faire des LDB que pour les enseignements. Pour les présentations d’essais pour l’enseignement, j’utilise les grilles de cotations que vous trouverez à la fin de chaque PDF)
J’utilise également un code couleur selon les opérants verbaux que je travaille:
– expressif : rouge
– réceptif : vert (parmi 4/6/8 et je le précise)
– textuel : bleu
– transcriptif: orange
– intraverbal : violet
– copy to copy : rose
Pour les cotations d’un technicien ABA ; rien de tel qu’un lot de feutres de chez Action (juillet 2024 : 1,99€ les 8 couleurs.)
J’ai édité des étiquettes : cela permet de coller le codage sur les cahiers de liaison et les boîtes des collègues pour rendre le dépouillage de données plus faciles !
Evidement vous êtes libres d’utiliser ou non des codes- couleurs et d’utiliser celui que vous voulez mais si vous travaillez avec moi, mon cerveau préfère que vous utilisiez les mêmes si vous voulez me montrer vos grilles! 🙂
Ces grilles peuvent vous permettre également de noter les remarques quant à certains mots, par exemple, si l’enfant dit le mot mais dans une autre langue que celle attendue. Personnellement, je note phonétiquement le mot prononcé par l’enfant afin de l’identifier la prochaine fois et guide l’enfant « en français, [tel mot] ». Il est en effet important de différencier un mot « charabia » d’une verbalisation juste d’un mot dit dans une autre langue.
Exemple de grille d’évaluation/LDB avec les légumes
Exemple de tapis d’enseignement
Voici ci-dessous des exemples d’exploitation de mes document ci-après :
Trier les mêmes items : on doit mettre les passoires ensemble, les poêles ensemble, …
Ici, on associe à l’écrit l’image correspondante :
Ici, l’enfant doit recopier en cursif un modèle qui est en script. Pas évident. Pour un enfant plus en difficulté, on mettrait un modèle en cursif. (disponible sur demande)
Ensuite, l’enfant doit associer les étiquettes en script avec ses écrits :
Et là, il associe des images à ses écrits :
Ces étapes ne sont pas à faire dans un ordre particulier mais il faut s’assurer que l’enfant puisse les faire toutes, dans tous les sens. On a parfois des surprises.
Lexiques disponibles :
Ci-dessous, vous trouverez des lexiques sur les thèmes suivants :
lexique tout venant : avec des mots très variés pour une évaluation globale : ici
et plein d’autres à venir ! (électroménager, animaux, petit dej’, produits frais, aliments basiques, jouets, …)
Le lexique général avec des cibles variées, catégories mélangées :
(Lire les conseils ci-dessus pour le lexique spécifique)
Ici, vous trouverez un lexique avec du vocabulaire varié à tester : un ballon, une maison, des chaussures, …
Lexique des légumes :
La découverte – exploration des items en vrai :sur les photos ci-après, on voit les légumes à dispo pour les toucher, les comparer, les associer aux images. On a « en vrai », les textures, les odeurs, la rigidité, les tailles, … bref, on découvre pour de vrai. Ce qui est valable ici pour les légumes le sera également dans le lexique des outils où on pourra découvrir les propriétés telles que le fait que ce soit lourd, froid, coupant, … caractéristiques qui passent aisément inaperçues sur des images ! Le jeune est, de fait, plus engagé quand il tient un objet que quand il tient une image : les propriétés s’imposent à lui.
Cliquez sur l’image ci-dessous pour avoir le PDF :
Une maman avec laquelle je travaille nous a fait ça : des languettes à découper afin d’apparier image et mot ! Merci 😉
Lexique des outils (cliquez sur les images ci-dessous) :
(Lire les conseils ci-dessus pour le lexique spécifique)
Lexique des fruits (cliquez sur les images ci-dessous) :
(Lire les conseils ci-dessus pour le lexique spécifique)
Lexique des ustensiles de cuisine :
(Lire les conseils ci-dessus pour le lexique spécifique)
Toujours sur le même modèle : 3 exemplaires de chaque items en images + mots écrits + fiche de cotation + tapis d’enseignement.
Attention encore une fois de travailler en réel ! comment différencier un bol d’un saladier sur image séparée? c’est impossible si il n’y a pas une échelle (ou une salade!).
Ici, aucune différence entre le bol et le saladier en dehors de la taille. Le jeune va donc comprendre que ce qui fait la différence entre les deux, c’est la taille.
Ici, on trie des spatules d’un coté et des fouets de l’autre. Ensuite, on apprendra le nom de chaque item mais il est déjà important de voir que l’enfant est capable de les discriminer visuellement même si il ne sont pas exactement pareils entre eux.
Voici donc le fichier PDF :
Pour l’occasion, je vous ai même dessiné un Thermomix !
Si certain(e)s sont motivé(e)s pour créer des recettes spécial handicap (c’est-à-dire ultra simples avec des pictos) pour Thermomix, je suis vraiment partante sur le projet. Il sera possible de l’adapter facilement aussi en version « monsieur cuisine » pour les foyers qui n’ont pas le Thermomix.
Le vocabulaire de coupe : en râpé, en bâtonnets, en rondelles, en moitiés, … :
Le vocabulaire de coupe des légumes : qui peut servir dans les ateliers de pratique afin que l’élève comprenne ce qu’on attend de lui lorsqu’on lui demande de couper les carottes « en rondelles » ou « en bâtonnets » :
Ce PDF a été construit pour être utilisé avec une Boîte à Compter de chez Nathan :
Lexique de Noël :
Parce qu’il me l’a été demandé par un jeune que j’accompagne !! nous l’avons élaboré ensemble !
Il est dans l’article dédié à Noel ou alors directement ici.
(Lire les conseils ci-dessus pour le lexique spécifique)
Toujours sur le même modèle : 3 exemplaires de chaque items en images + mots écrits + fiche de cotation + tapis d’enseignement.
Il existe des articles « spécial Noel » : utilisez le moteur de recherche.
Différencier le linge de la vaisselle
Le vocabulaire spécifique : comprendre ce qu’est « le linge » et ce qu’est « la vaisselle »
Il s’agit ici de trier deux types d’items en opposition : le linge versus la vaisselle. Tout dépend des jeunes, mais il peut être utile pour certains jeunes de faire ces distinctions. Ce PDF servira surtout à comprendre les termes « linge » (= vêtements mais aussi linge de maison) et « vaisselle » (qui regroupe la vaisselle de table et celle de la cuisine, moins connue des plus jeunes).
Il ne s’agit pas, contrairement à ce qu’on peut se dire de prime abord en voyant ce document, d’apprendre pour le jeune à savoir quoi mettre dans une machine ou une autre. Normalement, dans le réel, peu de jeunes mettront une tasse au milieu du linge ou un slip au milieu de la vaisselle ! (Encore que …;-) )
Pour les non-lecteurs, il est possible de lire la carte avant de leur tendre : le tri se fera donc avec l’écoute et avec une guidance moindre que s’il y avait une image. Mettre une image serait en effet une trop grande guidance et aurait peu de sens. Si l’enfant a besoin de cela, il faut retravailler la « catégorisation classique ».
ATTENTION : il faut vous assurer que l’enfant connaisse les mots de vocabulaire avant de faire cette catégorisation, sinon il ne pourra pas trier !
Trier les étiquettes en associant avec lave-linge ou lave-vaisselle
Avec un de mes jeunes, nous avons poussé le vice jusqu’à différencier « le linge de maison » du « linge = habits/vêtement », mais ce genre de différenciation, c’est vraiment de la coquetterie !
Mais bon, comme il en est capable, on ne va pas se priver ! 🙂
Lexique informatique et bureautique :
En grandissant, les enfants sont confrontés au vocabulaire informatique et bureautique, voici donc de quoi les entrainer en intensif.
Attention, comme d’habitude, on utilise au début les VRAIS articles et on les manipule afin de comprendre leur fonction. Ensuite, on utilise les cartes comme ci-dessous.
Sur cette photo, on travaille le vocabulaire avec un jeune : « montre moi la calculatrice, où est l’agrafeuse, … »
Puis, on pourra travailler avec ces fiches :
Si ce type de vocabulaire vous intéresse, vous pourrez trouver d’autres articles sur le site en tapant un mot clef (comme dans l’article pour les collégiens)
Lexique jardinage :
Nouveau lexique, celui de l’univers du jardin. Il sera peut être utile aux jeunes dans les espaces verts 🙂
D’autres thèmes seront ajoutés en fonction des besoins des enfants que j’accompagne. Je les ajouterai ici 🙂
D’autres sont en préparation !
Egalement des outils de discrimination propre/sale.
A bientôt.
Souvent, on présente aux enfants des exercices où on doit répondre sous forme de codages : le lexidata, les logicos, mais pas seulement !
Le fait même de devoir entourer telle réponse et telle autre en couleurs différentes est un codage.
Que le « fond » de l’exercice soit de savoir si on entend telle ou telle consonne, ou que le mot contient telle lettre, ou encore discriminer visuellement telle ou telle forme … souvent, la réponse devra être donnée sous forme de réponse codée.
Or, cette tâche est déjà un exercice en soi. Donc il faut déjà s’assurer que l’enfant maîtrise le principe avant même de vouloir présenter un exercice via le codage.
Préparer un balayage visuel efficient
Afin de s’assurer que l’enfant ait une bonne stratégie par la suite, nous allons l’entrainer à bien suivre l’ordre de
Dans cette série d’exercices, il va s’agir de sélectionner un élément MAIS SURTOUT d’automatiser une bonne stratégie d’exploration.
Imprimez puis encerclez avec un feutre sur les pointillés pour donner la consigne à votre élève.
L’enfant s’entrainera à entourer mais ce n’est pas le but ici. Si l’enfant a des difficultés motrices, prenez des tampons ou d’autres éléments de sélection car l’objectif ici n’est pas la formation graphomotrice du cercle.
Il y a deux principales compétences travaillées :
— le balayage : Il va s’agir de s’assurer que l’apprenant adopte une bonne stratégie pour faire l’exercice : qu’il commence à regarder en haut à gauche et qu’il traite la ligne, puis qu’il aille au début de la seconde ligne, qu’il regarde bien tous les éléments de la ligne un par un et ainsi de suite jusqu’au dernier élément de la dernière ligne. On ne LAISSE PAS le jeune entourer n’importe comment aléatoirement (appelé « de proche en proche ») car c’est une stratégie qui ne fonctionne pas sur le long terme et qui engendrera des oublis quand la tâche sera plus complexe !! Cette série d’exercices cherche justement à automatiser le GDHB !!! (= gauche-droite-haut-bas !) Sur les 12 premières pages, il s’agit uniquement de s’entrainer à ce balayage !
– la discrimination :
A partir de la page 13, il va falloir faire la différence entre plusieurs (2 ou 3) éléments dont chacun aura son codage couleur. L’enfant devra inhiber son envie de tout entourer, il devra coder selon la couleur demandée dans la consigne et surtout, continuer à traiter les éléments GDHB et non aléatoirement !
Voici un exemple : de gauche à droite il entoure tous les « S ».
Coder en couleurs pour sélectionner
L’objectif ici n’est donc pas le fond, mais bien la forme. Par exemple, ci-dessous, on s’assure déjà que l’enfant sache discriminer visuellement le cahier, du stylo, des ciseaux (par le tri en trois tas par exemples).
Ensuite, on va lui demander de coder en couleurs.
Selon le niveau de graphisme de l’enfant, on peut lui demander de tamponner, de poser des plastiques de couleurs transparents ou encore, évidemment, d’entourer. Peu importe, l’exercice restera le même : respecter un code couleurs et l’attribuer à un item.
Voici un premier PDF qui permet d’initier l’enfant à ce codage ;
l’adulte choisira les couleurs de façon à limiter l’effet d’apprentissage (= que l’enfant se dise machinalement qu’il faut qu’il entoure en bleu le stylo chaque fois qu’il verra cette feuille, si on change de couleur, l’enfant sera obligé de regarder le « nouveau » codage)
Dans ce PDF, il y a peu d’éléments et ces derniers peuvent être nommés (cœur, crabe, cadeau) et donc être plus facilement retenus par l’enfant dans sa mémoire de travail :
Ci-dessous, on voit l’exercice qui sera réalisé avec un codage couleur de jetons transparents de bingo :
Et hop, on ramasse !
Dans le PDF ci-dessous, j’ai délibérément laissé vierges les consignes, comme ci-dessus.
Dans ce PDF, il n’y a que des dessins, toujours pas de textes.
Ci-dessous, un petit exemple avec des mots « papa » et « maman », très distants visuellement. Il n’y a que 4 pages car c’était plus pour exemple. Personnellement, je fais toujours des petits exercices simples comme ca avec le prénom des enfants et leurs noms de famille afin de les reconnaitre en global. (Les mots relatifs à l’identité sont d’ailleurs les seuls « intéressants » à reconnaitre en global, pour d’autres exos sur l’identité, c’est par là). PDF ici.
Suivre une consigne d’après un référentiel
Accessible aux non-lecteurs, voici un document avec un codage simple.
Je vous conseille de les imprimer en 2 voire 4 pages par feuille afin que l’enfant n’ait pas à colorier des zones trop importantes.
Décoder un code secret
Ce sont des activités qu’on trouve facilement dans les cahiers de vacances par exemple : il s’agit d’un alphabet que l’on doit décoder à l’aide d’un référentiel.
J’aimais bien ce genre de petits défis quand j’étais petite mais avec les enfants que j’accompagne, c’est souvent la cata! ils ne comprennent pas du tout le principe et souvent, les phrases voire les mots reconstitués ne leur évoquent rien.
Pour ce PDF, j’ai opté pour du très facile : on retrouve des lettres une par une, puis des petits mots simples.
— version bleue ici
ATTENTION : ceci n’est pas un exercice de graphisme !! Si votre enfant a automatisé les lettres, il peut écrire, sinon, il faudra utiliser des lettres tampons (comme dans cet cet article) de façon à ne pas introduire de tâches multiples non utiles! Ici, on veut que l’enfant se focalise sur le fait 1) de regarder l’icone, 2) d’aller rechercher cet icone dans le référentiel, 3) d’aller retrouver l’icone à décoder, 4) de l’écrire/le tamponner en dessous. Il y a donc déjà pas mal d’étapes, inutile de rajouter le graphisme.
Ci-dessous, un exemple d’un enfant qui utilise les tampons : j’ai coloré la légende en filigrane de facon à apporter une guidance sur les sens de « lecture » de haut en bas car ce n’était pas clair pour cet enfant.
Ci-dessous, un enfant pour qui écrire ne pose pas (enfin plus!) problème et à qui je fais lire ensuite le petit mot « secret » : le, ta, la … Il a beaucoup aimé.
Sur ce site, il y a beaucoup d’exercices avec ce système de réponse : j’aime assez car une fois maitrisé, cela permet d’interroger « simplement » sur des notions plus complexes et de faire faire des petits exos sur papier enchaînables facilement (voir l’article sur la Boîte à enchainements ici)
Pour continuer sur les codages (perso, j’aime beaucoup …) vous pouvez aller sur l’article des Logico, par ici. Il y a notamment des explications pour fabriquer une planche de codage avec une planche de bois et des jetons colorés!
Les dés sont souvent appréciés des enfants et il en existe tellement que quelque soit l’objectif, on trouve souvent une façon de l’exploiter de façon rigolote.
De plus, les dés sont quand même des produits bon marché et avec peu de matériel autour, on peut créer des jeux bien sympas.
Au début, je voulais ajouter un paragraphe dans mon article sur le lancé des dés (que vous pouvez lire ici) mais finalement, il existe tellement de petites activités sympas autour de ce gros dé que j’ai décidé d’en faire un article complet ! J’ajouterai au fur et à mesure des idées …
Dé 60 faces, image de chez Tout pour le Jeu
Vous trouverez une énorme collection de dés en tous genres chez Tout pour le Jeu (petite entreprise familiale bien sympa vers Pontarlier) notamment des dés avec 60 faces (ici) ou encore avec 100 faces (ici). Evidemment, il y a toute sorte de dés disponibles à partir de 3 faces, bien pratiques même pour les jeux « standards » quand un enfant ne peut dénombrer au-delà …
Voici quelques idées en vrac autour des dés
L’idée est de choisir un dé qui corresponde aux possibilités de l’enfant : sur les photos ci-après, en fonction des enfants, j’utilise des dés différents.
— tout simplement lancer le dé et lire l’écriture chiffrée à haute voix : on peut faire chacun son tour et cela permet de travailler même avec des petites quantités, avec des constellations ou des écritures chiffrées. La photo ci-dessous montre 2 dés avec des représentations différentes : on peut demander à l’enfant de lire le dé, de dire ou d’écrire le résultat en fonction de son niveau :
Ici, deux dés à trois faces : à gauche un dé en écriture chiffrée et à droite un avec des constellations.
— lire l’écriture chiffrée et la réécrire sur un document : (voir le PDF)
sur la photo ci-dessous, le dé a une écriture chiffrée, l’enfant pourra donc recopier scrupuleusement en écriture chiffrée ( = « copie » dans les opérants). En prenant un dé avec des constellations (par exemple un dé de 1 à 6) ce sera plus complexe pour l’enfant car la forme diffère entre deux points sur un dé qu’il pourra observer et l’écriture « 2 » qu’il devra produire. C’est donc plus difficile.
Ici, il s’agit d’un dé de 20 faces avec écriture chiffrée
— écrire en lettres le chiffre lu en écriture chiffrée sur le dé : avec ou sans référentiel (voir le PDF)
— tirer chacun son tour et faire une bataille en gagnant si on a le plus grand nombre.
On gagne des éléments (pingouins, marrons, jetons, connectors, …) et celui qui en obtient 10 a gagné!
— avec un tampon à bingo : rechercher sur la grille de 1 à 60 le nombre tiré et le tamponner. (voir le PDF)
En créant un autre dé à marquer avec une face Velléda (sur ce site à 50 cts!) ou éventuellement avec un dé sur lequel vous collerez des gommettes :
Pour travailler les dizaines et les unités :
— 3 faces avec « dizaines » et 3 faces avec « unités » à coupler avec un dé de 60 ou de 100 faces, comme ci-dessous
Avec le dé et 60 faces : on tombe sur « 56 » et « unité » donc on doit dire/écrire « 6 unités »
Avec le dé et 100 faces : on tombe sur « 93 » et « dizaines » donc on doit dire/écrire « 9 dizaines »
Pour travailler la représentation du nombre avec différents matériels :
Toujours le même principe de lancer un dé (Dé à 20 faces , ou 60 faces, ou 100 faces selon les enfants) et on doit coder la quantité en barrettes montessori, en boîtes picbilles, en ten-trays, ou en Lubienska :
Ici, on a « 73 » : on code en « barrettes Montessori » avec 7X10 et 1X3 perles.
Ici, on a « 13 » : on code en « ten trays » avec 1 plaque de dizaine et 3 unités vertes.
Ici, on a « 46 » : on code en « Picbilles » avec 4 boîtes orange et 6 unités (dont 5 cachées).
On peut également utiliser le dé pour former des sommes en euros, et s’habituer aux formats disponibles (il y a des pièces de 1€, de 2€ mais pas de pièce de 3€ !) .C’est beaucoup plus rigolo que de faire des exercices sur papier où il faut redessiner des pièces devant une somme écrite !
Ici, on a « 83 » : on code en Euros avec 3 billets et 2 pièces.
— décomposer une nombre : on tire le nombre 58 : on doit écrire 10 + 10 + 10 + 10 + 10 + 8
— le début de 60 avec un autre dé Velléda : on écrit 3 faces avec « AVANT » et 3 faces avec « APRES » et on lance : on doit dire à haute voix le plus rapidement possible le nombre d’avant où d’après. Par exemple pour 58 ; on doit dire « 57 » si on a tiré « avant ».
Ici, il faut vite dire (ou écrire) le nombre avant 20, donc « 19 »!
— idem avec un dé : +10 ou -10 ou -1 ou + 1 ou -20 ou + 20 et on doit donner le résultat à haute voix!
Dé avec un autre dedans !
un dé et un autre avec intérieur et extérieur et on doit attraper le plus rapidement
idem mais avec le petit et le grand
les additionner
les multiplier
trouver le plus grand nombre parmi les deux et si ils sont ex-aequo, attraper le plus vite possible le dé !
Dé à jouer triple avec 3 mini dés à l’intérieur :
simplement additionner les 3 petits dés rouges.
les trier du plus petit au plus grand (prévoir feuille pour écrire)
flexibilité mentale et inhibition : dire le plus petit et si deux sont ex-aequo, dire le plus grand!
Tous ces exemples vous donnent une liste non-exhaustive d’idées pour exploiter les dés à grands nombres. Notez surtout qu’il existe pléthore de dés : vous pourrez vous adapter à vos élèves !!
Les PDF de cet article sont tous regroupés dans ce PDF, vous imprimerez les pages que vous souhaitez.
Ici, j’ai plus traité les mathématiques mais vous pouvez travailler aussi du vocabulaire, du Français, de la conjugaison et bien d’autres choses !!
En fonction des enfants et des acquis qu’ils ont, il peut être intéressant d’aborder la notion de négation de différentes façons.
Afin de mettre le plus de chance de notre côté, j’aime bien essayer de multiples manières et dans cet article, je vais tenter de vous présenter des petits ateliers/ matériels pour y parvenir.
Depuis quelques années, l’expression : « le cerveau ne comprend pas la négation » est entendue partout. Celle-ci est notamment beaucoup utilisée en « pédagogie douce » pour dicter des conseils tels que « il ne faut pas dire à un enfant « ne cours pas » mais « marche » », « n’aie pas peur » mais « rassure-toi », etc.
Bien évidemment (et heureusement!) ce n’est pas vrai, le cerveau traite la négation et le langage permet de l’exprimer mais ce sont les images mentales qui ne peuvent être représentées en « anti-images ». Pour se représenter la négation nous sommes donc obligés de penser « la chose », puis de lui accoler une expression de la négation du type une croix, un astérisque, un « non », etc.
Le cerveau comprend la négation mais … cela lui demande un surcout cognitif, c’est moins « neuroergonomique ».
Pour les enfants avec difficulté de compréhension, il sera plus « facile » de s’affranchir de la négation dans les consignes que l’on veut claires, cependant, à un moment, il faudra que l’enfant parvienne à appréhender et à comprendre un énoncé, oral ou écrit, même exprimés sous une forme négative. Cela demande un certain niveau d’abstraction et il faudra comprendre non seulement le « non » dans le sens « non je ne veux pas » ( ex : « non biberon » = je ne veux pas de biberon » qui est rattaché à un mand ABLLSR F10) du « non » dans le sens non-existence de (ex : « non biberon » = ce n’est pas un biberon mais c’est un verre, rattaché à une dénomination ABLLSR G23).
D’un point de vue pratique, par exemple, quand on travaille le « est-ce que c’est X? » en montrant un objet, il faudra être vigilent quant à l’objet qu’on utilisera.
Par exemple, si on montre à l’enfant une tablette et qu’on lui demande : « est-ce que c’est + objet? » on a une forte probabilité que l’enfant nous réponde « oui » quelque soit l’objet verbalisé en fin de phrase. Et inversement, si on montre un crayon par exemple, et qu’on commence à verbaliser « est-ce que c’est + objet? » l’enfant va répondre non car il nous exprime « non je n’en veux pas de ton crayon ! »
Ca parait être une lapalissade mais en fait, dans la pratique j’ai souvent vu cet écueil dans l’enseignement du « oui, c’est + objet » ou « non, ce n’est pas + objet ».
C’est donc une notion très importante pour la compréhension orale et écrite mais néanmoins très complexe.
Dans cet article, il va s’agir de comprendre un état « objet » VS « non objet » et non de répondre « oui / non » quant à l’état d’un objet, comme c’est le cas dans cet article là.
J’espère que vous me suivez …. 🙂
La négation au sens de « X » et « non X », au sens de « X » versus « Y »
Déjà, comme toujours : du classement et du tri !!
Ci-dessous, on voit le classement de vert clair VS vert foncé ou encore le classement de 5 couleurs différentes, chacune bien séparée dans une case. Parfait, ca ne pose pas de problème !
Sur les photos ci-dessous, il s’agit de trier les « X » d’un coté et les « non X » de l’autre, (en l’occurrence « les bleus » d’un coté et les « non-bleus » de l’autre) cela signifie qu’il va falloir accepter de mettre des « non X » différents ensemble dans la même case !
Aïe …. pour la plupart des enfants avec autisme, c’est déjà un beau challenge : il va falloir travailler la tolérance pendant un moment avant qu’ils ne parviennent à accepter de mettre ensemble des différents.
Remarque : du bon usage de la croix d’exclusion
Parce qu’il est « impossible » de matérialiser « l’absence de », on utilise communément la croix rouge pour le signifier. C’est « le » symbole de la négation par excellence : il est très répandu et assez clair. Dans le matériel orthophonique, neuropsy ou scolaire, la négation est une croix rouge sur un objet … faute de mieux certainement ….
Cependant, il faut enseigner que « croix »= « absence » car cela ne va pas de soi …. la croix ne l’aidera pas à comprendre, comme on le pense souvent, dans la mesure où le symbole « croix » est à apprendre autant que le concept de négation ….
Du coup, dans mes activités, j’alterne entre une croix sans rien en dessous (sur la photo 1) et une croix sur l’objet (sur la photo 2) car je ne sais pas ce qui sera le plus clair pour l’enfant. Quand on a un picto « couleur bleu barrée », il y a quand-même la couleur bleue qui est très présente et qui peut induire en erreur. J’utilise aussi rapidement le « O » (zéro) car en fait, il est assez parlant quand même …. Si vous avez des références d’études, idées ou remarques, je prends !! 🙂
Ci-dessus, sur les photos, on voit du tri de couleur mais évidemment, on doit aussi le faire avec des « chiens » VS « non chien » (donc mettre des vaches avec des cochons, avec des poules, etc.) ou des « rayures » avec des « non rayures » et donc mettre des pois avec des carreaux avec des unis (le PDF ici peut être utilisé à cela) ou encore des catégories complètes, ce qui va être encore plus complexe « mettre des véhicules (donc des objets déjà différents entre eux) VS des non-véhicules (avec des parties du corps, des outils, des formes, des ustensiles de cuisine, etc. vous trouverez des lexiques disponibles ici)
ATTENTION DIGRESSION :
Je glisse ici que souvent, les sons sont travaillés de cette façon dès la maternelle : les « j’entends A » VS « j’entends pas A » !! Pour la plupart des enfants, c’est certainement accessible mais pour les enfants en difficulté, il s’agit de torture 😉 .
Déjà il faut que l’enfant puisse comprendre qu’on attend de la comparaison de son (il n’est pas habitué car c’est le commencement des sons), puis écouter sur demande (et non récupérer ce qu’on a passivement entendu), puis préserver en mémoire le son pour ensuite parvenir à le trier en » X » VS « non X », on comprend bien que les pauvres, nous risquons de les guider longtemps. Afin d’alléger un peu la charge cognitive, on peut déjà le faire trier en « j’entends A » VS « j’entends O », VS « j’entends U » ….
Une suite pourrait être :
Parmi une grande série du meme objet, montrer celui qui n’est pas X, c’est à dire, pas comme la majorité du reste. (voir article sur les intrus)
« Donne PAS pingouin »
« Donne PAS pingouin »
Ensuite parmi des séries dessinées :
« Montre PAS éléphant ».
Puis, des images dessinées toujours mais où la « norme » est moins représentée, il y a uniquement 2 choix….. donc c’est contrintuivement plus complexe !
La négation dans le sens « objet » versus « absence de l’objet »
Dans ce PDF : « Cartes de manipulation pour un/zéro/aucun/pas de », j’ai rédigé une page de petits conseils sur comment le mettre en place.
Il faudra au final que l’enfant connaisse l’intégralité de ces formes de négation : zéro, sans, aucun, pas de, ni ni … je conseille de les travailler un.
Par exemple : placez vos 3 cartes avions (dont la vierge, évidemment) ALEATOIREMENT et demandez à ce que l’enfant vous donne :
« pas d’avion »
« un avion »
« sans avion »
« deux avions »
« zéro avions », etc …
Même si on ne travaille pas la numération, j’ai mis « zéro fourchette », « une fourchette » mais aussi « deux fourchettes » et « trois fourchettes » de façon à ce que l’enfant ne sélectionne pas par l’exclusion. Du coup, les consignes sont plus variées : »donne 2 fourchettes », « donne 4 fourchettes », » donne zéro fourchette » (ça, c’est notre cible!!)
On verra que la verbalisation « pas de fourchette » risque de donner le comportement « donner 2 fourchettes » car on entend « de/deux » qui sont très proches phoniquement. Donc si c’est le cas on accentuera « PAS de fourchette » en insistant sur le « pas » et en prononçant tout bas « de ».
Ensuite, on pourra changer le vocabulaire de façon à faire comprendre que « zéro » c’est aussi « sans », « aucune » et « pas de … »
Soyez patient … et guider tout de suite quand vous êtes en phase d’apprentissage car c’est très compliqué et il ne faut pas que l’élève défile ses réponses.
Quand on parle, l’enfant entend « blablablabla fourchette blablabla » alors il va falloir lui faire comprendre qu’il faut se concentrer sur ces « fioritures » autour du mot car c’est là que se trouve l’indice. La difficulté est que lorsqu’on entend « zéro/ sans / aucune fourchette, on entend fourchette!! » or l’enfant va devoir l’inhiber pour que lorsqu’il entend « négation + item », il cherche un « non-item ».
Documents avec des propositions à cocher.
J’ai essayé de faire le plus simple possible : des dessins avec un vocabulaire très connu, une structure épurée et une réponse en cochant (pour limiter le coût de l’écrit). Sur le support plastifié, vous pourrez donc faire cocher les réponses avec un crayon gras lavable (type woody). Si l’élève est non lecteur-scripteur, ce n’est pas grave, vous pouvez lui lire les propositions. Le PDF est ici.
Remarques à propos de ce document :
Vous pouvez les imprimer et les plastifier SANS les découper au début. Cela sera peut-être plus facile pour l’enfant car je respecte une sorte de difficulté croissante. Ensuite, vous pourrez couper pour donner les bandes-cartes aléatoirement.
Ces bandes-cartes pourront plus tard être traitées dans les OCR (voir l’article consacré qui viendra d’ici peu) c’est-à-dire imprimées en étant pliées en deux avant d’être plastifiées de façon à être répondues de mémoire !! 😉
Les jouets-nounours (plus facile) :
Les véhicules (légèrement plus complexe) :
Niveau avec une croix bleue :le plus facile, on coche tout simplement ce qui est sur l’image.
Ces premiers exercices ont pour objectif de familiariser avec la consigne mais doivent être faciles, sinon inutile de continuer plus loin.
Niveau cartes sans croix ni éclair : on introduit l’absence de la chose.
J’ai pris le parti de commencer à représenter l’absence par « zéro » (au lieu de choisir « non », ou « pas de » ou « sans », ou « aucun », …) car souvent, les enfants que j’accompagne possèdent déjà un début de dénombrement.
L’idée-clef est que c’est le dénombrement 0, 1, ou 2 qui va aider l’enfant à comprendre l’absence grâce à « zéro ». Et ensuite, on lui fera comprendre « simplement » que aucun/sans/ni ni/non/… sont pareils que « zéro ».
Mais peut-être que ce zéro n’aidera pas l’enfant avec lequel vous travaillez. Auquel cas, vous pourrez tenter via « pas de … » qui est , je pense le mot de la négation le plus répandu pour un enfant.
Bref, on s’adapte ! 😉
Niveau cartes avec éclair : là, ça commence à se corser !
Ici, l’élève va rencontrer une dissonance cognitive. Jusqu’à présent, les mots écrits correspondaient aux images présentées mais là, dans les cartes avec des éclairs, ce n’est plus le cas.
Par exemple, ci-dessus on a l’image d’une voiture.
A la proposition « un bateau », pas de problème comme pour les cartes avec des étoiles, il sait que ce n’est pas un bateau et donc, il ne cochera pas la proposition « un bateau ». Mais il va être contraint à cocher « pas de bus » alors qu’il n’a pas vu de bus mais il n’y a pas « rien », il y a un bateau. C’est sur ce genre de « détails » que l’enfant risque de coincer …
Pensez à travailler ces « petits » mots outils souvent négligés : beaucoup VS peu, seul VS plusieurs, un VS tous, objet VS rien, … qui seront importants pour la compréhension orale et écrite.
Documents avec des formes à colorier
Toujours pour travailler les « pas », « X et Y », les ni ni etc. Voici un document-support d’enseignement.
Le PDF regroupe des cartes-consignes et des cartes-formes. Demandez à l’enfant de choisir une forme de son choix, par exemple, il choisit le cœur.
Ensuite, sélectionnez une carte-consigne facile (couleur unie par exemple), l’enfant doit alors colorier selon la consigne. Ensuite, introduisez des négations avec « pas » (les mieux comprises en général) et avec des plusieurs couleurs, puis avec des ni ni ni.
Ci-dessous, avec un enfant avec qui on a déjà souvent travaillé ce concept, donc, il est plutôt performant !
On continue avec les autres, il a plutôt bien compris sauf quelques guidances. Alors après, on les remet bien par paires pour vérifier :
Dans l’exemple ci-dessous, je lui fais deux propositions : il doit me donner le bon coloriage parmi les deux.
Pas facile car on voit les trois couleurs écrites (bleu, vert et rouge) mais la présence des ni ni ou et va faire toute la différence entre les deux choix.
On peut également le faire à l’oral et demander de donner le « ni vert, ni bleu » et l’enfant doit me donner le rouge malgré la tentation de me donner le « vert » ou le « bleu » qu’il entend « de ma bouche ».
Ce modeste PDF prépare le début des exercices du type « je lis je fais » que j’aime beaucoup.
Vous trouverez d’autres articles sur la négation en tapant « négation » dans le moteur de recherche du site, il y a par exemple un article « pas sans aucun ni ni » avec des cartes très simples à classer ici, et des jeux tels que Torteliki peuvent vous faire travailler la négation d’attributs (article ici) ainsi que tous les qui-est ce ou encore des jeux tels que tête de Pioche (article ici) ou Tricogito objets (ici) .
Vous trouverez également de nombreuses activités sur ces notions dans l’article sur le super matériel pédagogique : « un menu bien épicé » ici
A l’occasion, je ferai un article sur « Ni ni l’ourson » de chez Mot à mot dont j’avais adoré le titre (facile comme jeu de mot, mais trop mignon)
Ces notions sont souvent confondues par les enfants avec handicap. Ce vocabulaire fait pourtant partie de la vie quotidienne et est important à connaître car est utilisé fréquemment.
Le seul moyen de le travailler efficacement est de le travailler en milieu naturel, le travailler sur image de prime abord n’a aucun sens !!
Vous verrez en plus, les enfants adooooorent ! 🙂
Le matériel :
Il n’est pas compliqué :
— des bassines identiques
— des lingettes : il faut qu’elles soient toutes identiques (ou toutes différentes) afin que la vue n’aide pas, et il faut que leur aspect physique ne varie pas trop en étant mouillées. Vous pouvez utiliser une vieille serviette de toilette blanche (Emmaüs) que vous couperez en petits carrés identiques de 10X10cm par exemple. Il en faut au moins une quinzaine.
— de l’eau.
Le « mouillé » versus le « sec »
Les enfants confondent souvent mouillé/sec avec propre ou sale. Confusion peut-être due au fait que ce soit souvent travaillé ensemble dans les petits jeux de contraires du commerce.
Comme tout nouvel enseignement, on guide directement (vu que l’enfant ne sait pas inutile d’attendre)
En plus du matériel décrit ci-dessus, il vous faudra : — mouiller la moitié des lingettes, préparer 2 bassines avec une lingette mouillée et une sèche déjà dedans.
Je mets une lingette mouillée dans la main de l’enfant et lui fais bien saisir pour qu’il ressente (voir photo ci-dessous à gauche) et je dis « mouillé » et je lui fais mettre dans la bassine des « mouillées » avec une guidance physique puis en estompant. On traite tout le paquet comme ça. Sur la photo du centre, on voit que l’enfant parvient à trier dans guidance physique, on perçoit une légère différence de couleurs dans les lingettes car celles mouillées sont vraiment trempées! Sur la photo ci-dessous à droite, on voit le tri avec des différences moins marquées donc moins visibles à l’œil nu et dans un autre contenant.
On peut également mettre des bassines pleines de lingettes et demander à l’enfant « donne mouillé » / « donne sec ». On voit ci-dessous que les mouillées baignent dans l’eau 😉 au moins le retour sensoriel est là ! Puis, on estompe en mettant moins d’eau …
« Donne mouillé » –> l’élève me donne une lingette mouillée
Là c’est un jeune qui a voulu ajouter de l’eau sur ceux déjà mouillés … au moins il a bien associé l’idée !
Le « chaud » versus le « froid »
Souvent, c’est un concept qui est travaillé avec des images de glaces ou de soleil … donc faire un tri visuel d’un retour sensoriel extéroceptif ou tactile , d’un ressenti global…
Nous adultes, nous ne nous rendons pas compte que le fait d’associer une glace à quelque chose de froid demande un bon niveau d’abstraction et implique qu’on parvient à se représenter la glace et à en extraire une caractéristique physique non-visuelle : le froid.
Ici, j’ai néanmoins voulu adopter une représentation visuelle de ce concept : j’ai opté pour le thermomètre avec du bleu et avec du rouge.
Déjà, parce que le thermomètre renvoie à la température (bah oui …) et le codage de couleurs est celui utilisé sur les mitigeurs, pour les tuyaux, et la distribution d’eau en général. Ce repère peut être utile à connaître dans la vie lorsqu’un jeune veut se faire couler un bain, par exemple.
Il m’a donc semblé utile d’associer ce visuel rouge/bleu au retour sensoriel de la main chaud/froid.
Le matériel :
En plus du matériel décrit ci-dessus, il vous faudra : — de quoi chauffer et de quoi refroidir. ;-p
Ici, je mouille les lingettes et je les essore : je mets une moitié au congélateur et l’autre moitié dans le micro-ondes 30 secondes. Le matériel est prêt !
Comme pour mouillé/sec, on guide directement puisque l’enfant ne sait pas.
Comme ci-dessous, je propose les activités dans tous les sens :
L’enfant trie en chaud / froid des lingettes que je lui donne une par une :
Ici, je pose deux lingettes sur la table, une froide et une chaude. Je pose les mains de l’enfant sur ces lingettes et je demande à l’élève : « donne chaud » / « donne froid ». On peut faire faire cet exercice à l’enfant les yeux fermés également.
Ci-dessous, j’ai formé une bande de lingettes aléatoirement chaudes ou froides et j’ai demandé à l’enfant de mettre le bon pictogramme sur chaque lingette (cet enfant a adoré faire ca!)
Le « propre » versus le « sale »
En plus du matériel décrit ci-dessus, il vous faudra : — de quoi tâcher : (du maquillage, du feutre/crayon lavable genre woody !)
Idem que ci-dessus : en réceptif, en expressif, en matching, …
Je vous conseille de le faire avec de la vaisselle également car repérer le sale du propre dans ce domaine est particulièrement utile.
Précision : il s’agit d’une vraie assiette avec du « vrai » sale (j’ai gardé mon assiette et tasse de petit dej’ pour la séance avec cet enfant). C’est important d’avoir du matériel vraiment sale de façon naturelle afin que ce soit le plus fonctionnel possible par la suite !
Ensuite, afin de consolider cet enseignement, vous pourrez travailler sur images (PDF en fin d’article) :
Bon appétit ! 😉 (euhh … c’est pas chez moi, hein !)
Le « plein » versus le « vide »
Même chose que précédemment, on travaille sur du « vrai ».
On présente à l’enfant des items strictement identiques en dehors du fait d’être plein ou vide. Puis, on utilise des termes équivalents (vide, rempli, plein, pleine, rien)
Le « en pile/ plié » versus le « en tas »
C’est une compétence que je n’aurai pas pensé à travailler avant d’avoir des jeunes qui vieillissent. En fait, on s’aperçoit que lorsqu’on travaille le linge ou le rangement, il est important pour un enfant de comprendre et de savoir « mettre en pile ». Autant empiler des lego ou des boîtes de jeux peut être facile, autant empiler des t-shirts l’est moins !! Or toute la vie on utilise la compétence de transporter du linge d’un point A à un point B et de le poser délicatement à l’endroit voulu.
Après avoir demandé à l’enfant d’empiler des choses dures (légo, cubes en bois de mêmes tailles, boîtes de jeux de mêmes tailles, boîtes de jeux de tailles différentes, …) on peut commencer les choses plus souples telles que : des mouchoirs en papier, des lingettes, des dosettes souples de café, des chiffons microfibres, des serviettes de toilettes, des pantalons, des t-shirts, etc.
En tas versus en pile
Et voilà une chouette technique pour mettre des dosettes souples dans une boîte à dosettes : on empile, on enfile la boîte dedans, on retourne et on met le couvercle.
Ici, toujours avec nos lingettes, c’est pour moi le plus facile à empiler avant des choses vraiment souples !
Ensuite, on pourra également enseigner à l’enfant comment plier une feuille de papier, un sopalin, une lingette microfibre :
C’est un geste technique mais c’est une compétence utile.
On peut par exemple investir dans des vileda multiquattro (chez Action) : il s’agit de plaques de mousse fine pré-pliée, avec des plis TRES marqués, ce qui facilite le pliage du débutant. Je les trouve pratique pour enseigner en chainage arrière :
Elles sont vendues pliées en 4. On dispose à gauche des lingettes ouvertes en deux de manière à ce que l’apprenant n’ait plus que le dernier pli pour obtenir un carré. Puis, il le pose sur le précédent (sur la photo, sur le rose), puis il continue pour plier les 4 couleurs.
Les subtilités pour aller plus loin :
Pensez à utiliser les qualificatifs au masculin ET au féminin. L’enfant doit s’habituer au fait , que « chaude = chaud » et « froide = froid » et surtout que « sec » = « sèche » (il sont très différents à l’oreille).
Notez également que ces exercices sont faits ici en traitant les deux extrêmes mais il peut être intéressant également de placer ces notions sur un continuum avec le vocabulaire associé : brûlant / chaud / froid / glacé.
Il faudra évidemment travailler ces mêmes notions sur d’autres supports : de la vaisselle propre ou sale, mouillée ou sèche, de vrais vêtements, et tous les types de surface afin de bien ancrer ces notions et que cela puisse devenir fonctionnel pour l’enfant.
Outils papiers :
Voici le PDF avec « sale/propre » et « plié/en tas » (mouillé/sec/chaud/froid » étant non visuels, ils n’y figurent pas) :
Souvent, les parents et pros cherchent des idées et des supports pédagogiques pour enseigner à leurs jeunes des compétences qui pourront leur servir plus tard…. le plus tard arrive vite !
Il n’y a qu’à voir le succès de tous les produits type Montessori, qui souvent prônent l’entrainement à des tâches de la vie réelle, qui fleurissent sur toutes les plateformes de ventes.
Cependant, le plus économique, le plus écologique (au sens de l’environnement naturel de l’enfant) ainsi que la meilleure façon de s’entrainer pour le « après » est de travailler dès à présent sur de VRAIS objets, de VRAIS lieux et de VRAIES compétences.
Petit exemple tout bête : pourquoi acheter de fausses chaussures en bois pour s’entraîner à lacer les chaussures alors que nous avons tous des chaussures en format « réel » chez nous pour pouvoir nous entraîner !
Quel que soit le niveau de l’enfant dont vous vous occupez, il y aura toujours des petites tâches qui peuvent lui être enseignées. Lorsque je parle avec les parents, je dis souvent que dans une journée, la plupart du temps, nous faisons des gestes assez faciles qui ne demandent pas des compétences motrices ou cognitives énormes. Les petits ou les jeunes avec un handicap important sont donc en capacité de les réaliser, encore faut-il leur donner l’opportunité de le faire.
Dans cet article, vous trouverez :
– des idées de protocoles d’évaluation des compétences pour la vie autonome plus tard
– des idées de cibles que l’on peut trouver dans le quotidien
– du lexique développé pour jeunes adultes, notamment susceptibles d’apparaitre en atelier autour de la cuisine, de la menuiserie, du linge, …
A noter qu’il existe une version pour les plus âgés, les explications et la suite se trouvent ici !
Des protocoles d’Evaluation : quelles compétences ? quand? où et pourquoi ? Comment s’organiser?
Souvent, lorsque je parle avec des intervenants en structures, je me rends compte que les pros ont peu de grilles et matériel de cotation pour travailler les compétences chez l’enfant « grandissant ».
En effet, on trouve beaucoup de supports d’évaluations ou de guides d’enseignement pour les enfants en âges scolaires cycle 1 ou 2 mais ils deviennent plus rares au fur et à mesure qu’on avance en âge.
Devant cette lacune, chaque pro se débrouille pour rédiger comme il peut ses petits objectifs, avec plus ou moins de formation et plus ou moins d’adhésion de ses propres collègues.
Il existe pourtant quelques évaluations mais qui sont peu connues (voire inconnues de la plupart des IME, autour de moi en tous cas) et souvent en anglais.
En voici 3 que je connais en Français, mais si vous connaissez d’autres outils, n’hésitez pas à me le faire savoir !
Il existe également le TTAP : anciennement appelé l’AAPEP, il est la continuité de PEP3 et évalue des compétences « supérieures » à celles dans l’EFI-ré qui lui serait pour les jeunes plus en difficulté. Je ne peux néanmoins me prononcer davantage car je n’ai pas le TTAP. Je ne manquerais pas de vous faire un retour précis si je le croise bientôt 🙂
—- EFI-ré – Evaluation des compétences Fonctionnelles pour l’Intervention – Willaye, Deprez & Co
En 2020, a été développé l’EFI-ré, la révision et la complétion du EFI qui datait de 2005. L’EFI-Ré est l’Évaluation des compétences Fonctionnelles pour l’Intervention –Version Révisée et Évolutive) et est réservé aux adultes avec des déficiences sévères. J’aime particulièrement cette particularité « évolutive » car les auteurs soulignent l’importance de pouvoir et devoir s’approprier cet outil d’évaluation au point de proposer de développer soi-même des items pour les personnes accueillies en fonction de leur environnement social ou géographique. Cela souligne à quel point il est essentiel de se questionner sur la pertinence d’une cible pour UN individu donné.
Il s’agit d’un outil simple, qui est plus destiné à l’intervention éducative qu’à une évaluation psychométrique en tant que telle. Il se côte comme le PEP ou le TTAP c’est-à-dire en « réussite-émergence-échec ».
Un peu comme le PEP3, il nécessite du matériel pour la passation mais il est encore plus facile à trouver car il s’agit de matériel très « quotidien »: les bacs, des bouteilles vides, de la vaisselle, des feuilles blanches, des torchons, du produit ménager, …
Il évalue 5 domaines : la communication compréhension, la communication expression, le travail de bureau, le travail ménager et les activités de loisir. La passation dure environ 1h30 à 2h00.
Les auteurs précisent que cette évaluation doit être complétée par d’autres comme la Vineland (pour les comportements adaptatifs), le ComVor, et aussi par des échelles de comportements problèmes, d’évaluation des renforçateurs, etc,…
Ce test est extrêmement rapide à faire passer et dégage peu de cibles (selon moi). Il est pratique pour dégrossir des axes et je trouve le manuel facile à comprendre, accessible aux parents novices : il est intéressant et mérite d’être lu.
—- AFLS- Assessment of Functional Living Skills – Evaluation des Compétences de Vie Fonctionnelles – James W. PARTINGTON et Michael M. MUELLER
Il s’agit d’un lot de 6 livrets pour « l’Evaluation de Compétences Fonctionnelles pour Vivre » : chaque livret traite d’un domaine particulier :
• Compétences de Base
• Compétences à Domicile
• Compétences de Participation à la Communauté
• Compétences Scolaires
• Compétences Professionnelles
• Compétences de Vie Indépendante
Ces protocoles, récemment traduits (il me semble vers mars 2023, merci Angélique Bruet) sont extrêmement complets. Ils représentent néanmoins un investissement important (décembre 2023 : environ 50€ le livret et 300€ pour la collection complète) mais permettent de dégager des cibles utiles, de bien décrire les objectifs et de côter les résultats !
Dans chaque livret, c’est le même principe que pour l’ABLLSR : il y a des items comme ci-dessous avec le code, le score à côter, la description de la tâche, son objectif, le jalon sous forme de question, un exemple et les critères de cotation précis. Le score est ensuite reporté dans une grande grille récapitulative où figurent tous les jalons : cela permet d’avoir une vision globale et de dégager des objectifs clairs pour les mettre en enseignement.
Exemple lavage de dents (AFLS) : la compétence s’étend de G3 à G12 car décompose la tâche en nombreuses unités telles que : tolérer qu’on lui lave les dents, ouvre / ferme le tube de dentifrice, met du dentifrice, se brosse les dents, rince sa bouche, range les éléments, rince son lavabo, utilise du bain de bouche, du fil dentaire, et fait cela au moins 2 fois par jour.
Clairement, l’achat de cet outil d’évaluation représente une somme non négligeable pour un parent, cependant, tous les IME devraient l’avoir dans leur bibliothèque pour la construction de leur projets individuels car il serait rapidement rentabilisé au regard du nombre d’enfant à évaluer chaque année.
Cela permettrait de ne pas avoir à réinventer la roue et garder ce temps précieux pour travailler ces cibles auprès des élèves.
—- EPO de formavision – Evaluation pour la Programmation d’Objectifs.
Formavision édite des recueils depuis quelques années intitulés « Evaluation pour la Programmation d’Objectifs », il en existe 3 :
– E.P.O adultes
– E.P.O enfants et adolescents
– E.P.O polyhandicap.
J’ai eu l’occasion de croiser « E.P.O enfants et ado » que je trouve vraiment intéressant. Je ne peux malheureusement pas vous parler des deux autres, adultes et polyhandicap, car je ne les ai pas.
Cet E.P.O enfants et adolescents est évidement moins précis (voir l’exemple ci-dessous du lavage de dents) que les 6 livrets de l’AFLS décrits ci-dessus et il est également moins complet (recouvre moins de domaines que l’AFLS).
Exemple lavage de dents (EPO enfants et ado) : avec 2 situations : tolère versus fait la compétence.
Cependant, je trouve que pour des familles, cet EPO permet de dégager des cibles intéressantes et de ne pas oublier de domaines. Ce recueil d’une soixantaine de pages permet de bien dégrossir les compétences « pour la vie future » et est nettement plus abordable (décembre 2023 : 65€)
En résumé à propos des ouvrages d’évaluation :
Je pense qu’il est essentiel pour les professionnels d’acquérir ce genre d’outils afin de ne pas réinventer la roue et de gagner du temps auprès des élèves plutôt que d’en perdre en réunionite aiguë d’objectifs.
J’ai moi-même rédigé pendant bien 3 ans un recueil « compétences pré-autonomiques et préprofessionnelles » avec tout ce qui me semble utile pour « plus tard » pour les enfants que j’accompagne et particulièrement pour mes deux jeunes qui sont devenus adolescents (bah oui, … en 10 ans…) et j’y ai passé clairement des nuits et des week-end entiers : avoir ces bases évaluatives avant m’aurait permis d’économiser pas mal de temps …
La rédaction de mon recueil m’a permis quand-même de prendre conscience de certaines choses, à ma connaissance non décrites dans les autres ouvrages, notamment:
l’importance de la précision de la description de la tâche, hé oui, encore et encore : « ouvrir un contenant » sera une compétence complètement différentes en fonction de si il s’agit : d’un bocal de cornichons (qu’il faudra éventuellement renverser et taper pour laisser échapper l’air), d’un sachet de dosettes de café (qu’on va couper ou arracher puis jeter), d’un sachet de gruyère (qu’on va couper méticuleusement pour ne pas détruire la glissière de fermeture car on garde le sachet tant qu’il y a du gruyère), d’un bac plastique operculé, d’une boîte de conserve, … On voit ici l’étendue de la variabilité des gestes et des techniques d’ouverture et l’importance de travailler sur des produits différents pour repérer ce qu’il faut travailler avec le jeune.
Et cela va se retrouver dans le fait de mettre la table par exemple, ainsi que dans énormément de domaines …
l’importance des inter tâches et inférences cachées : qui va rejoindre la notion de chainages et des types de guidances à apporter. Souvent les compétences sont complexes dans le fait qu’elles soient composer de sous-tâches plus ou moins nécessaires pour la réussite de l’activité finale et ces sous-taches seront parfois à varier en fonction du contexte. Par exemple, il sera important lorsqu’on va en courses de fermer la porte derrière soi si et seulement si on est le dernier à sortir. Lorsqu’on enseigne cette compétence, il faut donc penser à sortir en premier ou encore à se rejoindre dehors afin de voir si le jeune maitrise ce « petit bout de chaine ». Autre exemple : à la piscine, si le jeune pense à reprendre ses affaires en quittant son vestiaire, … et ce sans guidance verbale, évidement.
l’importance du Stimulus Discriminatif !!! alors ça, c’est mon cheval de bataille ;-), pour qu’un jeune soit autonome, il faut que les intervenants AIENT CONSCIENCE du SD de la tâche demandée.
Pour parler simplement, il va s’agir de bien réfléchir à ce qui déclenche le comportement donné de votre jeune car si on veut qu’il soit autonome, c’est que l’on veut que le jeune enchaine SEUL les taches.
Exemples concrets ; votre élève sait changer une poubelle?, débarrasser un lave-vaisselle?, sait aller au toilettes? ou encore il sait enlever son manteau? oui? vous êtes sûr?
Savoir enlever son manteau, c’est faire le geste de l’ôter et l’accrocher, oui mais également, c’est savoir quand l’enlever … seul …. c’est à dire, lorsque le jeune vient de dehors, ce doit être le fait de rentrer dans une pièce plus chaude et non le fait que quelqu’un lui dise « enlève ton manteau » ou encore, ce qui revient au même « t’as rien oublié là?! ».
Certaines tâches peuvent avoir des SD « externalisés naturels » et non-tributaire d’accompagnants, par exemple sortir le linge du sèche-linge lorsque la sonnerie retentie. Mais d’autres tâches n’auront pas cette guidance sonore « intrinsèquement ». Il faudra alors les créer. Il faut néanmoins toujours se rappeler qu’il vaut mieux que ce soit le jeune qui percute ce qu’il a à faire en regardant l’environnement, quitte à mettre en place une guidance environnementale dans un premier temps (perso je n’aime pas trop …), plutôt que ce soit quelqu’un qui lui dise ce qu’il a à faire.
Donc, à retenir, quand on met en place un enseignement d’autonomie, on pense à ce que ferait une personne « sans handicap » et on réfléchit à un SD possible qui sera le plus autogéré par la suite (en fonction de la personne, bien sur) donc on il faut bannir au maximum le verbal. Il faut y penser des le plus jeune âge de l’enfant, d’une manière générale, il faut SE TAIRE au risque d’avoir un jeune qui attendra systématiquement qu’on lui donne un ordre pour tout ce qu’il aura à faire dans sa vie.
Par exemple :
qu’est-ce qui déclenche le comportement de vider le lave-vaisselle? –> le fait qu’il bipe (SD « facile ») ou encore le fait qu’on puisse voir que la vaisselle est propre dedans (SD plus complexe).
qu’est-ce qui déclenche le comportement de changer le rouleau de papier toilette? –> le fait que le rouleau soit vide ! bon, souvent, ce qui déclenche le changement c’est que le prochain utilisateur hurle « hééééééé y’a plus de papiiiiiiiiieeerrrrr » 😉
qu’est ce qui déclenche le comportement de sortir la poubelle? –> dans l’idéal d’une belle autonomie, ce serait le fait qu’elle soit pleine et non le fait qu’on dise : »vide la poubelle, elle est pleine ». Mais là, la difficulté est de jauger quand est-ce que la poubelle est vraiment vraiment pleine.
qu’est-ce qui déclenche le comportement de se laver les mains après les toilettes ? –> le fait même d’être allé aux toilettes ET NON le fait qu’un accompagnant dise : « allez lave-toi les mains maintenant ».
Bon, vous aurez compris, il est essentiel de SE TAIRE dans l’enseignement de ces compétences d’autonomie. Le SD est tellement important pour ces compétences que perso, dans mon livret « compétences pré-autonomiques et pré-professionnelles », pour chaque item, j’ai précisé le SD idéal ou le SD souhaité, lorsque le « idéal » semble compliqué à la date donnée.
Si vous vous intéressez aux évaluations et curriculum autour de l’autisme, il existe sur ce site d’autres articles sur le sujet, notamment : ABLLSr et VBmapp ou encore un article sur le PEP3.
A noter également, l’existence de l’EFL : Essential For Living, dont j’explique le fonctionnement ici et qui est une perle !!
Des opportunités quotidiennes d’activités dans la maison
Dans la vie de tous les jours, en famille ou en institution, si on fait un peu attention il y a finalement beaucoup d’opportunités de petites taches simples qui se présentent. Il est important de les repérer pour donner à l’enfant l’opportunité de participer, de regarder autour de lui et d’être attentif aux personnes autour.
A ce sujet, je vous conseille la Formation de Caroline Peters sur le RDI (cliquez ici) je crois que maintenant elle est indissociable de ABAplay mais c’est intéressant aussi)
Dans cette formation, elle montre plein de situations concrètes où on peut percevoir l’importance des guidances à donner en fonction de ce que l’on observe de l’enfant. L’importance d’aider l’enfant à se poser des questions sur une situation précise afin qu’il puisse trouver une réponse adaptée, plutôt que de lui donner directement la réponse à produire par une injonction verbale du type » fais ça ».
Cette formation permet de prendre conscience de l’importance d’attendre afin que l’enfant puisse prendre des indices dans son environnement, de pouvoir l’aider à traiter ces indices plutôt que de lui donner une réponse toute faite qu’il exécutera en bon soldat.
Voici une petite liste d’activités simples de la maison, qui demandent peu d’acquis et qui sont peu risquées (pour le matériel et pour l’élève) :
— ranger les dosettes de café dans le tube à dosettes ou la boite cylindrique réservée à cet effet.
— arracher le plastique d’emballage autour d’un pack de lait ou de bouteilles et ranger les bouteilles dans le placard.
— empiler les rouleaux de papier toilette sur une étagère pour les stocker. (spéciale dédicace à Caroline Peters dans une vidéo sur le RDI ! 😉 )
— mettre un lot de couverts sales (sans les couteaux si vous voulez) dans la partie panier du lave-vaisselle
— trier les couverts propres pour mettre dans chaque espace du trieur
— mettre un tas de linge dans un sac
— ouvrir les filets de légumes pour les mettre dans le bas du réfrigérateur
— mettre le tas de linge sale dans le tambour du lave-linge, …
D’autres tâches un peu plus complexes mais qui sont souvent faisables moyennant un léger enseignement :
— détendre du linge sec pour le placer dans une panière à linge
— mettre des habits sur un cintre (on étale les vêtements à plat sur une table pour faciliter la procédure et l’enfant glisse dans le col le cintre, puis soulève pour le mettre sur une barre)
— couper les têtes de rosiers fanées avec un sécateur
— couper grossièrement des légumes qui iront dans une soupe (donc pas d’exigence de coupe)
— plier des lingettes microfibres carrées : au début vous les présentez à l’enfant avec un quadrillage pré plié (vous aurez marqué les plis au fer préalablement ou cousu une croix qui servira de guide), …
Ainsi que des activités plus « cognitives » qui demandent quelques compétences académiques :
— faire un inventaire
— écrire/suivre une liste de mots (pour des achats ou pour le contenu d’une valise) pour en faire quelque chose ;-p
Je publierai dans ce chapitre des exemples de programmes d’enseignement de vie quotidienne, par exemple, « ramasser des miettes sur un plan de travail ou une table », « laver une surface plane à l’éponge », …
Pour avoir connaissance de ces rajouts dans les publications quand elles paraissent, je vous conseille de vous abonner à la page Facebook autismenjeux.
Au delà des opportunités que l’on offre, il va falloir bien observer l’élève et ajuster au mieux les guidances. Pour ces compétences « hors table », je vous conseille (comme mentionné plus haut) une formation sur le RDI (un article traite de ce sujet sur mon site ici) ET de recourir à une personne formée qui pourra vous guider précisément dans les cibles, les SD et les procédures à utiliser d’une manière générale, etc.
Les inventaires : organiser un dénombrement
Avec le conditionnement, c’est une activité « classique » en IMpro et pratique d’une manière générale à acquérir pour faire le point sur ce qu’on a à la maison ou ce qu’on devra racheter par exemple. Vous trouverez un article sur les inventaires, ici.
L’imitation est au cœur de l’apprentissage : un enfant typique imite très rapidement les personnes dans son environnement. Cependant, les enfants avec handicap ont besoin la plupart du temps d’acquérir cette compétence qui n’est pas dans leur répertoire à la base.
Il y a différents types d’imitations et celles-ci devront être combinées et modulées. Quandfaut-il les enseigner ? Les imitations sont à commencer très tôt même si cet enseignement peut être un peu ingrat au démarrage et sembler impossible (c’est long et parfois on se dit que l’enfant ne comprendra jamais ce qu’on attend de lui tellement il ne réagit pas …).
Certaines imitations sont plus complexes que d’autres, voici quelques explications.
Imiter en même temps ou en différé
Commentenseigner cela ? en guidance physique totale !
Selon moi, l’enseignement de cette compétence doit être faite à deux personnes (la maman ou un autre intervenant voire même un frère ou une sœur qui passe!) sauf si vraiment, on n’a pas le choix malheureusement.
Normalement, « imiter » dans les programmes des enfants c’est « en différé » : l’enfant doit regarder ce que l’intervenant fait, l’intervenant arrête et dit « fais comme moi » (ou équivalent) et l’enfant doit ensuite reproduire à l’identique ce qu’il a vu.
Cependant, au début de l’enseignement, je fais souvent en boucle mon modèle jusqu’à ce que l’enfant reproduise le même mouvement de sorte que nous soyons tous les deux en même position lorsqu’il se met à m’imiter. Cela permet à l’enfant de constater que nous sommes bien tous les deux sur le même geste. Cependant petit à petit, il va falloir différer : vous faites le modèle, vous arrêtez et l’enfant doit reproduire le mouvement.
Il est parfois nécessaire de lui maintenir les mains pour ne pas qu’il reproduise en même temps que vous (là encore c’est plus facile à deux, mais pas impossible non plus à faire seul).
Néanmoins, j’aime aussi faire avec l’enfant des mouvements très lents et continue et l’enfant doit se réguler sur mes gestes : il doit regarder et faire en même temps mes gestes, un peu à la manière d’une séance collective de yoga : tout le monde en même temps! Cela n’est pas de l’imitation à proprement parlé mais ca consiste quand même à observer et reproduire en même temps un mouvement moteur.
Quels gestes imiter? Ci-après, vous retrouverez les 3 grandes catégories d’imitations. Cependant, pour avoir concrètement des exemples, je vous propose ce PDF avec des idées d’imitations à faire faire.
Ces étiquettes vont vous permettre de vous organiser :
vous pouvez trier celles accessibles à votre élève ou non,
une fois cette sélection opérée, vous pouvez faire 2 tas : les imitations que votre élève est parvenu à faire et celles qui ont demandé une guidance : cela permettra de valider un certain nombre d’imitations si vous êtes en phase d’évaluation par exemple (VBmapp ou autre)
enfin, ces étiquettes peuvent vous servir pour composer des séquences de plusieurs imitations sur apprentissage, puis des séquences non apprises (dans ce dernier cas, vous les piocherez au hasard).
Imitations globales
On différencie deux types d’imitations globales :
les imitations globales statiques : où on ne bouge pas, par exemple poser ses mains à plat sur la table, ou mettre ses deux mains jointes (genre prière) ou faire un petit chapeau sur la tête (deux mains qui font comme un triangle sur la tête) ou croiser les bras sur son torse, …
les imitations globales cinétiques : où on bouge : applaudir, sauter, …
Vous vous en doutez, les deux sont à travailler. 🙂
Au tout début, on conseille souvent de commencer les imitations avec des objets, on dispose deux objets strictement identiques sur la table et l’enfant doit reproduire après nous ce qu’on vient de faire, par exemple :
— deux cuillères et on dit « fais comme moi » et on met la cuillère à la bouche pour faire semblant de manger et ensuite l’enfant doit faire la même chose avec l’autre cuillère.
— deux chevaux playmobils et on le prend pour le faire sauter et l’enfant doit faire le même avec son cheval.
Cependant, j’ai déjà connu quelques enfants pour qui il était plus facile d’imiter sans objet qu’avec objet … allez savoir pourquoi …. du coup, comme bien souvent, il convient d’individualiser chaque enseignement selon l’enfant.
Au début, vous pouvez essayer de remarquer des mouvements que l’enfant fait spontanément avec ses bras ou ses jambes ou avec des objets. Ces mouvements connus de l’enfant pourront servir à démarrer le programme d’imitation avec des gestes qui lui sont plus familiers.
ATTENTION : quelques règles pour l’imitation !
si possible faites imiter des gestes fonctionnels : ne pas faire imiter une serviette sur la tête mais plutôt le mouvement de s’essayer la bouche, essayer de prendre des jouets et faire des choses attendues avec : par exemple, faire bercer la poupée, lui faire un bisous sur le front, lui faire remuer les bras, la faire sauter, la faire marcher, …
ne PAS dire ce que l’on fait : par exemple si on lève les bras, on ne dit PAS « lève les bras » on dit « fais ca! ». Pourquoi? parce que si on dit ce qu’il faut faire cela devient une consigne (réponse de l’auditeur) et non une imitation !
faire faire au moins deux mouvements différents avec le même objet : si un objet est associé à un geste, l’enfant n’aura plus besoin de regarder et automatiser « quand on me donne la voiture je la fais rouler » et ne vous regarder plus. Pour éviter cela, par exemple avec l’objet voiture, faites faire rouler la voiture mais aussi faites-la « sauter » (genre décoller un peu du sol comme si elle allait très vite) ou faites la cogner dans un obstacle (genre accident) afin que l’enfant continue à avoir un intérêt à vous regarder et qu’il fasse bien le mouvement en imitation et non parce qu’il connait par cœur ce qu’il a à faire.
idem avec les cinétiques et statiques : quand vous faites faire la consigne de taper dans les mains, faites en parallèle celle de laisser les mains jointes. Cela obligera l’enfant à bien regarder et se concentrer sur ses mouvements pour inhiber le fait de taper !
Ci-dessous, voici une vidéo avec un enfant qui a appris le tour de rôle et qui imite bien mes actions afin de reproduire la même chose que moi :
Imitations fines
C’est en général les mouvements moteurs des mains : poignets, doigts, etc, … et les mouvements plus subtiles. Ces imitations sont également importantes à acquérir pour pouvoir imiter des gestes plus complexes.
Ces compétences d’imitation vont permettre également de travailler la bonne différentiation des doigts, si importante par la suite pour les gestes d’écriture !
On aura par exemple :
fermer le poing
bouger les doigts
Imitations tête et visage
Elles sont importantes pour le social mais aussi pour le développement du langage. Il va s’agir par exemple de reproduire des mouvements de tête ou des mimiques de visages, qu’on appelle les praxies :
faire oui (c’est un geste souvent très très compliqué à faire pour les enfants, j’ignore pourquoi ….)
faire non
faire des cercles avec la tête
montrer ses dents
tirer la langue
mettre la langue en haut, en bas , à droite
faire un bisou
gonfler les joues, …
Remarque : vous pouvez également faire des sons en accompagnant ces gestes. Par expérience, on remarque clairement que pour les enfants sans verbal, les gestes aident à « tirer du son ». Par exemple on peut demande rà l’enfant d’imiter le fait de maintenir grand la bouche ouverte (compétence utile pour le dentiste) et faire en même temps « AAaaaahhh » pour que l’enfant imite aussi le son (on appelle imitation verbale/échoïque).
Imitations en intensité et vitesse et les séquences d’imitations :
En allant plus loin dans les imitations motrices, fines ou visage, nous allons pouvoir exiger plus. L’enfant devra imiter un rythme, une intensité ou une vitesse.
Par exemple :
taper fort sur la table VS taper doucement
taper 2 coups rapides et 2 coups lents
« marcher avec ses doigts index-majeur » rapidement puis plus lentement
appuyer doucement son doigt sur une pâte à modeler VS enfoncer profond son doigt dedans, …
Mais aussi, une suite que j’aime beaucoup car elle va permettre d’aider à développer plein d’apprentissages après : imiter des séquences.
Il va s’agir pour l’enfant de reproduire plusieurs gestes à la suite. Ces petites séquences seront de 2 gestes consécutifs, puis 3 gestes consécutifs, etc, …
Cette compétence n’est vraiment pas évidente car en plus d’imiter, l’enfant devra se souvenir des gestes. Il aura tendance comme dans les autres restitutions qui demandent de la mémoire à avoir un effet de récence ou de primauté : l’enfant oubliera les gestes du mileu ou encore ne refera que le dernier. Au début, on va enseigner à l’enfant des suites apprises et fixes, comme des petites chorégraphies de danse.
Ce n’est qu’après que l’on pourra lui demander des séquences sans apprentissage préalable : il saura se concentrer, se remémorer et reproduire vos gestes dans l’ordre émis!
Pour plus d’informations et des contenus plus réguliers, n’oubliez pas de vous abonner à la page facebook d’autismenjeux. 🙂
Voici un nouvel article sur les playmobils !
Le précédent qui se trouve ici, était axé sur les objets Playmobil et abordait les RAFCC (caractéristiques /catégories / fonctions des objets).
Ici, il va s’agir d’apprendre à discriminer et/ou décrire tous ces petits personnages.
Tous les supports sont sur le même PDF : selon vos besoins et le niveau de l’enfant, vous pourrez imprimer uniquement les pages qui vous paraissent nécessaires. Grâce à ce PDF vous allez pouvoir utiliser VOS propres playmobils !
Vous trouverez dans ce PDF :
Des fiches pour Boîte à Compter (Nathan): pour les enfants qui ont l’habitude de trier en 1 pour 1, ils comprendront facilement ce que l’on attend d’eux.
On peut ensuite les faire verbaliser à chaque fois qu’ils posent « oui, cheveux blonds, oui, cheveux noirs, … ») ou pas.
Pictos séparés pour tris dans des grosses boîtes : vous pouvez découper les pictos un par un pour les désolidariser les uns des autres et ne travailler que certaines oppositions.
Pour complexifier beaucoup, vous pouvez aussi travailler sur des concepts tels que : « les cheveux gris » et à côté « les cheveux non gris » (donc où on mettra les blonds, les bruns, etc), mais attention, c’est beaucoup plus complexe que du simple tri avec des classes « pures ».
Pictos laissés assemblés : comme ils se présentent là, ils peuvent servir de supports de discussion pour des élèves verbaux mais qui ont besoin de s’organiser dans leurs discours pour décrire. Dans ce cas, vous ne découpez que les traits en pointillés. Vous pourrez utiliser un Velléda pour entourer ou exclure ou bien des sélecteurs tels que décrits ici.
J’ai essayé de dessiner tous les possibles avec les nombreux playmobils que j’ai mais s’il manque des critères à ajouter, je peux les ajouter !
Voici des exemples de mises en situation
En général, je commence avec le tri des bébés versus les adultes, puis, les bébés versus les enfants et enfin, je demande à l’enfant de trier les bébés /les enfants/les adultes
La différence est importante entre la taille des bébés et la taille des adultes. En général, c’est facile.
La différence est plus minime.
Tris des bébés, enfants, adultes.
Ensuite, je fais du tri de couleurs de cheveux : c’est assez facile car il existe 5 couleurs relativement bien définies (dans le monde des playmobils, les nanas ne se font pas faire de mèches …) : ci dessous, on voit un tri avec uniquement 2 couleurs de cheveux (mais j’ai mis des enfants et des adultes, donc, c’est plus complexe que de ne prendre que des playmos du même âge). Puis, on voit dans la photo de droite le tri des couleurs de cheveux dans une Boîte à compter, donc, avec 5 possibilités de couleur.
Puis, les enfants peuvent trier le type de vêtement du bas : il en existe d’autres mais globalement ils sont soit en short, soit en pantalon, soit en jupe (j’ai exclu les robes, trop complexes à discriminer chez Playmobil où il y a une pliure centrale qui forme comme une ceinture).
Trier, tous âges confondus, les personnages en short de ceux en pantalon et de ceux en jupe.
Ici, tri entre les pantalons et les shorts pour un enfant qui peinait à faire la différence. Il n’y a pas de boîte car je voulais qu’il puisse bien voir la longueur du vêtement.
Puis, on peut trier par genre. Attention, c’est extrêmement stéréotypé chez les playmo : cette distinction homme/femme est complexe pour les enfants que j’accompagne.
Souvent, je passe par le tri « c’est une maman/papa » et après je glisse vers « femme/homme » et « dame/monsieur ». Je n’aime pas trop passer par « maman/papa » mais souvent, les enfants connaissent ce vocabulaire là.
Ensuite, on peut faire trier les types de vêtement, ou les couleurs des vêtements : exemple ci-dessous avec un enfant qui a voulu tous me les asseoir !! 😉
Puis, du tri avec « tous les playmobils avec [telle caractéristique] »
Ici, mon jeune devait me donner « toutes les femmes avec un chignon » –> on travaille « chignon / cheveux lâchés/ queue de cheval / natte » pour préparer la description d’images.
Associer un critère puis deux critères, version non-lecteurs ou version lecteurs ! [Edit 25/08/25]
Parmi un lot défini de Playmobils, retrouver un personnage avec le critère écrit.
Parmi un lot défini de Playmobils, retrouver les 5 personnages avec UN CRITERE, version écrite
Parmi un lot défini de Playmobils, retrouver les 5 personnages avec DEUX CRITERES, version dessins
Passer à la discussion : le réceptif et l’expressif
Une fois que les tris paraissent faciles pour votre élève, qu’il a donc bien discriminé les différentes caractéristiques possibles d’un Playmobil et SURTOUT qu’il soit capable de jongler d’une caractéristique à l’autre (trier par taille, puis par cheveux, puis par type de bas, etc, ..) vous allez pouvoir travailler en réceptif (donne-moi) et en expressif (dis-moi).
Exemples ci-dessous :
Là, je demande à l’enfant de me montrer le monsieur (=papa = homme) parmi une femme et un homme. Oui, réponse correcte !
Dans l’exemple ci-dessous, l’enfant doit me dire de quelle couleur sont les chaussures de chaque personnage. Il verbalise donc : « chaussures rouges, chaussures noires, … »
Même principe ci-dessous : l’enfant doit me décrire les couleurs des habits. Je laisse encore la guidance avec le picto « tel vêtement » + « telle couleur ».
Il y a une erreur dans les illu mais j’ai corrigé dans le PDF entretemps!
Description globale de personnages avec toutes les caractéristiques :
Exercice fait avec mon petit fana de playmobils ! 😉 il en choisit un dans la caisse de playmo et on tente de parler de ce bonhomme grâce aux guides visuels : il entoure avec les pastilles de sélection (voir cet article où j’explique comment faire).
On peut évidemment travailler aussi avec des exclusions : dans cet exemple, je demandais à l’enfant « est-ce que ton playmobil est adulte? » « non » et je barrais adulte. « Et est-ce que c’est un bébé? » « non » alors je barrais bébé et donc, c’est un enfant. Ceci permet de travailler le fait de répondre à des questions simples mais aussi de commencer à préparer le « qui est-ce? » où il pourra lui-même poser des questions pour deviner un personnage précis (je prends en photo un seul playmobil avec mon téléphone et l’enfant doit deviner lequel j’ai photographié!).
Les inventaires : 11 pages pour répertorier les personnages
Une fois que l’enfant sait bien trier selon toutes les caractéristiques comme on l’a fait plus haut. Voici une suite possible : faire des inventaires.
Cette compétence est importante car elle permet de s’organiser y compris sans langage (donc très arrangeant pour les enfants en difficulté que nous avons).
Cette activités est particulièrement adaptées pour les jeunes avec handicap qui participeront à des ateliers de conditionnement par exemple. Cependant, ces tâches permettent également à tous d’organiser des données en tableau et de savoir les exploiter pour tirer une information nécessaire.
L’idée ici est de prendre une poignée de personnages Playmobils : au début que vous trierez afin qu’ils répondent aux critères attendus, puis, sans trier et là, le jeune devra s’arranger avec les quantités « zéro » ou bien les caractéristiques qui n’apparaissent pas dans le tableau.
Les pages d’inventaire sont de plus en plus complexes avec de plus en plus d’entrée.
Conseils et remarques :
— Adapter les quantités de playmos au niveau de l’enfant.
— Pas besoin de beaucoup de playmobils car l’objectif n’est pas le dénombrement mais l’organisation dans ledit dénombrement.
Ces documents permettront de :
Favoriser la flexibilité car il faudra parfois regarder la couleur des cheveux, parfois la couleur des chaussures, etc.
S’organiser méthodiquement pour effectuer une tâche : l’enfant devra être aidé au début pour organiser son tri de façon à ne compter qu’une fois chaque personnage mais à les compter tous
Comprendre que « zéro » est l’absence de quelque chose
Entraîner la planification dans des tâches multiples
Pouvoir ajouter un critère qui n’est pas stipulé -> gérer un problème inattendu. Par exemple, « autre couleur » où il faudra ajouter « violet » car il n’apparait pas dans la liste initiale.
Croiser des données et répondre à des questions avec plusieurs critères, …
Je continuerai certainement ces exercices avec des totaux afin de pouvoir poser des questions du type : « combien d’enfants en tout ? » et « combien d’enfants ont des bottes ? » 😉
Exemples pratiques :
Ci-dessous, le jeune avait laissé les personnages en tas et il dénombrait sans exclure ceux déjà dénombrés, résultat : pas trop d’erreurs lorsqu’on était dans des petits tableaux mais complètement perdu lorsqu’il a du remplir des tableaux avec plus de critères ou plus de personnages!
J’ai donc guidé pour qu’il fasse des petits tas (comme ci-dessus mais cette fois, il doit s’organiser sans désignation des tas!!)
et il a vite compris et a continué à faire des petits tas pour les autres critères. A voir si il va adopter cette stratégie là lors de nos futurs inventaires dans les semaines à venir.
Ci-dessous, il doit trier les « Bruns » des « pas bruns » et là, encore une fois, c’est difficile dans la catégorie « non bruns » de mettre plusieurs couleurs de cheveux … mais il a réussi ! 😉
Ici, c’était le même jour, il a voulu s’organiser tout seul et il a fait un mix de nos deux stratégies : il a cherché à s’organiser mais en les plaçant dans les cases du tableaux, donc pas tres pratique et rapidement brouillon ! C’était certainement plus économique mentalement que de « réinventer des tas un peu plus loin mais on tient de bon bout! Je l’ai juste aidé à séparer un peu plus les deux tas … mais pas mal ! C’est marrant de pouvoir voir comment l’enfant s’organise grâce aux manipulations qu’il fait avec les playmos, on voit les stratégies et les changements de réflexion en fonction de comment il manipule les critères.
Voilà, cet article est rédigé un peu différemment des autres mais j’ai mis plein d’exemples de mises en situation en séance afin de donner des idées d’exploitation du PDF. N’hésitez pas à me soumettre vos idées et remarques pour que je puisse les ajouter !